|
Un
programme expérimental de financement des aides humaines
nécessaires à la vie autonome des personnes handicapées
dépendantes est lancé. Il prévoit le triplement des aides
de l'État, qui pourront atteindre 28.800 euros par an
en fonction des besoins de la personne, des conventions
avec la Sécurité Sociale au titre de la permanence de
soins, une expérimentation de prise en charge à domicile
confiée à des établissements d'hébergement qui interviendront
"hors les murs", un bilan des actions de déplafonnement
des allocations compensatrices versées par les Départements
afin d'en généraliser la pratique.
Les modalités de mise en oeuvre de ces mesures sont floues,
résultant à la fois de l'urgence et de la méconnaissance
quasi- totale des besoins à couvrir : les ministères ne
savent pas combien de personnes sont potentiellement concernées,
comment les informer, quel budget est nécessaire pour
couvrir les besoins. C'est donc aux protestataires que
reviendra la tâche de faire connaître ce plan d'urgence
parmi les autres handicapés dépendants et d'en contrôler
la mise en oeuvre, directement, en participant à la Commission
de suivi dans laquelle elles seront associées à l'État
et aux associations.
Parce que pour la première fois en France, des personnes
handicapées ont présenté, sans l'intermédiaire habituel
des associations, leur choix d'une vie indépendante, les
difficultés sociales et financières qu'elles rencontrent,
l'illégalité (travail clandestin, absence de déclarations
fiscales ou Urssaf, cumuls de prestations, etc.) dans
laquelle les poussent les maigres prises en charge actuelles.
Elles ont contraint, sous la menace d'une grève collective
de la faim, les ministres de l'Emploi et de la Solidarité
et délégué aux Personnes Handicapées à sortir du discours
: "le devenir des personnes handicapées dépendantes sera
examiné dans le cadre de la réforme de la loi d'orientation
du 30 juin 1975" ...qui prendra quelques années pour aboutir.
En faisant irruption dans le débat policé entre associations
et État, l'action déterminée conduite par Marcel Nuss
et entouré de Jocelyne Bezzina, de Monique Maresquin,
de Mireille Stickell, de Marie- Françoise Salomon, de
Philippe Streiff, de Thierry Beauvais, de Bernard Maller,
a changé les données habituelles de la négociation. Ce
que reconnaissait Patrick Gohet, directeur général de
l'Union nationale des associations de parents et amis
de personnes handicapées mentales (Unapei) : "le Conseil
national consultatif des personnes handicapées (CNCPH)
avait à plusieurs reprises marqué la nécessité d'un plan
d'urgence", proposition qui était restée lettre morte.
Philippe Felissi (Association d'entraide des Polios) ajoutait
: "on s'en est pris plein la tête, [cette réunion] nous
fait nous interroger sur nos actions".
Le 11 mars 2002, les personnes handicapées ont été les
actrices d'un débat que mènent ordinairement en leur nom
les associations. Cet exercice démocratique sera- t- il
poursuivi ? C'est ce qui fera que ce Top ne deviendra
pas un Flop...
Laurent Lejard,
mars 2002
|