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La réforme
du dispositif des aides à domicile entre en application. Avec comme
conséquence une économie pour la Sécurité Sociale et des dépenses supplémentaires
pour les personnes dépendantes...
"Cherche personne pour aide à la toilette, à l'habillage et à la prise
de repas" Les petites annonces de ce type risquent de fleurir dans les
semaines à venir. Les personnes dépendantes - dont l'état est stabilisé
- qui se faisaient assister par une infirmière pour "l'accomplissement
des actes essentiels de la vie" devront en effet désormais faire appel
à une tierce personne. Voilà pour la première mauvaise nouvelle. La
seconde, c'est que ces prestations ne seront plus prises en charge par
la Sécurité Sociale. C'est en tout cas, résumé à gros traits, ce que
prévoit le Projet de Soins Infirmiers (PSI) qui rentrera en vigueur
à la fin de l'année 2000. Pas question pour autant de rejeter en bloc
le PSI. Ses objectifs seraient même plutôt pertinents. D'abord parce
que ce n'est pas la vocation de l'Assurance maladie de rembourser des
prestations qui ne relèvent pas, à strictement parler, du domaine de
la santé. Et ensuite parce que ces actes d'aide, qui ne sont pas d'une
grande technicité, pourraient être assurés par des tierces personnes
qui y seraient formées.
Le problème c'est que le PSI laisse de nombreuses questions en suspens.
Primo: qui va financer le coût de ces interventions ? Il serait déplacé
de laisser à la charge des personnes dépendantes des dépenses qui relèvent
de la solidarité nationale. Mais pour le moment, aucun mécanisme de
substitution n'a été mis en place. Les personnes handicapées vont donc
devoir payer elles- mêmes ces aides en attendant éventuellement que
les Conseils généraux ou l'État prennent le relais. Secundo: qui va
remplacer les infirmières ? Les auxiliaires de vie et autres tierces
personnes qui exercent déjà aujourd'hui risquent vite d'être débordées.
Sans compter que leurs patients n'ont aucune garantie sur leurs compétences
en matière de soins d'hygiène par exemple, puisque la profession n'est
quasiment pas réglementée. Bref, à quelques semaines de l'entrée en
vigueur du PSI, les personnes dépendantes n'ont ni les moyens humains,
ni les moyens financiers de s'adapter aux nouvelles règles du jeu...
Franck Seuret, novembre 2000
Lire l'éditorial de la semaine dernière...
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