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Neuf ans.
Il aura fallu neuf ans à l'Europe pour adopter un texte rendant les
autobus accessibles aux personnes handicapées...
Le 14 février 2001, à Strasbourg, le Parlement européen a en effet
voté le texte d'une directive qui obligera les constructeurs d'autobus
à prévoir l'accès aux personnes à mobilité réduite. C'est une belle
victoire mais la vigilance reste de mise.
D'ici deux ans, tous les nouveaux autobus de transports publics urbains
(de plus de huit places assises) circulant dans les pays de l'Union
européenne devront obligatoirement être pourvus d'une rampe rétractable
ou d'un mini élévateur pour permettre l'accès aux personnes à mobilité
réduite. D'autres aménagements sont également prévus : poignées, largeur
du couloir, etc. Après neuf ans de discussions, projets et avant- projets,
le texte a encore fait l'objet de virulentes attaques en séance plénière
du Parlement européen. Le risque était grand que soit adopté un texte
plus flou, parlant de bus "surbaissés". Pour les opposants à la directive,
l'accessibilité des bus relève d'un "détail technique", qui symbolise
la volonté de l'Europe de tout réglementer. Mais les membres de l'intergroupe
personnes handicapées du Parlement, et notamment son président le Britannique
Richard Howitt, ont réagi: "des rampes d'accès sur un bus, ce n'est
pas un détail technique, c'est la possibilité donnée aux personnes à
mobilité réduite de circuler en ville et donc de participer à toute
la vie économique, sociale et culturelle". Le vote a finalement été
acquis par 296 voix contre 224. D'après Richard Howitt, l'industrie
britannique de la construction automobile était favorable aux amendements
précisant l'accessibilité.
Il est intéressant de constater que le texte de la future directive
adopte une définition large de la personne à mobilité réduite: sont
bien sûr concernées les personnes en fauteuil roulant, mais aussi les
personnes âgées, les blessés, les femmes enceintes, les handicapés de
la vue, etc.
Le texte de la directive doit obligatoirement être approuvé par les
représentants des États membres de l'Union dans les quinze jours suivant
le vote du Parlement européen. Ensuite, ces États auront deux ans au
plus pour adapter leurs propres législations au texte de cette directive
qui a force de loi et oblige les membres quant aux résultats à atteindre.
Elle laisse néanmoins aux instances nationales la compétence quant à
la forme et aux moyens à utiliser. Après neuf ans, la vigilance reste
de mise.
Yves Dricot, février 2001
Le
texte provisoire de la Directive, au format pdf, est consultable sur
le site du Parlement européen (document n°12,
page 17) Référence: A5 - 0039/2001
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