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La
rentrée scolaire est passée mais les difficultés demeurent
pour les jeunes sourds et malentendants scolarisés : les
établissements scolaires disposant des moyens techniques
et humains nécessaires sont rares et mal connus. Interrogée
sur ce point, la plate-forme téléphonique d'information
Aide
Handicap Ecole, créée par le Ministère de l'éducation
nationale, n'a pas de réponse. L'enjeu est pourtant de taille
: les jeunes sourds ont-ils un droit égal aux autres d'accéder
au savoir et à la connaissance, de s'émanciper par l'instruction,
de s'intégrer par la maitrise conjointe du français écrit
et de la langue qu'ils ont choisie ? Ce libre choix du mode
de communication est inscrit dans la loi de février 2005
d'égalité des droits et des chances des personnes handicapées,
et pour les associations de parents d'enfants sourds, il
est loin d'être respecté par l'Education Nationale, ce qui
les a conduites à manifester à Paris et dans d'autres villes
de France le 29 septembre dernier.

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"Il
n'y a pas de mise en place du libre choix du mode
de communication par l'Education Nationale, affirme
Gilles Garnier, président de l'Association nationale
pour la promotion et le développement de la Langue
française Parlée Complétée (A.L.P.C).
On demande que les enfants employant la L.P.C soient
accompagnés par un codeur qualifié". Selon l'association,
la France compte 200 codeurs reconnus pour un besoin
estimé à 1.000, alors que le rythme de formation de
ces professionnels est d'une trentaine par an. "Actuellement,
beaucoup d'enfants se débrouillent sans", déplore
Gilles Garnier, qui constate également que les sourds
ne sont pas égaux d'un département à l'autre dans
l'attribution de la Prestation de Compensation du
Handicap : "En Ille-et-Vilaine, la Commission des
Droits et de l'Autonomie de la Personne Handicapée
refuse le codeur L.P.C parce que quelques-uns de ses
membres ne sont pas favorables à ce type de communication
! On doit mobiliser pour que le choix soit respecté,
parce qu'un simple Auxiliaire de Vie Scolaire ne correspond
pas au besoin". De fait, avec une formation tous handicaps
d'une durée de 60 heures, ces personnels ne peuvent
communiquer convenablement avec les enfants sourds
profonds qui leur sont confiés.
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"Le
choix du mode de communication appartient aux parents, rappelle
le président de la Fédération Anpeda,
André Cuenca. Ils doivent avoir les moyens de le mettre
en oeuvre. La loi de février 2005 est bien loin d'être appliquée,
par manque d'aides techniques et humaines qualifiées qui
connaissent les modes de communication, et il n'y a pas
encore, pour les jeunes sourds, de scolarité comme les autres".
André Cuenca estime pourtant que le projet scolaire
des élèves sourds peut être identique à celui des autres.
Mais pour qu'il soit mis en œuvre, que leur enfant apprenne
à l'école, des parents sont obligés de payer de leur poche
certaines aides comme des codeurs L.P.C ou des interprètes
L.S.F effectuant du soutien scolaire; certains s'endettent.
"Une A.V.S affectée à une enfant sourde et qui ne sait rien
de la surdité, ça ne sert à rien ! s'insurge André Cuenca.
Rien n'est mis en place, les enseignants ne sont pas formés
à la surdité, les 60 heures de formation des A.V.S ne sont
pas suffisantes. De plus, on ferme des écoles qui avaient
des structures d'accueil". Il rappelle que les associations
ont été très impliquées dans l'élaboration de la loi, et
que la P.C.H devait permettre de couvrir le déficit en aides
extrascolaires, ce qui n'est pas appliqué par les M.D.P.H.
Et constate le flou qui entoure le "plan métiers" en cours
d'élaboration par la Secrétaire d'Etat à la solidarité,
Valérie Létard, et qui est notamment destiné à stimuler
l'accès aux professions liées au handicap. André Cuenca
reste ferme sur ce principe : "Que les parents aient le
droit de choisir le mode de communication de leur enfant,
un choix qui évolue dans le temps et qui doit être respecté".
Laurent Lejard, octobre
2007.
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