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En
2006, un cycliste âgé de 31 ans est renversé par un véhicule.
Cet accident de la circulation est intervenu sur le trajet de
son travail. Il est atteint d'un grave traumatisme rachidien et
médullaire qui le contraint à rester une année dans un centre
de rééducation fonctionnelle. Lorsque son avocat le rencontre,
le jeune homme n'est pas sûr d'avoir besoin de l'assistance d'un
avocat pour l'évaluation de son préjudice corporel. Cependant,
il a compris rapidement que son intérêt était de prendre un avocat
spécialisé pour assurer la défense de ses droits et obtenir la
réparation intégrale de son dommage corporel.
L'avocat a étudié son dossier, obtenu le procès-verbal d'accident,
recueilli les pièces nécessaires à la défense de son client et
a eu recours à un médecin-conseil pour établir un rapport médical
et l'assister lors des expertises médicales contradictoires devant
le Tribunal. Il convient de rappeler que les Compagnies d'Assurances
et le Fonds d'indemnisation sont toujours représentés par leur
médecin-conseil. Il est donc juste et ô combien nécessaire que
les victimes soient également assistées par leur médecin-conseil
lors des expertises médicales, et par leur avocat pour l'expertise
de consolidation.
En 2007, l'avocat assignait la compagnie d'assurances devant le
Président du Tribunal de Grande Instance de Paris statuant en
référé, qui allouait à la victime une provision et désignait un
expert judiciaire neurologue pour évaluer son dommage corporel.
L'expert judiciaire valablement saisi par l'avocat de la victime
convoqua les parties et leurs conseils à une première réunion
d'expertise contradictoire et en raison du défaut de consolidation
de la victime, déposa un pré-rapport.
En 2008, l'avocat saisissait à nouveau le juge des référés et
obtenait une provision complémentaire pour la victime. La somme
totale de 90.000 € à titre de provisions a été réglée. Entre temps,
les soins médicaux qui lui ont été prodigués par le Centre de
rééducation fonctionnelle, lui ont permis de retrouver une certaine
qualité de vie et de retourner chez lui.
L'expert judiciaire convoqua à nouveau les parties pour l'expertise
de consolidation. La victime était assisté de son médecin-conseil
de victimes et de son avocat spécialisé, la compagnie d'assurance
était assistée de son médecin-conseil et de son avocat spécialisé.
L'expertise a été longue, tous les chefs de préjudice ont été
discutés par les parties, qui n'étaient pas d'accord sur leurs
évaluations. L'avocat de la victime a dû même adresser un dire
à l'expert judiciaire.
En 2009, le rapport de l'expert judiciaire était déposé. Il avait
notamment conclu que : la marche était possible à l'aide d'une
canne sur de courtes distances, qu'il pouvait préparer ses repas,
s'habiller seul, faire sa toilette et que ses besoins en tierce
personne étaient de 4 heures 30 par jour. Le taux d'IPP était
de 55 % , et une formation professionnelle adaptée correspondant
à un ¾ de temps était préconisée. En accord avec son client, l'avocat
essaya d'obtenir un accord amiable avec la compagnie d'assurances,
mais l'offre indemnitaire de cette dernière était trop faible
et n'a donc pas été acceptée.
L'avocat saisissait alors le Tribunal de Grande Instance de Paris
et assignait notamment la compagnie d'assurances pour obtenir
la liquidation du dommage corporel de son client. Là encore, les
parties furent en désaccord et plusieurs pièces et jeux de conclusions
ont été échangés. Dans ses dernières conclusions, la compagnie
d'assurances demandait au Tribunal d'évaluer le dommage corporel
de la victime à la somme totale de 652.800 € comprenant un capital
et une somme capitalisée au titre de la rente tierce personne.
Il convient d'observer que cette somme, que la compagnie d'assurances
proposait devant la 19ème Chambre du Tribunal de Grande Instance
de Paris, qui constitue une chambre spécialisée et dont la jurisprudence
est réputée, était déjà très élevée pour elle. Il faut également
retenir que les parties étaient aussi en désaccord devant l'expert
judiciaire. Quel aurait été le montant de l'offre indemnitaire
si la victime avait été seule pour conclure une transaction ?
Certainement bien inférieur en tout cas.
Lorsque l'affaire fut en l'état, elle fut fixée pour plaidoiries
et les avocats spécialisés des deux parties présentèrent au Tribunal
leurs réclamations, thèses, et désaccords. Par jugement en date
de novembre 2010, la 19ème Chambre du Tribunal de Grande Instance
de Paris allouait à la victime la somme totale 1.173.000 € comprenant
un capital et une somme capitalisée au titre de la rente tierce
personne. On est loin de la dernière offre de règlement de la
compagnie d'assurances devant le Tribunal, qui s'élevait à la
somme totale de 652.800 €. Ce jugement est aujourd'hui définitif.
La victime a donc eu raison de solliciter l'assistance d'un avocat
et d'un médecin-conseil spécialisés et de patienter. Il faut toutefois
indiquer que son avocat lui a toujours expliqué le déroulement
et l'intérêt des procédures qui s'offraient à lui. La victime
a eu confiance en son avocat et a donc pu avec lui mener son procès
à son terme. Aujourd'hui, le jeune homme peut plus facilement
se reconstruire, son patrimoine est plus important. Il a le sentiment
d'avoir été entendu et que justice a été rendue. Les deux avocats
spécialisés qui l'ont défendu lui souhaitent une existence tranquille,
du bonheur et une bonne santé, loin des tracas procéduriers...
et qu'il croie toujours en la justice.
Catherine
Meimon Nisenbaum,
Nicolas Meimon Nisenbaum,
avocats à la Cour,
juin 2011.
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