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| Louis
Cuenin. Vice-Président du Conseil Général du Doubs, il est le seul handicapé moteur élu au scrutin majoritaire uninominal. Ancien cadre supérieur de l'industrie automobile, il est membre de l'UMP... |
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| Archives | |||||||||||||
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Louis Cuenin,
65 ans, vit avec des séquelles de polio depuis l'âge de 20 ans. Au fil
du temps, il est de plus en plus forcé de rester assis, utilisant la
plupart du temps un fauteuil roulant pour se déplacer. "Je suis appareillé,
je peux faire quelques mètres debout avec des cannes". Jeune homme,
une formation d'électronicien en poche, il entre chez Peugeot, à Sochaux,
entreprise dans laquelle il travaille durant 25 ans, jusqu'à sa mise
en invalidité lors de ses 50 ans, alors qu'il était chef du personnel.
"Il était difficile de travailler comme cadre dans une grande entreprise
avec mon handicap : il me fallait faire deux fois plus de choses que
mes collègues pour être au même niveau qu'eux. J'ai commencé ma carrière
en 1961, à une époque où les travailleurs handicapés étaient regardés
comme des bêtes curieuses. Les décideurs ont toujours l'impression que
l'on ne peut pas effectuer le même travail que les valides et j'ai ressenti
tout au long de mon activité qu'il fallait que j'en fasse plus, que
je me montre plus, que je travaille beaucoup plus. On ne me parlait
jamais de mon handicap, mais j'ai la conviction que si j'avais été valide,
je serai monté plus haut dans la hiérarchie, chez Peugeot".
Si sa déficience
motrice n'a pas posé de problème aux concitoyens de Louis Cuenin, elle
n'en a pas posé davantage à ses collègues du Conseil Général : "ils
étaient plutôt compatissants, se demandant néanmoins comment j'avais
fait pour être élu. J'ai été accepté très rapidement. Collègues et services
étaient prêts à m'aider en cas de besoin. En revanche, lors de réunions
avec des hauts- fonctionnaires locaux, à la Préfecture par exemple,
dans ces lieux où l'on parle des personnes handicapées sans en voir
de près, je ressentais une gêne de leur part comme s'ils se demandaient
ce que je venais faire là. Cela fait plus de dix ans et je ressens encore
cette gêne aujourd'hui, lors de réunions avec de nouvelles personnes
qui ne me connaissent pas. Il y a peu, j'assistais aux Assises des Libertés
Locales, à Arc et Senans, et des fonctionnaires des services fiscaux
ont serré la main des personnes avec lesquelles je parlais mais pas
à moi, assis sur fauteuil roulant : je suis à hauteur des ceintures,
je ne suis pas intéressant ! Cela n'est jamais arrivé avec mes collègues,
mais ça se produit avec des gens qui se prennent pour on ne sait trop
quoi. Pour eux, un Conseiller Général ne peut pas être en fauteuil roulant,
ils assimilent le handicap physique à un handicap mental. Je les laisse
venir vers moi, pour qu'ils posent leurs questions, qu'ils parviennent
à comprendre". Et si Louis Cuenin joue la carte de la pédagogie tranquille,
il avoue toutefois que ce n'est pas facile tous les jours. |