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La loi du 4
mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système
de santé a modifié la mission des Commissions Régionales de Conciliation
et d'Indemnisation (C.R.C.I)
et a créé l'Office National d'Indemnisation des Victimes d'Accidents
Médicaux (ONIAM). Le champ de compétence
des C.R.C.I concerne les "actes de prévention, de diagnostic et de soins",
soit :
1. Actes médicaux : événement imprévu qui cause un dommage en rapport
avec l'acte médical mais dont la réalisation est indépendante de toute
faute médicale.
2. Infection nosocomiale : infection contractée dans un établissement
de soins ou dans un hôpital, sans rapport avec l'infection initiale.
3. Affection iatrogène : dommage corporel subi par un patient, en relation
avec la délivrance d'un traitement.
Pour être recevable devant la C.R.C.I, la victime doit établir que :
1. L'acte médical dont elle demande l'indemnisation a été réalisé à
partir du 5 septembre 2001.
2. Qu'il présente un caractère de gravité ayant entraîné un décès, ou
un taux d'incapacité permanente partielle (I.P.P) supérieur ou égal
à 25%, ou une durée d'incapacité totale de travail (I.T.T) d'au moins
6 mois consécutifs, ou de 6 mois non consécutifs sur une période de
12 mois.
Et ce à titre exceptionnel, s'il existe une inaptitude professionnelle
ou la persistance de troubles graves, y compris d'ordre économique,
dans les conditions d'existence.
La victime saisit l'une des quatre C.R.C.I existantes, en remplissant
un formulaire accompagné des pièces sollicitées, le recours à un avocat
n'étant pas obligatoire. La C.R.C.I n'est pas une juridiction et ses
décisions n'ont pas l'autorité de la chose jugée. Elle procède à une
expertise médicale et fixe la mission d'un collège d'experts ou d'un
expert (les honoraires de l'expert judiciaire ne sont pas à la charge
de la victime). L'expert dépose son rapport, l'affaire revient en audience
devant la C.R.C.I qui rend son avis sur "les circonstances, les causes,
la nature et l'étendue des dommages, ainsi que sur le régime d'indemnisation
applicable". Il convient de rappeler qu'elle doit rendre son avis dans
un délai de 6 mois à compter de la saisine. Cependant, ce délai est
actuellement de 8 mois en moyenne.
Dans les quatre mois de l'avis :
1. Si la responsabilité d'un professionnel ou d'un établissement de
santé est en cause, l'assureur doit faire une offre indemnitaire à la
victime. Si celle-ci est acceptée par la victime, une transaction intervient.
2. Si l'assureur refuse de faire une offre, c'est l'ONIAM qui fait alors
celle-ci dans les mêmes conditions que l'assureur.
3. Si la responsabilité du professionnel ou de l'établissement de santé
n'est pas engagée, les conditions de recevabilité ne sont pas remplies
et la victime peut toujours saisir le juge compétent pour connaître
de l'indemnisation de son dommage corporel.
4. S'il y a responsabilité partagée du professionnel ou de l'établissement
de santé, l'offre est effectuée en partie par l'assureur et en partie
par l'ONIAM.
5. C'est l'ONIAM qui indemnise la victime en cas d'infection nosocomiale
et d'aléa thérapeutique.
Dans tous les cas, si l'offre n'est pas acceptée par la victime, celle-ci
peut saisir le juge compétent pour connaître de son indemnisation.
L'ONIAM est un établissement public de l'Etat, à caractère administratif,
placé sous la tutelle du ministère chargé de la Santé. C'est l'ONIAM
qui assure la charge financière : il est chargé de l'indemnisation des
dommages relevant de la réparation, au titre de la solidarité nationale.
Il intervient notamment en cas de carence des assureurs. La procédure
est gratuite pour la victime, qui n'a pas à régler les frais d'expertise
judiciaire. En revanche, devant les tribunaux, la victime fait l'avance
des frais d'expertise judiciaire, qui lui seront remboursés si elle
obtient gain de cause. Cette économie est parfois relative lorsque l'on
obtient une bonne indemnisation.
Ces procédures concernent essentiellement des dommages corporels d'une
certaine importance (I.P.P supérieure ou égale à 25%). Dès lors, la
victime doit être assistée d'un médecin de recours et d'un avocat spécialisé
pour défendre ses intérêts, notamment pour ce qui relève de l'exercice
du droit ainsi que de l'évaluation et de l'indemnisation de son dommage
corporel au titre de l'I.P.P, du préjudice professionnel, de la tierce
personne et des préjudices personnels. On ne peut pas s'improviser médecin
ou avocat, et la partie adverse est, quant à elle, représentée devant
la C.R.C.I par un ou plusieurs professionnels.
Catherine Meimon Nisenbaum,
avocate au Barreau, novembre 2007.
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Catherine
Meimon Nisenbaum,
avocate au Barreau de Paris |
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