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Améliorer l'accueil Deux études sont actuellement conduites pour connaître et améliorer l'accueil des personnes handicapées dans les lieux de spectacles. Tour d'horizon et perspectives... |
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Le ministère
de la Culture mène actuellement deux actions complémentaires portant
sur l'accueil dans les lieux culturels qu'il subventionne. La première,
sous la responsabilité de la Direction de la musique, de la danse, du
théâtre et des spectacles (DMDTS) consiste en un questionnaire détaillé
adressé à plus de 250 établissements. La seconde est une mission d'enquête
approfondie confiée par le ministre, Jean- Jacques Aillagon, à l'inspecteur
général Jacques Charpillon.
L'ensemble des
déficiences est pris en compte. Les questions portent autant sur l'accessibilité
architecturale que sur les aides au spectacle tels le sur- titrage ou
l'audiodescription. La formation du personnel et l'information du public
sont évoqués. On pourra déplorer l'absence de questions explicites relatives
à l'accueil et aux services destinés aux personnes handicapées mentales.
Autre lacune, l'accompagnateur d'une personne sur fauteuil roulant :
rappelons que les salles de spectacles ne réservent pas forcément un
siège proche de l'emplacement réservé, comme dans les opéras de Paris-
Bastille ou de Lyon, ce qui oblige un couple à être séparé ou la tierce-
personne à s'éloigner de celle dont elle a la garde. Autre question
d'importance qui n'est pas traitée ici, la politique tarifaire. Si les
salles ont la liberté d'appliquer des tarifs dits sociaux, y compris
aux personnes handicapées, le problème est ailleurs : quel prix de places
doivent payer celles et ceux qui, du fait de leur handicap et/ ou de
l'accessibilité partielle d'une salle, n'ont pas la liberté de choisir?
Lorsque des personnes handicapées motrices n'ont d'autre accessibilité
que celles des places d'orchestre, généralement les plus chères, ont-
elles les moyens de les payer? A revenu égal, un spectateur valide dispose
de la liberté d'acheter une place qui correspond à ses moyens et ses
envies.
Une mission
d'inspection. Il reviendra probablement à Jacques Charpillon, inspecteur
général de l'Administration, d'examiner cette problématique. Il débute
ce mois- ci une mission ciblée sur une douzaine de lieux destinée à
"mieux connaître les initiatives qui se développent actuellement" selon
les termes de sa lettre de mission dans laquelle le ministre de la Culture
rappelle que la situation française est "souvent jugée moins positive
[…] que dans d'autres pays comparables". Jacques Charpillon se souvient
notamment avoir assisté à la mise en place, il y a une vingtaine d'années,
des premières visites guidées en langue des signes dans un musée national.
"On n'est pas certain que tous les besoins spécifiques soient convenablement
couverts, estime- t-il, avec une ampleur suffisante par rapport à l'attente
des publics". Jacques Charpillon conduira une "enquête serrée" afin
d'effectuer un état des lieux servant de base à des propositions afin
de lancer une politique rattrapant le retard français. Il compte échantillonner
les familles d'établissements : enseignement de la musique, de la danse
et de l'architecture, salles de spectacles, bibliothèques nationales,
musées nationaux, monuments historiques. Jacques Charpillon rencontrera
également les associations locales, tout en relativisant leur représentativité:
"elles ne sont pas assurées d'être le porte- parole idéal d'une demande
culturelle latente, mal formulée, peu organisée". Apprécier l'attente
du public est en effet un casse- tête pour les gestionnaires d'équipements
: "il ne faut qu'ils se contentent d'attendre le client, ils doivent
démarcher, informer. C'est bien d'aménager son établissement, c'est
tout aussi bien d'en faire la promotion pour que le maximum de personnes
handicapées puissent en profiter. Cela implique également une politique
tarifaire adaptée". Le rapport de Jacques Charpillon doit être déposé
durant l'automne prochain, pour qu'une première série de mesures soit
mise en place dès 2004.
A la fin de
cette année, la situation aura été évaluée pour l'ensemble des établissements
culturels subventionnés par l'Etat avec l'objectif de les rendre exemplaires.
Pour ce qui concerne les établissements gérés par les collectivités
locales, "on peut imaginer que l'Etat conditionne ses subventions, qui
sont très importantes, à une politique active en matière de handicap"
suggère Jacques Charpillon. Catherine Tasca, ministre de la Culture
du précédent gouvernement, avait initié cette doctrine lors du colloque
"Mieux vivre la Cité" le 20 février 2002. Ce principe a été retenu par
son successeur, Jean- Jacques Aillagon, dans sa note d'orientation aux
directions ministérielles et décentralisées, en date du 24 décembre
2002. On peut légitimement estimer que cette sanction financière éventuelle
sera un élément essentiel de l'amélioration de l'accès à la culture
pour les personnes handicapées... |