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Du
tourisme en Irlande du Nord ? Les médias grand-public nous ont
habitués à associer le nom de cette nation constitutive du Royaume-Uni
aux images d'un conflit
qui a pourtant pris fin en 1998 avec le fameux accord
du Vendredi Saint entre unionistes (ou loyalistes, tenants
du maintien dans le Royaume-Uni) et républicains (partisans du
rattachement à la République d'Irlande), ouvrant la voie à une
résolution pacifique. Et même si quelques incidents éclatent sporadiquement,
notamment à l'occasion des marches orangistes célébrant la victoire,
en 1690, du roi protestant Guillaume
III d'Orange sur le catholique Jacques
II Stuart, la situation globale est bien moins tendue que
dans certaines de nos banlieues... Nos voisins européens l'ont
bien compris, attirés à juste titre par les multiples attraits
touristiques de l'Irlande du Nord, un accueil chaleureux et un
coût de la vie comparable à celui du reste du continent, mais
les clichés ont la vie dure en France : il faut leur tordre le
cou !
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Premier cliché : pluvieuse, l'Irlande
? Autant que la Bretagne, répondront les habitués : en une même
journée, grâce à la proximité de la mer, on peut y expérimenter
une large palette météorologique allant du crachin le plus collant
au beau grand soleil ! Inconvénient : il ne faut jamais se départir
de son imper. Avantage : la lumière, polarisée par les nuages,
est d'une qualité exceptionnelle qui fait le régal des photographes.
En ce qui concerne l'accessibilité, de gros efforts ont été accomplis
ces dernières années et s'il reste quelques failles, notamment
du côté de la voirie, la plupart des sites touristiques et établissements
recevant du public se sont mis en conformité avec les normes,
du moins en ce qui concerne le handicap moteur, les handicaps
sensoriels étant encore assez peu pris en compte, particulièrement
en matière de médiation culturelle. Hôtels, restaurants et pubs
sont globalement faciles d'accès, avec un éventail de prix assez
large pour contenter tout le monde. Quant à l'accueil, il est
à la hauteur de la réputation de l'île : excellent. Il suffit
que vous connaissiez quelques mots d'anglais, on fera tout pour
vous satisfaire, parfois même en français ! La carte européenne
de stationnement est valable sur les emplacements réservés mais
il vous faudra commander une clé spéciale (Radar : vendue en
ligne avec un guide ad hoc) pour accéder à certaines
toilettes publiques adaptées. Enfin, ne pas oublier que l'on paye
ici en livres sterling et que les unités de mesure sont anglo-saxonnes...
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Découvrir Belfast.
Avec son débouché sur la mer, la "capitale" de d'Irlande du Nord,
dominée par les gigantesques portiques de levage "Samson et Goliath"
d'Harland
& Wolff, a longtemps été l'un des plus grands ports de l'île,
et ses chantiers navals parmi les plus importants d'Europe. Les
Troubles
(c'est leur nom officiel) qui s'y sont déroulés durant la seconde
moitié du XXe siècle ont largement occulté aux yeux du monde cet
aspect économique de l'histoire locale, qui continue pourtant
d'imprégner l'architecture de la ville et nourrir la fierté de
ses habitants.
L'exemple le plus médiatique a été la récente inauguration, à
l'emplacement de sa construction, de l'espace muséographique consacré
au légendaire paquebot Titanic
: un bâtiment futuriste dont l'étrave rappelle celle du célèbre
navire, et où l'accessibilité a été pensée dès la conception.
L'évocation du contexte économique et social de ce chantier hors-normes
d'il y a tout juste cent ans est particulièrement réussie et l'émotion
est au rendez-vous, des premières ébauches au désastre final (très
dignement abordé) et à la redécouverte dans les profondeurs de
l'Atlantique nord.
