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La victime
d'un accident de la route, du travail, domestique, sportif, médical,
etc., est en droit d'obtenir l'indemnisation de cette aide humaine.
Dans la majorité des cas, c'est une compagnie d'assurances ou le fonds
de garantie qui effectue ce paiement, soit après accord amiable, soit
dans le cadre d'un procès.
Ce poste de préjudice est essentiel pour la réparation du dommage
corporel grave, car le besoin en tierce personne est dans ce domaine
plus présent, notamment pour les paraplégiques, les traumatisés crâniens
et les amputés.
La circulaire du Ministère des affaires sociales du 5 juin 1983 définit
la tierce personne dans les actes de la vie courante à savoir : Autonomie
- Alimentation - Procéder à des besoins naturels.
Depuis 1997, la jurisprudence de la Cour de Cassation a jugé que les
membres de la famille pouvaient être rémunérés au titre de la tierce
personne. Ainsi, la prestation pour tierce personne ne peut être réduite
en cas d'assistance d'un membre de la famille (Cass. 2 CIV 19/06/2003).
Que de même, il n'est nullement besoin de rapporter la preuve du paiement,
ni de la tierce personne, ni des charges sociales y afférentes pour
obtenir le règlement de la prestation (Cass. 2.CIV-14/11/2002).
La prestation tierce personne s'apprécie au jour de la consolidation,
néanmoins, elle peut être allouée pour la période antérieure. Il est
fréquent cependant que la personne handicapée retourne vivre partiellement
ou totalement à son domicile ou dans un Centre d'hébergement avant
la date de consolidation. Dans ce cas, on peut obtenir une provision
à valoir sur le préjudice total devant le Juge des référés ou devant
le Tribunal.
Il est primordial de bien définir les besoins en aide humaine par
rapport au handicap, de savoir les exposer, les argumenter lors du
débat contradictoire pour faire valoir les droits de la victime. C'est
la raison pour laquelle, l'assistance d'un médecin-conseil au côté
de cette dernière est nécessaire.
Dans le cadre d'un procès, c'est l'expert judiciaire désigné par le
Tribunal qui donnera son avis sur les besoins en aide humaine : le
nombre d'heures et les qualifications requises, actives, passives,
médicalisées, non médicalisées, de nursing, de surveillance, d'aide
ménagère, etc.
Le nombre d'heures de tierce personne est très variable soit : 1 heure
à 24 heures - sept jours sur sept. Le prix horaire est lui aussi variable
puisque les Tribunaux ont un pouvoir souverain d'appréciation : il
peut être compris dans une fourchette de 8 à 13 euros de l'heure en
moyenne, le taux horaire sera différent selon la qualification de
l'aide.
Le nombre d'heures journalier retenu par l'expert permet de déterminer
la dépense annuelle d'une telle aide, ce montant annuel est ensuite
capitalisé sur un taux de rente établi par différentes tables dites
"de mortalité", en fonction de l'age et du taux d'incapacité
au jour de la consolidation. Certaines juridictions retiennent actuellement
le barème TD 88/90 Trésor Public qui est nettement plus avantageux
que l'application du décret du 8 août 1986 (de l'ordre de 50%).
Ce barème TD 88/90 Trésor public est fondé sur une table de mortalité
plus récente (celle homologuée en 1993) et sur un taux d'intérêt de
3,01 %; c'est pourquoi la 17ème Chambre de la Cour d'appel de Paris
dans un arrêt rendu le 28 octobre 2002 l'a appliqué pour la réparation
du préjudice corporel : "...C'est à tort que le Tribunal a indemnisé
ce poste de préjudice au moyen du barème issu du décret du 8 août
1986 et non de celui qui ressort du barème TD 88/90 utilisé non seulement
par le Trésor Public mais aussi par les assureurs eux-mêmes..."
Il est donc important, lorsque l'on saisit une Juridiction pour solliciter
l'indemnisation du préjudice corporel d'une victime, de bien choisir,
dans la mesure du possible et dans le respect des règles du Code de
procédure Civile, celle dont la jurisprudence est la plus favorable
à la victime.
La Cour de Cassation a jugé que la réparation du préjudice corporel
doit être intégrale, il convient donc d'indemniser largement la tierce
personne afin de permettre à la personne handicapée de bénéficier
d'une autonomie, d'une qualité de vie et d'assurer sa sécurité pour
se rapprocher le plus possible de l'état physique et moral dans lesquels
elle se trouvait avant l'accident.
Catherine Meimon
Nisembaum, avocate au Barreau, octobre 2004.
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Catherine
Meimon Nisembaum,
avocate au Barreau de Paris |
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