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Marie-Sophie
Desaulle, Présidente de l'Association des Paralysés de France, déplore
que la loi Boisseau soit fondée sur une notion obsolète du handicap
et propose une refondation du texte.
Le gouvernement prépare actuellement un projet de loi pour l'égalité
des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées. Annoncé comme une priorité du Président de la République,
ce texte mobilise depuis plusieurs mois déjà les associations de personnes
en situation de handicap et notamment l'Association des Paralysés de
France. Cependant, malgré une concertation régulière, force est de constater
qu'aujourd'hui ce projet de loi est encore loin des attentes des personnes
en situation de handicap et de leurs familles.
Bien sûr, certaines modifications demandées par l'A.P.F ont été d'ores
et déjà prises en compte. Mais pour l'A.P.F, cela reste encore insuffisant
au regard des promesses faites. La loi, en l'état, est une loi de moyen
terme; or l'enjeu de cette loi est d'impulser une nouvelle politique
du handicap en France pour les prochaines décennies s'articulant avec
les politiques des autres pays européens.
Ainsi, pour l'A.P.F, au-delà des mesures annoncées, le véritable malentendu
vient du fait que ce texte n'intègre pas les concepts modernes - européens
et internationaux - de définition de la personne en situation de handicap.
En effet, cette loi est présentée, par Monsieur Mattéi lui- même, comme
une loi plus personnaliste qu'environnementale. La loi envisage aujourd'hui
la question du handicap sous l'angle de la "personne handicapée" et
non sous l'angle de la "personne en situation de handicap" : une différence
de conception fondamentale, conception reconnue pourtant au niveau des
instances européennes et de l'Organisation Mondiale de la Santé. En
effet, la situation de handicap est la résultante de l'interaction entre
les limitations liées aux facteurs personnels et les barrières créées
par les facteurs environnementaux; c'est ce qui induit une rupture d'égalité
des chances qui limite la participation sociale.
Cette conception doit donc être intégrée dans la base de la loi, notamment
au niveau de l'article 1er, si l'on veut que ce texte ait réellement
pour but de permettre aux personnes en situation de handicap d'exercer
leurs droits fondamentaux et d'accéder dans l'égalité à une participation
pleine et entière aux activités de la société. C'est de cette conception
de la personne en situation de handicap que découle alors, pour l'A.P.F,
la priorité à donner, dans la loi, à l'accès à tout pour tous qui suppose
que la société dans son ensemble prenne en compte, dans le cadre d'une
politique de non- discrimination, les besoins de tous : actions sur
l'environnement, information et sensibilisation d'acteurs, adaptation
des services ouverts à tous, exercice effectif des droits.
Dans un deuxième temps seulement, la compensation, reconnue comme un
droit dans le projet de loi actuel, doit permettre de pallier, dans
le cadre d'une politique de protection sociale, la rupture d'égalité
dans l'accès aux droits fondamentaux qui peut encore exister à titre
individuel malgré la mise en oeuvre du principe d'accès à tout pour
tous.
L'A.P.F reste donc très vigilante par rapport aux échanges qui vont
avoir lieu lors des débats parlementaires autour du projet de loi dans
les mois qui viennent. L'association entend agir pour que ces débats
permettent de faire évoluer le projet de loi dans le sens attendu par
les personnes en situation de handicap et leurs familles.
Marie-Sophie Desaulle, Présidente de l'Association
des Paralysés de France, février 2004.
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