La reconstitution des cabines ou la promenade virtuelle dans ce
géant des mers rendent la découverte ludique, y compris pour les
enfants, mais le must demeure l'embarquement en nacelle
(dont une accessible sans quitter son fauteuil roulant) au coeur
même du chantier naval, parmi les ouvriers, dans le tumulte des
tôles assemblées : inoubliable ! Audioguide descriptif disponible
pour les visiteurs déficients visuels, mais en anglais seulement.
Repas possible sur place.
N'oubliez pas, devant le musée, de parcourir les anciennes formes
du Titanic et de l'Olympic
(son "sister-ship"), dont les contours sont figurés sur le sol.
Non loin de là, le Nomadic,
copie réduite du Titanic qui servait au transfert de passagers,
en cours de restauration, sera quant à lui ouvert au public en
2013 et mis en accessibilité, unique survivant d'une époque révolue.
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Autre époque révolue (on veut le croire), celle
qui a vu s'affronter "catholiques" et "protestants" : peu perceptible
en centre-ville, il faut gagner la périphérie pour s'en faire
une idée. Si les armes se sont tues, si les murs de séparation
ont pour la plupart disparu (mais il en subsiste), les murals,
souvent commémoratifs, continuent à exprimer haut et fort les
opinions des deux partis sur le pignon de certains immeubles.
Leur puissance évocatrice en font une attraction touristique très
prisée, au point que des tours dédiés sont organisés. L'un d'entre
eux utilise un taxi londonien (black
cab) accessible en fauteuil roulant moyennant une rampe
amovible un peu pentue. Anglais obligatoire mais chauffeur haut
en couleurs, accent local compris, et visite réellement personnalisée
: une manière originale de découvrir la ville et son histoire
récente, en toute sécurité et sans se fatiguer.
Et pour toucher du doigt la réalité d'une guerre civile qui ne
dit pas son nom, rendez-vous au cimetière catholique de Milltown,
à l'ouest de Belfast, où sont enterrées de nombreuses personnalités
républicaines, dont le célèbre Bobby
Sands, mort en prison avec une dizaine d'autres membres de
l'IRA
ou de l'INLA,
à la suite d'une grève de la faim qui n'émut guère Margaret Thatcher,
Premier ministre de l'époque, mais frappa les esprits bien au-delà
de l'Irlande. Des victimes innocentes des attentats, en revanche,
il n'est guère question ici... Accès possible en voiture, stationnement
réservé.
Le reste de la ville, notamment le centre, offre de plaisantes
déambulations, que ce soit en bord de Lagan, le fleuve qui traverse
Belfast, dont les quais ont été aménagés de manière à ne présenter
aucun souci de circulation pédestre (et en fauteuil roulant),
soit dans les rues animées où alternent boutiques, restaurants
et pubs. Animation garantie en soirée, surtout dans le quartier
piétonnier. S'il vous reste un peu de temps, faites un crochet
par le Victoria square,
vaste centre commercial ultramoderne dont l'atrium domine la cité
sur presque 360° : tout Belfast s'offre à vos yeux... et c'est
gratuit !
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À l'est de Belfast, la péninsule des Ards s'enroule
autour du lough (loch) de Strangford
: un paysage où pâtures et bocages disputent leur territoire à
la mer. On peut en découvrir un superbe panorama, qui s'étend
jusqu'à Belfast, depuis le site de la tour Scrabo,
mémorial dédié à un général allié de Wellington durant les guerres
napoléoniennes. La tour est inaccessible aux personnes à mobilité
réduite mais on peut, sur demande préalable, accéder en voiture
jusqu'au sommet du piton rocheux sur lequel elle se dresse. Toilettes
adaptées (clé Radar)
sur le parking en contrebas.
