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L'article
411-1 du code de la sécurité sociale "considère
comme un accident du travail, quelle qu'en soit
la cause, l'accident survenu par le fait ou
à l'occasion du travail à toute personne salariée
ou travaillant, à quelque titre ou en quelque
lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs
ou chefs d'entreprise". Cette définition s'applique
également aux accidents de trajet survenus aux
salariés lors de leurs déplacements entre leur
domicile et leur lieu de travail. En règle générale,
la réparation d'un accident du travail est forfaitaire,
et ne couvre pas intégralement le préjudice
corporel subi par la victime.
En revanche, la faute inexcusable de l'employeur
ou de ses employés, si elle est établie, permet
à la victime d'un accident du travail d'obtenir
une majoration de rente et une indemnisation
de préjudices complémentaires. La faute intentionnelle
de l'employeur ou de ses employés, si elle est
établie par la victime, permet à celle-ci de
solliciter la réparation de l'intégralité de
son dommage. Enfin, la faute intentionnelle
de la victime exclut toute indemnisation.
Dans le cadre de l'amiante, plusieurs arrêts
ont été rendus par la Cour de Cassation, le
28 février 2002, qui a affirmé l'existence d'une
obligation de sécurité incombant à l'employeur
en vertu du contrat de travail.
La législation en matière d'accident du travail
est extrêmement complexe. Aussi nous n'en évoquerons
ci-après que quelques aspects :
- Sauf faute intentionnelle de la victime salariée,
le droit à réparation est acquis.
- La victime doit procéder à la déclaration
de l'accident à son employeur au plus tard dans
les 24 heures de sa survenance.
- Pour le règlement des indemnités journalières,
il n'existe pas de délai de carence (le jour
de l'accident doit être payé par l'employeur).
- Pour la détermination du salaire servant de
base de calcul à l'indemnité journalière, il
faut tenir compte du salaire net augmenté des
cotisations de toute nature et aussi, notamment,
des heures supplémentaires, des congés payés,
des pourboires, du 13e mois, de la prime de
bilan, etc.
- L'indemnité journalière est égale à 60 % du
salaire journalier pour les 28 premiers jours
d'incapacité. A partir du 29e jour, elle est
majorée et peut être portée à 80% du salaire
journalier de base.
- À la date de consolidation des blessures,
s'il en résulte une incapacité permanente, les
indemnités journalières sont remplacées par
une rente.
- Si le taux d'incapacité permanente est inférieur
à 10%, la victime a droit à une indemnité en
capital. Si le taux d'incapacité permanente
est égal ou supérieur à 10%, elle a droit à
une rente calculée sur son salaire annuel et
tenant compte de son taux d'incapacité.
- Pour le calcul de la rente, le taux d'incapacité
est réduit de moitié pour la partie de ce taux
inférieure à 50 % et augmenté de moitié pour
la partie excédant 50 %, soit à titre d'exemples
: taux d'I.P.P notifié à 40 % si le salaire
annuel est de 20.000€, la valeur annuelle de
la rente sera de 4.000€ (le taux est de 20 %);
taux d'I.P.P notifié à 65 % si le salaire annuel
est de 20.000€, la valeur annuelle de la rente
sera de 9.500€ (le taux est de 47,5 %).
- Le tribunal compétent pour connaître des litiges
en la matière est celui des Affaires de Sécurité
Sociale (TASS).
Il convient de souligner que la réparation d'un
accident du travail ou de trajet est en principe
forfaitaire, et que de ce fait tous les préjudices
ne sont pas réparés. La rente, notamment, ne
correspond qu'à une partie du salaire annuel
de la victime.
La loi a prévu que, en cas de faute inexcusable
de l'employeur, la victime puisse certes obtenir
une réparation complémentaire, mais que celle-ci
est partielle, à savoir d'une part une majoration
de la rente, et d'autre part une prise en compte
des préjudices complémentaires tels que les
souffrances physiques et morales endurées, le
préjudice esthétique, le préjudice d'agrément,
la perte ou la diminution des possibilités de
promotion professionnelle. Ainsi, même dans
le cadre d'une faute inexcusable de l'employeur,
la victime d'un accident du travail n'obtiendra
jamais la réparation intégrale de tous ses préjudices
corporels. Cette situation est particulièrement
grave notamment dans le cas d'un handicap lourd.
Il y aura, certes, une majoration de rente pour
tierce personne, mais elle sera bien inférieure
à la rente 24 heures sur 24 pour tierce personne
que la victime peut obtenir en droit commun.
De même, sont notamment exclus la prise en charge
du logement adapté, les aides techniques, et
le véhicule adapté.
La faute intentionnelle de l'employeur, qui
permet une réparation intégrale, est rare et
non sécurisée.
Il est indispensable de rappeler que, dans le
cadre des accidents de la circulation (loi du
5 juillet 1985), la victime retrouve son droit
à indemnisation totale, lorsqu'il s'agit d'un
accident de trajet. Elle est alors indemnisée
sur le fondement de la loi sur les accidents
de la circulation, et obtient ainsi la réparation
intégrale de ses préjudices. Bien entendu la
réparation n'est intégrale que si la victime
n'a pas engagé sa responsabilité.
Catherine
Meimon Nisenbaum, avocate au Barreau, janvier
2008.
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