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On
le constate déjà sur les routes et dans les villes : moins de
4x4 ou de grosses cylindrées circulent. De janvier à septembre
2008, leur vente a chuté de 39%. La cause réside en partie dans
l'instauration d'une écotaxe perçue par l'Etat, variant de 700
à 2.600€, qui est appliquée lors de l'achat d'un véhicule particulier
dont la motorisation dépasse un niveau de pollution : 160gr
de gaz carbonique (CO²) dégagé dans l'atmosphère par kilomètre
parcouru. Mais à compter du 1er juillet 2009, une voiture acquise
par une personne titulaire d'une carte d'invalidité, ou dans
le foyer de laquelle réside un tel titulaire, sera exemptée
du paiement de ce malus écologique, dans la limite d'un
seul véhicule par titulaire d'une carte d'invalidité; cette
disposition s'applique également aux véhicules immatriculés
dans le genre véhicule automoteur spécialisé (VASP) ou voiture
particulière carrosserie "Handicap". Et c'est dès maintenant
que les propriétaires handicapés de véhicules très polluants,
dégageant plus de 250gr de CO² par km ou d'une puissance
fiscale au moins égale à 16 chevaux, sont exonérés dans les
mêmes conditions du paiement annuel de l'écotaxe supplémentaire
de 160€ instaurée par la Loi
de finances rectificative pour 2008. A la différence du
malus écologique de base, le nombre de véhicules exemptés
de l'écotaxe annuelle n'est pas limité. Cette double exemption
a laissé sans voix les associations de personnes handicapées
et Les Verts...
En effet, depuis janvier 2008, toutes les voitures neuves sont
soumises à ce système de bonus malus écologique : en fonction
de la quantité de C0² dégagée par le moteur, l'acquéreur
du véhicule reçoit une prime ou paye une pénalité. Le seuil
actuel de malus, fixé à 160gr de CO², sera abaissé
durant les prochaines années La quasi-totalité des véhicules
équipés de boîtes automatiques, ainsi que des monospaces et
utilitaires "vitrés" supportent un malus; or, ces automobiles
sont privilégiées par les personnes handicapées qui ont besoin
d'un système de conduite ou d'accès aménagé. Interrogé sur cette
contrainte par le député UMP de Mayenne Marc Bernier, le ministre
de l'écologie Jean-Louis Borloo lui avait personnellement répondu
le 5 septembre dernier que le malus écologique actuellement
défavorable aux personnes handicapées serait réformé. Il envisageait
de "soumettre une mesure en ce sens dès lors que la loi n'a
prévu à ce stade aucune exonération de malus". Pourtant, ce
n'est pas le ministre de l'écologie mais des sénateurs qui,
par voie d'amendement, se sont saisis du sujet et ont, à l'unanimité
durant la séance du 24 novembre dernier, exempté la plupart
des personnes handicapées de malus automobile écologique.
Personnes handicapées également oubliées par le projet
de loi de programme relatif à la mise en oeuvre du Grenelle
de l'environnement, ainsi que l'avait relevé le Conseil National
Handicap quelques semaines avant l'adoption du texte par l'Assemblée
Nationale le 21
octobre dernier et qui est actuellement examiné au Sénat
: les importants travaux de réduction de consommation d'énergie
imposés aux immeubles de l'État sont déconnectés de leur mise
en accessibilité, les échéances étant décalées de trois ans.
"À quoi servirait-il de prévoir des économies d'énergie (50
kW/h par m² au lieu de 200 kW/h par m², pour un coût moyen de
200 à 400 euros/m²), pour bénéficier d'un air plus pur, et d'ajouter
des cloisons extérieures à des fins d'isolation thermique si
l'accessibilité n'était pas en même temps prise en compte ?",
s'insurgeait la présidente du CNH, l'ancienne ministre Monique
Pelletier, dans Le Figaro du 12 septembre 2008. Si son intervention
a entrainé l'introduction du critère de mise en accessibilité
dans la rénovation immobilière et les infrastructures de transport,
la convergence entre développement durable et besoins spécifiques
des personnes handicapées reste à élaborer, pour éviter des
chantiers successifs sur les mêmes infrastructures et bâtiments.
Laurent Lejard, février
2009.
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