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La
criminalité n'a cessé d'augmenter ces dix dernières années.
Les statistiques du Ministère de l'Intérieur, "Crimes et délits
constatés en France en 2002 par les services de Polices et de
Gendarmeries", en attestent par les chiffres ci-dessous :
Crimes
et délits contre les personnes :
1993 : 152.764;
1998 : 220.948;
2002 : 303.755. |
A titre
d'exemple, les homicides volontaires sont passés de 953 en 1999
à 1.322 en 2002; les coups et blessures volontaires sont passés
de 95.235 en 1999 à 125.371 en 2002; les infractions contre
la famille et l'enfant de 39.450 en 1999 à 47.926 en 2002.
Ainsi, après différents textes, la loi du 6 juillet 1990 retient
le principe d'une réparation intégrale des atteintes corporelles
relativement graves résultant d'un fait matériel d'une infraction.
Ces atteintes sont prises en charge par le Fonds de Garantie
qui procède au règlement des indemnisations allouées par la
Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI).
La CIVI, qui est une juridiction autonome, est donc essentielle
puisqu'elle permet souvent le règlement de dommages corporels
qui n'auraient pu l'être autrement. En effet, les auteurs d'infractions
condamnés devant les juridictions pénales sont souvent insolvables
et ne peuvent donc indemniser les victimes d'un dommage corporel
grave.
Pour saisir cette Commission, lorsque les faits ont été commis
sur le territoire national, la victime doit être soit de nationalité
française, soit ressortissante d'un Etat membre de la communauté
économique européenne, soit sous réserve des traités et accords
internationaux, en séjour régulier sur le territoire national
au jour des faits ou de la demande d'indemnisation. Pour les
faits commis hors du territoire national, seules les victimes
de nationalité française peuvent saisir la CIVI. Les ayants
droit peuvent également saisir la CIVI.
La loi, dans le cadre de la CIVI, préise que "toute personne
ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non
qui présentent le caractère matériel d'une infraction peut obtenir
la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes
à la personne". Néanmoins, la loi ne répare que les dommages
corporels d'une certaine gravité, à savoir :
- Ceux qui ont entraîné la mort, ou une incapacité permanente
(I.P.P), ou une incapacité totale de travail (I.T.T) supérieure
ou égale à un mois.
- Les délits qui constituent des agressions sexuelles, notamment,
l'attentat à la pudeur, le viol.
La présence d'un avocat n'est pas obligatoire devant la CIVI;
cependant, il est préférable d'y recourir dès lors que la réparation
du dommage corporel présente une difficulté, ou qu'il est d'une
certaine importance. Le Fonds de Garantie est partie au procès
: il dépose des conclusions, il peut discuter de la faute de
la victime susceptible d'entraîner une réparation partielle
ou d'exclure celle-ci. En effet, l'article 706-3 du Code de
Procédure Pénale prévoit expressément que "la réparation peut
être refusée ou son montant réduit à raison de la faute de la
victime".
Le Fonds de Garantie discute également tous les postes de réparation,
notamment : I.T.T - I.P.P, préjudice professionnel, tierce personne,
frais d'appareillages, logement adapté, véhicule adapté, pretium
doloris, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, préjudice
sexuel, etc., et il faut répondre utilement à ses conclusions.
La CIVI, après avoir entendu les parties (victime et Fonds de
Garantie) puis pris connaissance des conclusions et des dossiers
de plaidoirie, rend un jugement susceptible d'appel devant la
Cour d'Appel.
Cependant, il faut être vigilant, car il existe un délai de
forclusion : la demande en indemnisation doit être présentée
dans un délai de trois ans à compter de la date de l'infraction.
Dans le cadre d'une poursuite pénale, le délai est prorogé d'un
an après la décision de la juridiction qui a statué définitivement
sur l'action publique ou sur l'action civile. La CIVI peut,
cependant, prononcer le relevé de forclusion en faveur de la
victime si celle-ci en a fait la demande.
Cette juridiction est, rappelons-le, autonome; elle permet donc
une indemnisation intégrale aux victimes d'un dommage corporel
résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère
matériel d'une infraction, à condition toutefois de bien connaître
ses règles de fonctionnement.
Catherine Meimon
Nisenbaum, avocate au Barreau, février 2005.
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