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Grandir
! Olivier Raballand raconte sa vie et ses sentiments de père d'un enfant trisomique dans un livre édité par ses soins : quelques repères d'un parcours tourmenté... |
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La vie d'Olivier
Raballand et de son épouse a été bouleversée par l'arrivée d'un enfant
pas comme les autres, Paul, né trisomique il y a huit ans. "La naissance
d'un enfant handicapé était au départ une vraie mauvaise nouvelle, cela
nous faisait basculer dans un monde inconnu". Comme la plupart des parents,
ils ne connaissaient pas le handicap et en avaient peur. "Mon attirance
n'allait pas vers les personnes handicapées, ce n'était pas un choix
raisonné, c'était simplement comme ça. J'avais pourtant croisé des personnes
handicapées mentales, dans un foyer- château qui faisait de la restauration
d'entreprise, un peu cohabité mais pas vécu au milieu d'elles".
"Durant les
trois premières années, on n'avait fait peu de choses. On a voulu ensuite
retrouver le goût des loisirs et des sorties en famille. Les difficultés
physiques et intellectuelles que Paul rencontre pour nager ou skier
comptent quand même moins que la manière dont les autres le regardent".
Pourtant, l'apparition positive de personnages trisomiques dans des
films à succès tel "Le huitième jour" ou la série télévisée "Corky"
a contribué à donner une autre représentation, une image d'intégration.
Olivier Raballand tempère : "J'ai l'intime conviction que les films
ne sont pas suffisants. Quand on n'est pas concerné, on ne les regarde
pas forcément. Les personnes handicapées vivent dans un autre monde
même si des actions d'intégration se mettent en place. La question du
regard se pose dès l'école : à la Maternelle, Paul était le seul enfant
handicapé dans toute l'école. Dès le départ, il y a une vie à part".
Le père de
Paul ne s'est pas rapproché des associations de personnes handicapées
et apprécie le mouvement de désinstitutionalisation qui a eu lieu en
Italie : "Les personnes handicapées se retrouvent dans la vie en général.
Cette vie en commun et cette visibilité semblent impossibles en France.
Je ne suis pas forcément objectif; dans les années 1970, des associations
ont créé des structures d'accueil pour assurer les prises en charge
des enfants. Aujourd'hui, elles me semblent empêcher l'intégration parce
qu'elles ont généré un système économique qu'il faut faire vivre".
En écrivant Grandir, Olivier Raballand a voulu "refaire le chemin pour
expulser ma douleur. Il m'a fallu près de 3 ans pour revivre ces épisodes
et pouvoir les écrire". A vous de les partager... |