|
L'Association
des Parents et Amis des Enfants de Marie Abadie (Apaema)
est une organisation basée à Paris et qui oeuvre dans les domaines du
handicap mental et du polyhandicap. Les parents qui la composent sont
régulièrement confrontés à une difficulté lorsqu'ils veulent se rendre
dans un lieu de spectacle : comment leur enfant sera- t-il accueilli,
posera- t-il des problèmes liés au décalage de son comportement avec
ce qui est communément admis ? "Notre idée est née d'une frustration
ancienne et collective, explique Catherine Morhange, vice- présidente
de l'Apaema. Souvent, les enfants sont impatients, ils bougent, crient
parce qu'ils sont contents ou pas. Ce qui amène des réactions désagréables
des spectateurs. Souvent, les parents abandonnent. Nos enfants souffrent
déjà de leurs limites, il n'est pas normal qu'il y en ait davantage".
Les parents
se connaissent pour la plupart, discutent ensemble. La salle n'est qu'au
tiers remplie, l'information ne semble pas encore être bien relayée.
Durant le film, la majorité des enfants et adolescents suit l'action,
visiblement captivés par l'univers magique du dessin animé, une
histoire d'amour sur fond de combat entre sorciers et guerre militaire
dans un monde baroque. Benoît a trouvé le film très bien, il a aimé
les monstres : "Le dragon qui mange le monsieur du château. Je voudrais
voir un autre film, c'est intéressant". Quentin a plutôt aimé les scènes
d'amour. La maman de Camille veut revenir pour un autre film, elle apprécie
la certitude de pouvoir entrer dans la salle avec sa fille sur fauteuil
roulant : "Au cinéma, le son est trop fort, Camille sursaute, je préfère
lui acheter des vidéos". Ici, le son est à un niveau moyen, comme il
était d'ailleurs de règle avant la déferlante tonitruante des T.H.X
et autres Dolby... Il ne semble pas que les spectateurs aient été dérangés
par tel enfant qui avait un peu tendance à se glisser sous les sièges,
ou tel adolescent autiste qui se levait parfois, peut- être pour
exprimer sa joie. Quelques cris dans la salle, et des parents qui s'occupent
calmement de leurs petits, sans qu'une remarque désobligeante les culpabilise.
Le respect, enfin ! |