|
Trois
millions d'agents de l'État. La fonction publique
de l'État - entendez les services centraux ou locaux des
différents ministères ainsi que les établissements publics
- employait un peu plus de trois millions de fonctionnaires,
agents et ouvriers fin 1997, dernière statistique connue.
Parmi eux, on comptait 3,06% de travailleurs handicapés
soit quasiment la moitié du quota institué par la loi
du 10 juillet 1987 : il manquerait plus de 90.000 bénéficiaires
de l'obligation d'emploi pour qu'elle soit respectée.
Rappelons, en schématisant une réglementation plus complexe,
que cette obligation d'emploi s'impose à tous les employeurs
qu'ils soient "publics" ou privés, mais que seuls ces
derniers sont sanctionnés financièrement s'ils ne la respectent
pas.
Un protocole d'accord en cours de discussion entre les
syndicats et le ministre de la Fonction publique prévoit
plusieurs mesures qui sont destinées à recruter le nombre
manquant de travailleurs handicapés dans les services
administratifs de l'État et cela d'ici au 31 décembre
2004. Les différents ministères et établissements publics
devront avant la fin de l'année 2001 établir un plan d'emploi
: il comportera les dispositions que chaque structure
mettra en place pour atteindre en trois ans le quota d'emploi
légal, 6% de l'effectif composé de travailleurs handicapés.
Il faudra probablement pondérer ce chiffre, le Protocole
envisageant la création d'un groupe de travail chargé
de "transposer dans la fonction publique [les] méthodes
de calcul de l'obligation légale d'emploi utilisées dans
le secteur privé". La loi prévoit en effet qu'un travailleur
peut compter double et parfois triple en fonction de son
handicap et de sa situation professionnelle ; ce comptage
ne s'applique pas à l'Administration.
La fin des emplois réservés. C'est la fin d'une
époque, celle de la filière Cotorep- Anciens Combattants.
Rappelons que la Cotorep, statuant en formation de secteur
public, évalue l'aptitude à occuper un emploi précis au
sein de l'administration. Le demandeur passe par la suite
un examen d'aptitude organisé par le ministère des Anciens
Combattants, autorité gestionnaire des emplois réservés.
S'il est admis, le candidat figure sur une liste d'aptitude
nationale et attend une nomination sur un poste vacant
: la procédure peut durer quelques années.
Entrer dans l'Administration pourra se faire désormais
de deux manières. La première, c'est le concours dont
les épreuves peuvent faire l'objet d'un aménagement aux
besoins spécifiques d'un candidat handicapé. La seconde,
qui apparaît privilégiée par le Protocole, est le recrutement
direct : un service publie une offre d'emploi à laquelle
toute personne peut postuler si elle remplit les conditions
légales (nationalité, qualification, âge, etc.). Les offres
des postes à pourvoir devraient être notamment publiées
par l'intermédiaire des associations de personnes handicapées.
Le recrutement direct sera employé pour épuiser les listes
d'attente des emplois réservés des centaines de personnes
qui y figurent.
Devenir fonctionnaire a été le désir, si ce n'est le rêve,
de milliers de travailleurs handicapés. Principal avantage
qu'ils y voyaient : une sécurité certaine de l'emploi
garantie par le Statut de la Fonction Publique. La modernisation
du processus de recrutement transformera peut-être ce
rêve en réalité...
Laurent Lejard,
septembre 2001.
|