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Un congrès
européen rassemble les principaux médias d'information généraliste pour
améliorer l'image des personnes handicapées dans les moyens de communication.
Sans la France...
Comment la presse française d'information générale, qu'elle soit écrite
ou audiovisuelle, parle- t-elle des personnes handicapées, de leurs
conditions de vie, de leurs aspirations ? Plutôt mal, souvent par le
petit bout de la lorgnette, à la faveur d'une action de solidarité,
d'un incident scandaleux ou lors d'un événement médiatique comme le
Téléthon. La tonalité évolue généralement entre la propagande en faveur
d'une "belle action de solidarité", la pitié pour un "pauvre handicapé"
et l'admiration pour une "remarquable leçon de courage".
Dans le cadre de l'Année Européenne des Personnes Handicapées (AEPH),
la Commission Européenne et le Forum Européen des personnes Handicapées
ont voulu organiser un congrès international destiné à mieux informer,
en dépassant les clichés habituels, en incitant les médias à refléter
la réalité afin de promouvoir l'égalité de traitement et la pleine citoyenneté.
Pour en débattre, des journalistes et directeurs de publications des
quinze pays de l'Union Européenne sont conviés durant deux jours à Athènes,
les 13 et 14 juin 2003.
On sait déjà que la France n'y sera pas représentée : aucun quotidien
ou magazine national, aucune radio, aucune télévision si l'on excepte
un conseiller auprès du Président de France Télévision qui vous dit,
dès que vous lui en parlez, qu'il n'a aucun pouvoir en matière d'information.
Certes, un congrès est loin de tout régler. Mais celui- ci met en évidence
l'absence de journalistes spécialisés dans le handicap au sein des grandes
publications d'information généraliste en France, et leur indifférence
à combler cette lacune alors que l'enjeu devient politique du fait des
déclarations du Président de la République, faisant du handicap un chantier
prioritaire de son quinquennat. Un enjeu qui semble dépasser les volontés
et les compétences de la fine fleur du journalisme français.
Laurent Lejard, juin 2003
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