|
Samedi 9 décembre
2000, alors que le Téléthon occupe encore la une de l'actualité, un
événement "historique" se joue dans la discrétion feutrée
des salles de l'Assemblée Nationale, avec la création du premier parti
politique fondé en France autour des revendications des personnes handicapées
: le Collectif des Démocrates Handicapés (CDH). Près d'une centaine
de militants, handicapés moteurs, aveugles, myopathes, sourds, handicapés
psychiques, parents, accompagnants, se sont donné rendez- vous pour
le congrès fondateur, après une année d'échanges virtuels sur le net,
dans le cadre d'une liste
de diffusion.
"Vote utile".
Dès les municipales de 2001, le CDH entend présenter un candidat sur
des listes allant de la gauche plurielle à la droite républicaine dans
une quarantaine de villes afin de figurer sur celle qui prendra en compte
leurs propositions. Mais il voit plus loin en espérant réunir pour les
législatives les 50 candidats qui lui permettraient d'obtenir les financements
publics. Quant à une éventuelle candidature à la Présidentielle, Jean-
Christophe Parisot ne réfute pas cette possibilité, indiquant qu'elle
donnerait lieu à un congrès spécial du CDH. En attendant, plusieurs
maires se seraient déjà manifestés auprès du mouvement pour accueillir
ses candidats, tandis que de nombreux particuliers ont manifesté leur
adhésion, en invoquant le "vote utile". Cependant, certains posent déjà
le problème de la couleur politique du mouvement quand les membres de
son bureau affirment qu'il faut "mettre de côté la rose et la croix
de Lorraine" et évoquent les grandes heures de la Résistance pour illustrer
une situation où les sensibilités politiques seraient dépassées par
l'urgence et l'importance du combat. A une autre époque, les écologistes
avaient été victimes de cette même question. "Pour ce qui nous concerne,
je crois pouvoir affirmer qu'elle ne nous séparera pas", répond Marc
Gonzalves, secrétaire national du CDH. |