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Un
mauvais tango a été dansé lundi 28 novembre, lors de l'examen
au Sénat du projet de loi de finances 2006. Philippe Adnot,
Sénateur non inscrit de l'Aube, a présenté un amendement rendant
récupérable la future Prestation de Compensation du Handicap
(P.C.H) sur succession, donation ou legs; l'amendement concernait
également l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (A.P.A).
Michel Charasse, Sénateur socialiste du Puy de Dôme, lui a
emboîté le pas tout en rajoutant la récupération des sommes
versées aux bénéficiaires de la Couverture Médicale Universelle.
Motif invoqué par le Sénateur Adnot : "Diminuer les dépenses
des collectivités, rendre la solidarité juste quand elle est
nécessaire et, quand elle ne l'est pas vraiment, alléger nos
charges". Un contrôleur de gestion n'aurait pas mieux dit.
Rapporteur de la Commission des Finances, l'U.M.P Philippe
Marini a approuvé le bien-fondé des amendements présentés
par ses collègues, rappelant que feue la Prestation Spécifique
Dépendance était récupérable sur succession. Tout en excluant
la C.M.U de cette récupération, il a accepté au nom de la
Commission des Finances le principe d'autoriser les Conseils
Généraux à se payer sur le patrimoine d'un bénéficiaire de
la P.C.H ou de l'A.P.A.
Le Ministre délégué au budget, Jean-François Coppé, a déclaré
: "On ne peut pas sous-estimer un certain nombre d'effets
pervers des allocations distribuées au nom de la solidarité
nationale", allant jusqu'à insinuer que "les jeunes générations
incitent leurs aînés à demander l'A.P.A" ! Mais voulant éviter
une décision rapide et porteuse de lourdes conséquences et
de multiples protestations, Jean-François Coppé a pris une
initiative dangereuse : il a demandé aux Sénateurs Henri de
Raincourt (Yonne, U.M.P) et Michel Mercier (Rhône, U.D.F),
chargés d'une mission d'étude sur les minima sociaux, d'intégrer
à leur travail la P.C.H et l'A.P.A.
Voilà donc ces prestations confondues avec les minima sociaux,
dont fait partie l'Allocation Adulte Handicapé. Rappelons
que le Premier Ministre, Dominique de Villepin, avait annoncé
leur réforme lors de son discours de politique générale de
juin 2004. Le débat sur la récupération des allocations aura
lieu, dans quelques mois, voulu par un Gouvernement et des
élus déterminés à reprendre d'une main ce qu'ils ont donné
de l'autre. Le danger est grand d'assister prochainement à
une stigmatisation des personnes handicapées ou âgées dépendantes,
dont la vie à domicile reviendrait trop cher à la société,
laquelle serait alors en droit de récupérer, sur la dépouille
du bénéficiaire, les sommes versées.
Le Sénateur Nicolas About (Yvelines, U.M.P) résumait
bien l'état d'esprit de ses collègues quand il leur lança
: "Vous avez de la chance que les handicapés ne brûlent pas
de voitures, sinon, vous retireriez vite fait vos amendements
!"...
Laurent Lejard, décembre
2005.
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