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Les premiers
résidants du Centre de vie Passeraile
se sont installés dans leur studio de Magny le Hongre (Seine et Marne)
au début du mois de septembre. La genèse de ce centre qui doit accueillir
progressivement 45 jeunes femmes et hommes remonte à 1994. Des parents
d'enfants infirmes moteurs cérébraux accueillis dans des crèches associatives
spécialisées à Paris, créées par l'Association pour l'éducation thérapeutique
et la rééducation d'enfants infirmes moteurs cérébraux (APETREIMC),
s'inquiétaient du devenir de leurs petits. "Il n'existait pas grand
chose pour eux après l'âge de 20 ans, confie Marie- France Briant, l'une
des mamans embarquées dans une aventure qui dure depuis dix ans. Les
degrés de handicap de nos enfants sont très divers, certains marchent,
d'autres parlent avec de très grandes difficultés. Les cinq premières
années ont été occupées par la réflexion et la conception d'un projet
de vie pour eux. Nous avons visité des centres, dont celui de Chinon
qui accueille des jeunes formés à une vie en autonomie. Il nous est
apparu qu'il fallait cumuler les structures existantes : maison d'accueil
spécialisé, foyer d'accueil médicalisé, appartements, accueil de jour.
On a réfléchi avec nos enfants sur ce que l'on voulait ou pas. L'un
des parents nous a poussé beaucoup plus, il a trouvé un terrain constructible,
on a bouclé rapidement le dossier administratif présenté à la Commission
régionale d'organisation sanitaire et sociale (CROSS). Dans le centre
de vie, chaque résidant a son studio et il bénéficie de services communs,
notamment médicaux. La ville de Magny le Hongre est dynamique, sa population
extrêmement ouverte, les habitants nous ont connu avant que les murs
du centre soient finis. Les associations locales de loisirs, les clubs,
les habitants sont venus nous voir. Nous avons réalisé des actions publiques,
recueilli des dons". Les familles ont également financé le projet à
hauteur de 400.000 euros sur 7 millions d'investissements. Le cadre
juridique du centre est complexe, dépendant de plusieurs réglementations
afférentes (M.A.S, F.A.M, foyer occupationnel, appartements thérapeutiques...),
il a été classé "innovant" par le CROSS faute de pouvoir l'inclure dans
un dispositif existant. |