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Bien cachée derrière ses hauts murs, la splendide
demeure noble de Mount
Stewart attend quant à elle ses visiteurs le long du lough
depuis le XVIIIe siècle. Désormais propriété du National
Trust (équivalent britannique de nos Monuments Historiques),
ses bâtiments et ses extraordinaires jardins sont ouverts à tous
et globalement accessibles en fauteuil roulant, exception faite
de l'étage de la demeure et de certaines allées du parc. Un scooter
électrique à quatre roues est mis à la disposition des visiteurs
fatigables ou à mobilité réduite (transfert nécessaire), ainsi
qu'un plan de visite ad hoc. Les aveugles ne sont pas en
reste, à qui sont proposés un livret braille (en anglais) et un
sentier de découverte axé sur le toucher et l'odorat. Rien, en
revanche, en direction des personnes déficientes auditives. Visite
guidée uniquement pour la maison, support de visite disponible
en français, parking réservé, toilettes adaptées et possibilité
de déjeuner sur place : entre l'exploration de la demeure, richement
meublée, sur laquelle veillent encore les mânes des anciens propriétaires,
et celle des jardins d'une extraordinaire diversité (art du jardinier
et micro-climat aidant), on peut en effet passer une journée entière
à jouir des lieux. Ne manquez surtout pas les parterres qui s'étendent
devant la maison : avec leurs bosquets, leurs étranges sculptures
et leurs plantes rares, ils sont un véritable enchantement !
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Un bac (avec réduction pour les véhicules transportant
une personne handicapée) permet de traverser le bras de mer qui
ouvre un petit détroit à l'extrémité sud de la péninsule des Ards.
La route, ponctuée de panneaux à mitre et crosse, rappelle que
Saint
Patrick, évangélisateur de l'île dont la mémoire est encore
très prégnante, a passé ici les dernières années de sa vie, vers
le milieu du Ve siècle. Ce Saint
Patrick's Trail permet d'effectuer une sorte de pèlerinage
dans les lieux où il a exercé son sacerdoce.
Ainsi en va-t-il de Downpatrick,
l'une des plus anciennes villes d'Irlande, qui abrite son tombeau
(supposé) et où un espace
muséographique consacré à sa vie a été récemment ouvert en
contrebas de la colline sur laquelle se dresse la cathédrale.
Parfaitement accessible, avec audioguide en français, cette présentation
plutôt poétique, qui se conclut par la projection d'un film grand
format assez spectaculaire, permet de se faire une bonne idée
du contexte dans lequel Patrick a vécu, et comment est née sa
vocation, mais sans prosélytisme. Excellent accueil, toilettes
adaptées, et vaste bureau d'informations touristiques attenant
: pratique !
La cathédrale est accessible de plain-pied mais la pierre tombale
de Patrick, dans le cimetière mitoyen, ne se découvre hélas qu'au
prix d'une volée de marches.
À une vingtaine de kilomètres de là, dominée par la silhouette
érodée des montagnes de Mourne,
la petite station balnéaire de Newcastle
constitue une étape charmante sur la route côtière, avec sa longue
promenade parfaitement accessible agrémentée d'oeuvres d'art contemporain,
ses architectures typiques et son ambiance familiale. Curiosité
locale : la piscine d'eau de mer chauffée propose un tarif...
"jour de pluie" !
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Changement de décor à Armagh
(on prononce Armâ), à l'intérieur des terres. La ville
possède deux cathédrales, l'une protestante l'autre catholique,
consacrées à Saint Patrick, toutes deux siège d'un archidiocèse.
Leur architecture ne présente rien de vraiment remarquable mais
on peut les visiter en dehors des offices : parking possible au
plus près. Il ne reste pas grand chose de l'époque médiévale de
la cité mais celle-ci a conservé de beaux édifices de style classique
et une vie urbaine assez intense, grâce notamment aux nombreux
élèves qui y étudient. Situé juste en face de l'élégant mall,
le musée local, accessible
par rampe et ascenseur (stationnement réservé à proximité) retrace
l'histoire de la cité dans une atmosphère qui frise bon l'ancien
temps... L'incontournable local, c'est Fort
Navan, à la sortie de la ville, site préhistorique mais surtout
lieu mythique pour les Irlandais, qui y voient la résidence des
premiers rois d'Ulster, offerte par la déesse Macha.
Le tumulus n'est guère accessible pour les visiteurs à mobilité
réduite mais tel n'est pas le cas du passionnant musée, qui dispose
en outre d'audioguide en français. Toilettes adaptées, parking
réservé.
