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1997-1999
: un dispositif expérimental.
De janvier 1997 à avril 1999, quatre départements (Morbihan, Loire,
Saône et Loire et Isère) ont été retenus pour participer à une étude
concrète sur le financement des projets d'autonomie des personnes handicapées.
Chaque site a perçu une dotation de 300.000 FF (45.735 Euros) permettant
de compléter les financements habituels, (Sécurité Sociale, caisses
de retraites, mutuelles, etc.) Cette étude a été menée sous l'égide
du Centre Technique National d'Études et de Recherche sur les Handicaps
et les Inadaptations (CTNERHI).
Dans le Morbihan, Pilote 56 a accompagné 279 projets et les financements
classiques ont été complétés par le fonds de compensation à hauteur
de 11.000 FF (1.677 Euros) en moyenne par dossier nous a précisé Jacqueline
Lepetit, chargée de mission. Certes, cet apport réduit à 10% l'effort
consenti par la personne handicapée tout en restant insuffisant : dans
de trop nombreux cas, des sommes allant jusqu'à 30.000 FF (4.573 Euros)
restent à trouver. Cette nouvelle approche globale a déjà permis de
réduire les délais. "Connaissant les financeurs, je suggérais à l'assistante
sociale qui instruisait le dossier d'établir d'emblée un plan de financement
global et de faire toutes les demandes en même temps et non pas, comme
l'usage le voulait jusque là, d'attendre qu'un des financeurs se prononce
avant d'en solliciter un autre. Nous avons ainsi déjà réduit à trois
mois les délais d'instruction d'aide technique par exemple".
Une généralisation
en 2002. A ce jour, 11 sites pour la vie autonome sont opérationnels
et 4 autres devraient être ouverts d'ici à la fin de l'année. En 2002,
chaque département français devrait posséder le sien. Piloté par les
DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales),
chaque site est dirigé par un chargé de mission. Les nouvelles antennes
bénéficient pleinement de l'expérimentation antérieure. "Entre avril
99 et courant 2000, nous avons écrit un guide méthodologique recensant
les différentes difficultés rencontrées et les solutions que les équipes
des quatre sites ont trouvées. Ce guide est destiné aux autres départements
qui s'apprêtent à mettre en place leurs sites".
Fonctionnement et objectifs. L'information, l'orientation et
la réalisation des projets sont les missions principales des nouvelles
entités. "Mon premier objectif est d'informer la personne handicapée
sur ses droits, de cerner très précisément sa demande, de l'orienter
vers la structure d'évaluation la plus pertinente et d'établir avec
elle un plan de travail pour la réalisation de son projet". Dès lors,
deux types de démarches sont déclenchés :
1/ la saisine des institutions ou associations qui vont évaluer, et
instruire les aspects techniques de la demande exprimée (étude ergonomique,
recherche du matériel adéquat, etc.)
2/ La constitution des dossiers de demandes de prise en charge destinés
aux financeurs potentiels du projet, (Sécurité Sociale, Mutuelles, Caisses
de retraites, etc.). "Il est important que les demandes financières
soient faites simultanément pour que l'opération soit réalisée dans
les délais les plus courts".
Vers un guichet unique. Pour que le dispositif soit efficace,
une coordination des différents partenaires financiers est indispensable.
Jacqueline Lepetit souhaite atteindre rapidement l'objectif : lieu unique,
dossier unique et décision globale. "Je fais participer les financeurs
à la répartition des fonds dont je dispose et souhaite qu'à terme, une
commission unique constituée de tous les financeurs puisse statuer globalement
sur toutes les demandes de prise en charge". Volontaire et enthousiaste,
elle espère obtenir le triplement de la dotation annuelle pour d'une
part, réduire de façon significative les sommes restant à la charge
de la personne handicapée et d'autre part, traiter plus de dossiers.
Des écueils subsistent. Comment Pilote 56 est-il perçu par les
personnes handicapées ? La majorité d'entre elles n'en a pas encore
entendu parler. Quant aux institutions, certaines, tel le Conseil Général
du Morbihan, ne manifestent pas jusque là un grand enthousiasme. Ce
dispositif souffre d'un réel déficit d'information. Et si les personnes
handicapées ne peuvent que se réjouir d'une réduction des délais et
d'un droit à compensation renforcé et amélioré, faire de ces sites le
passage obligatoire pour toute demande de financement peut constituer
une limitation des libertés individuelles. Par ailleurs, les nombreuses
institutions intervenantes accepteront- elles facilement de partager
une partie de leurs compétences ?
Abder Ragui, avril 2001
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