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En 1985,
année d'adoption de la loi dite Badinter sur l'indemnisation des victimes
d'accident de la circulation, la route a tué 9.217 personnes en France,
en a blessé 66.925 gravement et 203.874 légèrement. La situation évoluait
peu, malgré le renforcement des sanctions en cas d'infraction. Jusqu'à
l'installation des radars automatiques en novembre 2003 : elle a considérablement
contribué à la baisse des accidents de la route et cette année-là,
la France est passée sous la barre historique des 6. 000 personnes
tuées (7.720 en 2001, 7.242 en 2002, 5.731 en 2003, 5.443 en 2004).
Depuis lors, cette baisse s'est sans cesse confirmée. Pour l'année
2004, l'observatoire national interministériel de sécurité routière
a relevé pour les accidents mortels le nombre de 5.443 tués, pour
les blessés hospitalisés celui de 39.800 et pour les blessés légers
celui de 68.265.
Le 1er janvier 2005, le critère de comptabilisation du nombre des
personnes tuées a été modifié : sont retenus les décès constatés dans
les 30 jours, au lieu de six jours antérieurement. Ainsi pour l'année
2005, avec ce nouveau mode de décompte, on enregistre une baisse significative
du nombre des tués (5.318 décès dans les trente jours, et non plus
dans les six jours), et également une baisse des accidents mortels
causés par l'alcool qui passent de 30,9 % à 28,1 %. Il convient d'indiquer
qu'en décembre 1983, le taux d'alcoolémie avait été porté à 0,8 g
par litre de sang, et qu'il a été ramené en septembre 2005 à 0,5 g/l.
La même année, le nombre de personnes tuées par la route (par million
d'habitants) dans les pays européens s'établissait comme suit :
Pays-Bas 46, Suède 49, Royaume-Uni 55, Suisse 55, Danemark 61, Allemagne
65, Finlande 72, Hongrie 83, France métropolitaine 87, Espagne 88,
Autriche 93, Luxembourg 100, Belgique 104, Portugal 104, République
tchèque 125, Hongrie 127, Pologne 143, Grèce 144.
En France en 2006, 4.703 personnes ont trouvé la mort dans un accident
de la circulation, soit une moyenne de 13 personnes par jour (la France
compte 40 % de plus de personnes tuées que la Suède ou la Grande-Bretagne),
auxquelles s'ajoutent 102 291 personnes blessées, soit une moyenne
de 280 jour, avec un nombre proche de 3.000 personnes lourdement handicapées.
Il est à noter, en février 2007, une hausse importante de 4,5 % du
nombre des victimes de la route par rapport à février 2006 (277 personnes
sont mortes dans les 30 jours qui ont suivi leur accident), tandis
qu'en mars 2007, on enregistrait à nouveau une légère baisse du nombre
des personnes tuées dans les mêmes circonstances.
Un arrêté du 27 mars 2007 vient de modifier les conditions d'élaboration
des statistiques relatives aux accidents corporels de la circulation.
Il distingue en particulier les différentes catégories de personnes
blessées, considérant comme "blessés hospitalisés" les "victimes admises
comme patients dans un hôpital plus de 24 heures", et comme "blessés
légers" les "victimes ayant fait l'objet de soins médicaux mais n'ayant
pas été admises comme patients à l'hôpital plus de 24 heures".
En 2005, les adolescents de 14 à 17 ans représentaient 52 % des cyclomotoristes
tués, et leur comportement a souvent constitué un facteur aggravant
dans le cas de mort, puisqu'il a été établi que dans 42 % des cas,
ils ne portaient pas de casque; dans 24 % des cas, ils avaient commis
une infraction lourde; dans 22 % des cas, ils effectuaient une manœuvre
dangereuse; dans 19 % des cas, ils conduisaient en état d'ébriété.
Les jeunes de 18 à 24 ans font aussi partie des catégories à risques,
puisqu'ils représentaient en 2005 plus de 23 % des tués (1.222) et
22 % des blessés (24.163) alors qu'ils ne constituent qu'environ 10
% de la population. Ce sont les périodes de fin de semaine qui sont,
pour ces jeunes, des jours à haut risque.
Il convient de rappeler inlassablement les consignes afférentes à
la sécurité routière : bien s'informer avant de prendre la route sur
l'état et les conditions du trafic; attacher la ceinture de sécurité
de tous les passagers, à l'avant comme à l'arrière; respecter les
limitations de vitesse, les distances de sécurité entre les véhicules
et les adapter à la densité du trafic et aux conditions de circulation;
faire des pauses régulières et prendre le volant reposé; prévoir de
l'eau durant les périodes de température élevée.
S'il est certain que, grâce à la loi Badinter et à la jurisprudence
qui en a découlé, les tribunaux appliquent la réparation intégrale
du préjudice corporel de la victime, encore faut-il que le conducteur
n'ait pas commis de faute, pour pouvoir bénéficier de ces dispositions.
Les accidents de la circulation, qui touchent essentiellement les
jeunes, font des ravages. Bien qu'ils soient heureusement en nette
régression (mais en hausse depuis le début de l'année 2007), je constate,
hélas, dans les dossiers dont j'ai la charge, des situations dramatiques
auxquelles sont confrontés mes clients gravement accidentés, parce
qu'il n'est pas fait suffisamment état des blessés graves. Il est
un impératif absolu : tout mettre en oeuvre (et que chacun pour ce
qui le concerne, s'y attache) pour que se confirme et se poursuive
la diminution du nombre des accidents de la route.
Catherine Meimon
Nisembaum, avocate au Barreau, juin 2007.
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Catherine
Meimon Nisembaum,
avocate au Barreau de Paris |
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