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En remontant vers le nord, la ville d'Omagh
(prononcez Omâ) n'a pas oublié le terrible attentat à la
voiture piégée perpétré en 1998 par un groupe dissident de l'IRA
opposé à l'accord du Vendredi Saint, et qui coûta la vie à près
de trente personnes, faisant plus de 200 blessés. Un mémorial
au design très pur a été inauguré, dix ans après, sur les lieux-mêmes
de ce crime qui a soulevé l'indignation internationale.
La vie, depuis, a repris son cours sur Market Street, et c'est
heureux, de même qu'il est heureux que la plupart des visiteurs
se rendant à Omagh le fassent pour l'Ulster American Folk
Park, dont la réputation s'étend bien au-delà des frontières.
C'est un musée en plein air rassemblant, autour du cottage du
milliardaire Thomas Mellon (avant qu'il n'émigre en Amérique au
début du XIXe siècle) une quarantaine de maisons, certaines très
anciennes, remontées sur place.
Toutes témoignent de la dureté de la vie ici, surtout durant la
grande
famine (1845-50), et des rêves attachés au voyage sans retour
vers le Nouveau-Monde. Les Nord-américains en quête de racines
irlandaises s'y pressent par groupes entiers et c'est d'autant
plus émouvant que l'endroit est animé par des bénévoles passionnés
en costumes d'époque, qui narrent l'histoire des lieux et de leurs
occupants.
La maquette grandeur nature d'un tronçon de navire à voile du
XIXe siècle sert de passage à la partie du musée consacrée aux
premiers colons d'Amérique : frisson garanti, même en fauteuil
roulant ! À l'exception d'une seule maison, l'ensemble du site
est en effet accessible aux personnes à mobilité réduite. Un musée
thématique consacré à l'histoire de l'émigration complète utilement
la visite. Guide braille (anglais) disponible à l'accueil. Repas
possible sur place, toilettes adaptées et parking réservé non
loin de l'entrée.
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Derry-Londonderry.
À une cinquantaine de kilomètres au nord d'Omagh, nichée au creux
du lough Foyle, près de la frontière avec le Donegal (République
d'Irlande) la seconde cité d'Irlande du Nord se défait lentement
de l'image conflictuelle qu'elle a donnée au monde durant de nombreuses
années et qui a connu son apogée lors du tristement célèbre bloody
Sunday, quand des soldats britanniques, en 1972, ont tiré
dans la foule, faisant 14 morts parmi des manifestants non armés.
À l'instar d'Omagh, un mémorial a été élevé sur les lieux du massacre,
dans le quartier du Bogside, complété par plusieurs murals
commémoratifs. Un émouvant musée
a également été ouvert non loin de là, qui retrace cette période
sanglante. Accès de plain-pied, parking aisé à proximité.
Mais cette nécessaire déambulation à la rencontre d'un passé encore
vif dans les mémoires ne se conçoit pas sans une découverte plus
large de cette cité pluriséculaire qui a vu s'affronter "colons"
anglais et "indigènes" irlandais dès le XVIe siècle. Une visite
approfondie du Tower
Museum, dans la ville haute, s'impose donc : parfaitement
accessible, l'endroit fait, pour ainsi dire, le tour de la question
depuis le second millénaire avant notre ère. Indispensable pour
percevoir la réalité du conflit dans toute sa complexité. Mais
l'Histoire au sens plus large est également abordée, avec une
partie inattendue (du moins pour nous Français) concernant l'Invincible
Armada, dont certains vaisseaux ont fini leur course dans
les eaux froides d'Irlande, pour le plus grand bonheur des archéologues
qui présentent ici le résultat de leurs fouilles. Ne quittez pas
la tour sans grimper à son sommet (ascenseur) depuis lequel on
découvre un joli panorama sur la ville.
