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  Sanction pédagogique.
  Plutôt que de voir fermer une discothèque qui a discriminé, une association préfère que vigiles et personnes handicapées mentales se rencontrent et apprennent à se connaître.

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Le 7 juillet dernier, plusieurs pensionnaires d'un foyer géré par l'ADAPEI d'Ille-et-Vilaine ont été refoulés à l'entrée d'une discothèque, le Métrodôme, installée à La Richardais, près de Dinard. Les vigiles ont exprimé leurs craintes à l'encontre du comportement supposé de ces adultes handicapés mentaux, pourtant accompagnés par des éducateurs, et dont les familles ont déposé une plainte à l'appui de laquelle l'ADAPEI s'est constituée partie civile. Cette affaire a connu une certaine médiatisation et le sous-préfet de Saint-Malo s'en est également saisi : "Les faits sont clairement établis, affirme Jean-Philippe Setbon. Ils ont été refusés au seul motif qu'ils étaient handicapés". Indépendamment de la procédure pénale, qui suit son cours sous l'égide du Procureur de la République, le sous-préfet avait pris la décision, après avoir entendu la version du directeur de la boîte de nuit, de fermer l'établissement durant trois mois.

Cette décision ne sera peut-être pas appliquée : l'ADAPEI et le directeur de l'Etablissement et Service d'Aide par le Travail (ex-CAT) de Saint-Malo ont en effet proposé une solution pédagogique et plus constructive qu'une sanction brutale : que les vigiles et le personnel du Métrodôme se rendent dans l'ESAT, rencontrent ses pensionnaires, découvrent leur vie et leur travail, se parlent et apprennent à se connaître. "Le directeur de l'Etablissement de Saint-Malo m'a proposé cette solution, commente Claude Laurent, secrétaire général de l'ADAPEI. Il trouvait la décision de fermeture disproportionnée, et préférait une sorte de Travail d'Intérêt Général. Sur le fond de l'affaire, cette discrimination est grave, mais ces faits sont assez isolés. Ce qui m'apparaît le plus important, c'est la méconnaissance du handicap mental. La position des vigiles est plus liée à une peur, une crainte découlant de cette méconnaissance : on voit le handicap, on ne voit pas la personne".

Jean-Philippe Setbon s'est rallié à cette proposition "pédagogique", tout en demeurant vigilant : "Au moindre dérapage, proclame le sous-préfet, l'établissement sera fermé pour trois mois". Aux personnels et au directeur du Métrodôme de choisir entre la main ouverte... ou le coup de massue.


Laurent Lejard, septembre 2006.




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