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En
juin 2004, un grave accident de la circulation mettait en cause
un cyclomoteur transportant (étonnamment) deux passagers qui,
sans raison apparente, avait percuté un arbre. Il semblait,
à la lecture du procès-verbal de police, que le cyclomoteur
n'était pas assuré. L'un des passagers, âgé de 19 ans, a été
victime d'un traumatisme crânien grave. Son représentant légal
confia à un avocat spécialisé la défense des intérêts du jeune
homme en réparation du dommage corporel.
Dans un premier temps, l'avocat saisissait le Président du Tribunal
de Grande Instance de Melun, à l'effet d'obtenir la désignation
d'un expert judiciaire et une provision. Le Fonds de Garantie
intervint à l'instance. Par ordonnance de mars 2005, le Président
fit droit aux demandes de la victime et désigna un expert judiciaire
neurologue aux fins de permettre une meilleure évaluation du
dommage corporel de la victime atteinte d'un traumatisme crânien.
Cette décision fut frappée d'appel par le propriétaire du cyclomoteur,
qui mettait en avant la réalité d'une contestation sérieuse
quant à la propriété de l'engin et prétendait que le litige
relevait du Tribunal et non du Juge des référés. Par arrêt de
mai 2006, la 14e Chambre de la Cour d'Appel de Paris déboutait
l'appelant et confirmait l'ordonnance attaquée en allouant à
la victime et à ses parents une provision complémentaire.
Il convient de préciser que le Fonds de Garantie, conformément
à la loi, prenait en charge l'indemnisation et réglait immédiatement
à la victime et à ses parents l'intégralité des provisions.
En effet, le cyclomoteur n'étant pas assuré, la réparation intégrale
du dommage corporel du passager victime devait être prise en
charge par le Fonds de Garantie.
D'autre part, le Parquet poursuivit le cyclomotoriste devant
le Tribunal Correctionnel de Melun. La victime, qui s'était
constituée partie civile, était représentée à l'audience par
son avocat. Par jugement du 1er juillet 2005, le Tribunal Correctionnel
de Melun jugeait le cyclomotoriste responsable des conséquences
dommageables des chefs de blessures involontaires et pour non
assistance à personne en danger. Le Tribunal Correctionnel allouait
une nouvelle provision à la victime et condamnait le cyclomotoriste
à une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis.
Pour mettre en place la procédure d'indemnisation, l'avocat
de la victime saisit par voie d'assignation le Tribunal de Grande
Instance de Melun pour solliciter la réparation du dommage corporel
de son client et du préjudice en découlant pour sa famille.
En décembre 2007, le Tribunal de Grande Instance de Melun, après
échanges de conclusions entre les parties et après les avoir
entendues lors de l'audience de plaidoiries, rendait un jugement
retenant l'entière responsabilité civile du cyclomotoriste dans
l'accident et allouait une provision complémentaire à la victime.
Pendant ce temps, l'expertise judiciaire se poursuivait. L'expert
judiciaire neurologue examina une première fois la victime assistée
de son médecin traitant et déposa en octobre 2005 son premier
rapport avant consolidation. Par la suite, l'état de la victime
étant consolidé, l'expert judiciaire procédait à un deuxième
examen en présence de la victime, de son médecin-conseil et
de son avocat. Les médecins-conseils du Fonds de Garantie et
de la CPAM étaient également présents. Tous les préjudices de
la victime furent amplement discutés et débattus. L'expert judiciaire
déposa son rapport en juillet 2008, retenant notamment un taux
d'IPP de 66 % et un besoin en tierce personne avant et après
consolidation de 8 heures par jour (3 heures actives et 5 heures
occupationnelles et d'incitations).
Ce procès fut long et douloureux pour la victime, qui pourtant
souhaitait être réparée rapidement. C'est pourquoi il fut décidé
que l'avocat tenterait de transiger avec le Fonds de Garantie
pour obtenir une offre indemnitaire satisfaisante. A défaut,
l'affaire se poursuivrait devant le Tribunal, et pourrait n'aboutir
qu'au bout de plusieurs années.
L'enjeu d'une transaction est d'essayer, par la négociation,
de se rapprocher le plus possible des évaluations jurisprudentielles
des Tribunaux et Cours d'appel, afin de garantir les droits
de la victime, tout en bénéficiant du gain de temps indéniable
généré par un tel accord. Dans cette configuration, l'avocat
doit parfaitement connaître la jurisprudence relative à la réparation
du dommage corporel, pour discuter et apprécier les offres indemnitaires
qui sont faites par le Fonds de Garantie.
C'est ainsi que l'avocat a contacté le Fonds de Garantie. Après
plusieurs rencontres, échanges et discussions, les offres indemnitaires
du Fonds de Garantie pour la victime et sa famille, furent considérées
par l'avocat spécialisé comme satisfaisantes. Ainsi, une offre
d'indemnisation détaillée a-t-elle été finalisée par le Fonds
de Garantie, puis expliquée par l'avocat à ses clients. L'avocat
leur a conseillé d'accepter les offres indemnitaires, qui garantissaient
leurs droits. Une transaction a donc été signée en décembre
2008. La victime atteinte d'un traumatisme crânien a obtenu
une somme en capital supérieure à 750.000€, ainsi qu'une rente
viagère mensuelle de 3.300€, ce qui représentait une somme capitalisée
de 940.000€ au titre de la tierce personne.
Cette bonne transaction a pu être réalisée grâce d'une part
à la confiance que la victime et sa famille ont eu à l'égard
de leur avocat, qui a pu mener à bien les négociations avec
le Fonds de Garantie, et d'autre part, à la compétence des juristes
du Fonds de Garantie. Aussi est-il nécessaire que toute victime
soit représentée par un médecin lors de l'expertise médicale
et par un avocat spécialisé qui dirige les opérations, car seule,
la victime ne connaît ni ses droits, ni la jurisprudence, ni
l'évaluation de son dommage corporel des points de vue médical
et juridique. Une bonne évaluation et une indemnisation d'un
dommage corporel convenable dépendent du professionnalisme et
de la compétence de la part de tous les intervenants. Il convient
de rappeler sans cesse que l'on ne s'improvise pas médecin ou
avocat...
Catherine Meimon
Nisenbaum, avocate au Barreau, avril 2009.
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