La cité haute n'est pas des plus faciles à pratiquer en fauteuil
roulant mais il est possible de s'y rendre en voiture. Outre la
déambulation dans les vieilles rues, la promenade sur les remparts
vaut le détour (accès à l'angle de Magazine Street) pour le coup
d'oeil qu'elle offre, de même que la visite de l'impressionnante
cathédrale anglicane Saint
Colomb's, construite en style néo-gothique au XVIIe siècle
(mais l'intérieur est fin XIXe); son petit musée est accessible
par rampe, et évoque notamment un épisode marquant du siège
de Derry (1689), fondateur de l'histoire politique, non seulement
en Irlande du Nord mais dans le Royaume-Uni tout entier. On mesure
mieux, ensuite, les progrès accomplis... et ceux restant à faire.
Un "pont
de la Paix" a d'ailleurs été inauguré en 2011 pour franchir
le fleuve Foyle, symbole de réconciliation au design futuriste
auquel chacun veut croire, d'autant que la ville sera cité
britannique de la culture en 2013,
occasion d'un nouveau rendez-vous avec le monde...
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La route
côtière qui s'étire une cinquantaine de kilomètres à l'est
de Derry-Londonderry, au débouché du lough Foyle, compte parmi
les plus spectaculaires du continent européen : falaises en à-pic
sur les flots, immenses étendues vertes parsemées de moutons,
rares constructions humaines isolées dans cette nature romantique
en toutes saisons... La proximité des deux plus grandes agglomérations
de la région (Belfast est à moins de 100 km au sud) en font évidemment
une destination très prisée, particulièrement le week-end.
La beauté des paysages constitue à soi-seule une raison de visite
mais on peut faire halte au Downhill
Demesne, "folie" d'un ecclésiastique épicurien du XVIIIe siècle
dont subsistent de spectaculaires ruines (accès possible en voiture
sur demande) et/ou au Dunluce
castle, vertigineux château fort accroché à son rocher, dont
les hauts pans de murs dominent la mer. L'accès en fauteuil roulant
est très partiel (forte pente puis seuils rédhibitoires) mais
le site vaut amplement le détour. Le petit musée aménagé à l'entrée
du site dispose en outre de toilettes adaptées.
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Mais le moteur touristique de la région, et l'un
des principaux du Royaume-Uni, c'est bien évidemment la Chaussée
des Géants, époustouflante formation volcanique dont les images
et la réputation ont depuis longtemps fait le tour du monde.
Classé par l'Unesco en 1986, l'endroit a récemment été l'objet
d'aménagements visant à rationaliser (et aussi rentabiliser) l'afflux
touristique, et ce en toute accessibilité. Un visitor
center a ainsi été inauguré en 2012, où une présentation
didactique permet de comprendre la genèse de ce miracle de la
nature, mais aussi emprunter un bus accessible déposant ses passagers
au bout de la longue pente qui mène au site. Lequel dépasse tous
les qualificatifs, surtout par gros temps ! Le chemin caillouteux
qui longe les orgues basaltiques n'est pas des plus commodes en
fauteuil roulant mais il demeure praticable avec aide. Aucune
possibilité, en revanche, d'approcher ces formations au plus près,
à l'inverse des touristes valides... Vaste parking réservé (payant)
sur le côté du Visitor Center, toilettes adaptées et sentier accessible
(mais pas vraiment gratifiant) pour les plus pressés, le long
de la falaise. Restauration possible sur place mais, hélas, aucune
accessibilité à l'hôtel attenant, qui ne dépend pas du National
Trust.
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Pour se remettre de ses émotions, rien de tel
qu'une halte au village de Bushmills, tout proche, que l'on peut
rejoindre grâce à l'un de ces trains miniatures
dont les anglo-saxons ont le secret (accessible de plain-pied
mais transfert nécessaire) et qui longe la falaise depuis la Chaussée
des Géants.
