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Président
d'un comité de défense des droits des personnes handicapées, Henri Galy
s'interroge sur l'impact réel des aides destinées en théorie à améliorer
l'emploi des travailleurs handicapés.
Avec l'accord de l'État, l'Agefiph vient de mettre en place, de façon
expérimentale, la Prime Initiative Emploi (P.I.E) pour "favoriser l'insertion
durable de personnes bénéficiaires de l'obligation d'emploi rencontrant
des difficultés d'insertion sur le marché du travail". L'aide versée
à l'employeur peut atteindre 6.000 pour un temps plein, que le
contrat soit à durée déterminée ou indéterminée. Ainsi, l'employeur
qui embauche un travailleur handicapé payé au SMIC sur un C.D.D de 12
mois empochera la prime au taux maximum. Au bout de 12 mois, il pourra
se séparer de ce travailleur, et en prendre un autre dans les mêmes
conditions si la prime est maintenue au-delà de la période expérimentale
qui se termine le 31 décembre 2007.
Les fonds de l'Agefiph proviennent de la contribution versée par les
entreprises qui n'embauchent pas (ou pas assez) de travailleurs handicapés.
On laisse entendre à l'opinion publique que cet argent "sert aux handicapés"...
Or, au moment où j'apprends par la presse la création de la P.I.E, l'une
de nos adhérentes me signale que l'Agefiph refuse de renouveler le financement
de ses prothèses auditives, lesquelles lui servent pourtant dans son
travail. Force est de constater que la grande majorité des aides de
l'Agefiph profitent plus à l'employeur qu'au travailleur handicapé.
Il en va de même pour les aides versées par l'État.
Prenons l'exemple du Contrat d'Avenir : créé par la loi du 18 janvier
2005 ("Loi Borloo"), c'est un contrat de travail de droit
privé, à durée déterminée (2 ou 3 ans) et à temps partiel (26 heures
par semaine), destiné à "faciliter l'insertion sociale et professionnelle
des personnes bénéficiaires du Revenu Minimum d'Insertion, de l'Allocation
Parent Isolé, de l'Allocation de Solidarité Spécifique ou de l'Allocation
Adulte Handicapé qui rencontrent des difficultés particulières d'accès
à l'emploi". Ce contrat est réservé aux employeurs du secteur "non marchand"
: collectivités territoriales, mutuelles, ateliers d'insertion, etc.
Pour chaque Contrat d'Avenir, l'employeur reçoit : un forfait mensuel
de 440,86€, versé par l'État ou par le Conseil Général, selon l'allocation
d'origine perçue par le salarié embauché; une prime mensuelle dégressive
de cohésion sociale qui prend en charge une partie du coût du salaire
et des actions d'accompagnement; l'exonération de certaines cotisations
sociales patronales, de la taxe sur les salaires, de la taxe d'apprentissage
et des participations dues au titre de l'effort de construction.
Pendant toute la durée de son Contrat d'Avenir, le salarié handicapé
ne perçoit qu'un tout petit salaire (SMIC horaire x 26 heures par semaine).
Certes, il conserve l'attribution de son allocation d'origine, mais
celle-ci est amputée du forfait mensuel de 440,86€ qui est reversé à
l'employeur. Autrement dit, l'allocataire paye l'employeur pour être
embauché ! Et à la fin, comme pour la P.I.E, l'employeur a parfaitement
le droit de licencier l'employé concerné et le remplacer par un autre
travailleur, handicapé ou non, en Contrat d'Avenir.
Beaucoup d'argent est aussi versé aux organisations syndicales et aux
associations dites représentatives des personnes handicapées. Ceci explique
sans doute le fait que tant de monde défende le système, et "oublie"
que la loi du 10 juillet 1987 qui a créé l'Agefiph, a également supprimé
le "Droit au Travail pour tous les handicapés" inscrit auparavant dans
le Code du Travail...
Henri Galy, président du Comité pour le Droit au Travail des Handicapés
et l'Égalité des Droits (C.D.T.H.E.D).
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