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L'incidence
professionnelle dans le cadre de la réparation du préjudice corporel
fait partie du préjudice soumis au recours de la Caisse de Sécurité
Sociale, qui s'apprécie au moment de la consolidation et peut regrouper
plusieurs situations, notamment : gêne ou fatigabilité dans l'exercice
de son ancien métier, adaptation de son ancien poste de travail, impossibilité
de reprendre son ancien emploi, impossibilité totale de travailler.
L'incidence professionnelle dans le cadre de la réparation d'un dommage
corporel (accident de la circulation, du travail, domestique, sportif,
infraction, médical, etc.) sera prise en compte dans le dommage qui
sera considéré. Cette indemnisation est donc une compensation financière
qui doit réparer l'entier dommage subi par la victime.
Dans le cadre de l'expertise médicale, c'est le médecin qui donnera
son avis sur l'incidence professionnelle, mais c'est le Tribunal qui
appréciera ce chef de préjudice. Il faut également rappeler que le
Tribunal n'est jamais lié par l'avis de l'expert judiciaire, qui est
généralement suivi. L'expertise médicale n'est pas davantage liée
par l'avis du médecin du travail. Toutefois, les décisions de reclassement
professionnel prises par la COTOREP sont souvent retenues. Il est
donc essentiel, là encore, d'être assisté par un médecin- conseil
et par un avocat lors de l'expertise médicale, pour évaluer le préjudice
professionnel.
Il est important de présenter un dossier complet de la situation professionnelle
de la victime, ce qui permettra ainsi d'apprécier parfaitement son
dommage, en tenant compte de son parcours scolaire, universitaire
et professionnel, de son parcours professionnel de ses promotions
et de son évolution professionnelle prévisible. Parfois les victimes
sont au chômage ou en arrêt maladie au moment de l'accident, mais
cela n'entraîne pas automatiquement l'exclusion d'une indemnisation
au titre du préjudice professionnel, cela dépend des cas d'espèces
et de l'incapacité de reprendre le travail indépendamment de l'accident.
Les Tribunaux retiennent l'existence d'une incidence professionnelle
en raison de gênes imputables aux lésions de l'accident, ou à une
obligation de reconversion dans un secteur d'activité difficile en
raison du marché de l'emploi et de la formation de la victime. Il
faut également tenir compte de la fatigabilité, qui peut provoquer
un accident et qui aura des répercussions importantes sur la vie professionnelle.
Le préjudice professionnel des enfants pose des difficultés d'appréciation
car ils ne sont pas encore rentrés dans le monde du travail; il n'existe
donc pas de référence. De ce fait, des indemnités forfaitaires sont
allouées par les Tribunaux aux enfants, aux collégiens, aux universitaires
qui ont perdu du fait de l'accident, une ou plusieurs années de scolarité;
mais pour les enfants gravement handicapés, les Tribunaux évaluent
en général ce chef de préjudice sur la base du SMIC, ce qui est très
contestable car on pénalise ces enfants qui sont des victimes et pour
lesquels, dans le doute, est pronostiqué abusivement un avenir des
plus modestes.
Ce préjudice est en général alloué, sous forme de capital, calculé
sur un taux de rente établi par différentes tables dites "de mortalité",
en fonction de l'âge et du taux d'incapacité au jour de la consolidation.
Certaines juridictions retiennent le barème TD 88/90 Trésor Public
qui est nettement plus avantageux que l'application du décret du 8
août 1986. Il faut donc connaître ses droits et les défendre car un
accident corporel qui entraîne une incidence professionnelle peut
créer un dommage susceptible de compromettre l'avenir.
Catherine Meimon
Nisembaum, avocate au Barreau, mars 2005.
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Catherine
Meimon Nisembaum,
avocate au Barreau de Paris |
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