Bushmills est au moins aussi célèbre que sa voisine basaltique,
mais pour une autre raison : on y élabore le plus vieux whisky
"officiel" du monde, 1608 très exactement. La vieille distillerie
se visite mais seule la partie dégustation et boutique est accessible
en fauteuil roulant, occasion d'apprendre qu'il ne faut jamais
"tuer" ce nectar avec des glaçons mais que l'on peut y verser
quelques gouttes d'eau à température ambiante, pour mieux en apprécier
la saveur : toute l'Irlande du Nord dans un verre !
Jacques Vernes,
septembre 2012.
Sur le web, en anglais seulement, le site officiel Discover
Northern Ireland, mine d'informations et de suggestions, permet
de préparer un séjour en toute quiétude. L'accessibilité n'est pas
oubliée mais elle ne fait pas pour autant l'objet d'une rubrique
spécifique. Autre piste, Go
To Belfast est un véritable portail mis à jour en temps réel
et permettant de planifier séjour et activités sur place. Les mentions
d'accessibilité figurent dans les fiches descriptives (utilisez
le moteur de recherche sur le terme "disabled"). |
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Pour des informations plus spécifiques, consultez
cette
page chez DisabledGo. Par ailleurs, l'association ADAPT propose
une base de données
présentant l'accessibilité de plusieurs centaines de sites touristiques.
Enfin, en français, Irlande
Tourisme vous informe sur toute l'île (et donc l'Irlande du
Nord), mais sans rubrique "handicap" spécifique,
bien que les mentions d'accessibilité figurent sur les
fiches.
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Quelques adresses accessibles.
À Belfast : l'hôtel Hilton
est très bien situé, dans un quartier ultramoderne en bordure
de centre-ville, qu'il domine du haut de sa tour. Grande chambre
adaptée avec vue sur le fleuve et les portiques de l'ancien chantier
naval. Restauration créative possible sur place. Parking (payant)
à proximité.
Autre restauration créative, toujours à Belfast, au Nick's
warehouse, situé au coeur du centre ancien et accessible de
plain-pied. Accueil attentionné et prix raisonnables. L'adresse
est très prisée des locaux : pensez à réserver.
À Newcastle, le Slieve
Donard est un établissement cossu dont la plupart des chambres
donnent sur la mer... sauf celle qui est adaptée aux clients handicapés
moteurs : dommage, car le reste des prestations est à la hauteur
de la réputation du lieu, y compris le pianiste au dîner !
Près d'Armagh, Dundrum
house est une maison d'hôtes à la ferme. Le confort est assez
basique (sauf dans la très belle salle à manger commune) mais
l'accessibilité est excellente et, surtout, l'accueil réellement
sympathique : une occasion unique de partager un peu de la vie
des gens de la campagne.
Non loin d'Enniskillen, sur le lough Erne, Belle-Isle
est un très vaste domaine hors du commun comprenant, posés en
bord de lac, un château du XVIIe siècle, des communs et des cottages,
tous disponibles à la location. Les prix sont étonnamment raisonnables
et l'accessibilité d'autant mieux prise en compte que l'endroit
est une destination de pêche très appréciée. Une barque adaptée
est d'ailleurs mise à la disposition des clients à mobilité réduite.
Cerise sur le gâteau, même les cours de cuisine dispensés sur
place ont été rendus accessibles. Plus qu'une étape, une destination
de vacances à soi seul.
Dans la proximité de Derry-Londonderry, le Beech
Hill est un hôtel "historique" au luxe discret, niché au coeur
d'un grand parc. De grands noms ont fait escale ici : on comprend
pourquoi. Excellentes prestations, accueil et accessibilité mais
chambre adaptée avec vue sur un talus, et mystérieuse veilleuse
verte impossible à éteindre... Rien à redire, en revanche, côté
restaurant, dont la carte est particulièrement inventive.
Enfin, à Bushmills, le Bushmills
Inn est une véritable institution locale, vieille de plusieurs
siècles mais au confort bien d'aujourd'hui. La chambre adaptée
avec vue sur jardin est particulièrement agréable et bien équipée.
Excellent accueil et table généreuse mettant en valeur les spécialités
locales. Tarifs en rapport avec la réputation (méritée) de l'endroit.
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