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Le handicap
n'est pas en soi un motif de rejet de l'attribution de la garde d'un
enfant. Le statut de parent ne dépend pas de l'évolution de la
vie du couple ni de celle de l'état de santé de chacun. En effet,
la disparition du couple conjugal ne doit pas avoir pour effet d'entraîner
une disparition du couple parental.
Cependant, l'attribution de la garde des enfants à un parent handicapé
peut être refusée par le magistrat compte tenu du degré et de la nature
de son handicap, qu'il soit physique ou mental. La décision du Juge
aux Affaires Familiales sera, dans tous les cas, guidée par le seul
intérêt de l'enfant.
Conditions générales d'exercice de l'autorité
parentale.
L'autorité parentale est l'ensemble des droits et des devoirs
des parents à l'égard de leurs enfants mineurs dans le but de les
élever et de les protéger physiquement et moralement. Cette autorité
implique à la fois un droit et un devoir de garde, de surveillance
et d'éducation en vue de protéger l'enfant dans sa sécurité, sa santé
et sa moralité.
En cas de divorce, l'exercice en commun de l'autorité parentale
est maintenu. Toutefois, le juge peut la confier à l'un des deux
parents s'il estime que c'est dans l'intérêt de l'enfant. En l'absence
d'accord amiable entre les époux, le juge désigne le parent chez lequel
les enfants mineurs auront leur résidence habituelle et se prononce
sur le droit de visite et d'hébergement dont bénéficiera l'autre parent.
Celui qui n'a plus l'autorité parentale conserve un droit de surveillance
sur l'entretien et l'éducation de l'enfant et doit être informé des
choix importants relatifs à la vie de ce dernier. Seul un motif grave
pourra justifier du refus de lui accorder un droit de visite et d'hébergement.
Cependant, un projet de réforme, en date du 27 février 2001, donnerait
un fondement juridique à la garde alternée, qui n'est pour l'instant
qu'une tolérance judiciaire. Ce projet sera examiné par le Parlement
lors de la session de l'automne 2001. Aujourd'hui, la garde alternée
n'est possible que si les parents sont totalement d'accord sur son
principe. Si l'un des parents refuse cette garde, il aura gain de
cause devant les tribunaux. Lorsque la garde alternée échoue, l'un
des parents saisit le Juge aux Affaires Familiales et demande à ce
que la résidence soit fixée chez l'un des parents, l'autre ayant seulement
un droit de visite et d'hébergement.
En cas de divorce, le handicap est-il de nature à empêcher un parent
d'exercer l'autorité parentale, notamment le droit de garde, dont
il était titulaire jusque là ? Il s'agit ici de savoir si le fait
qu'un parent soit handicapé porte atteinte à l'intérêt de l'enfant.
Conditions spécifiques d'attribution de la
garde à un parent handicapé.
Les magistrats n'accorderont la garde d'un enfant à une
personne handicapée que s'ils sont certains que cet enfant bénéficiera
de tous les soins et de la sécurité qu'on est en droit d'exiger d'un
parent. En ce qui concerne les personnes handicapées mentales, l'article
373-1 du Code civil dispose que si le père ou la mère est hors d'état
de manifester sa volonté, en raison notamment de son incapacité, l'exercice
de l'autorité parentale sera dévolu "en entier" à l'autre.
Par contre, un handicapé physique pourra, à sa demande, se voir accorder
le droit de garde de ses enfants s'il est établi par les enquêtes
sociales et/ ou les examens médico- psychologiques (non utilisables
dans les débats sur le divorce) qu'il est apte à assumer l'éducation
de ses enfants et à préserver leur sécurité, santé et moralité. Le
seul fait qu'une personne ait des capacités motrices ou sensorielles
réduites n'est pas de nature à l'exclure de l'éducation de ses enfants.
Toutefois, le juge sera tenté de choisir l'autre parent pour assurer
le droit de garde. C'est pourquoi il est important que le parent handicapé
réunisse tous les éléments susceptibles de prouver son aptitude à
assurer son autorité parentale. Dans le cas des enfants en bas âge,
les difficultés physiques et matérielles pour s'occuper d'un enfant
peuvent être surmontées par le recours à une assistante maternelle
agréée et, de façon plus générale, grâce à l'emploi de personnes à
domicile. Ces assistantes permettent à la personne handicapée d'avoir
une aide pour laver, habiller et nourrir les enfants. Toutefois, pour
prétendre à l'aide à la famille pour l'emploi d'une assistante maternelle
agréée, il faut que :
- l'enfant soit âgé de moins de 6 ans;
- l'assistante maternelle qui le garde soit agréée par les services
du Conseil Général;
- le salaire brut versé à l'assistante n'excéde pas, hors frais d'entretien,
5 fois le SMIC par jour et par enfant, soit 32,03 euros (210,10 francs).
Les magistrats, face à une demande de garde unilatérale ou conjointe
de l'enfant, vont dans un premier temps demander une enquête médico-
sociale afin d'évaluer le plus objectivement possible la nature du
handicap (sensorielle, motrice...) et son intensité. Si l'un des
parents n'est pas satisfait par les résultats de cette enquête, il
peut demander que soit réalisée une contre enquête.
Il est évident qu'un léger handicap physique laissant à la personne
encore une large autonomie ne représentera pas le même obstacle qu'un
handicap entraînant une mobilité largement réduite. Un handicap physique
ne compromet pas l'exercice en commun de l'autorité parentale, cependant
il est un facteur qu'il est nécessaire de prendre en compte lors de
la détermination de la résidence habituelle de l'enfant. Les parents
peuvent la déterminer d'un commun accord. Cependant, en cas de conflit,
c'est le juge qui tranchera. Le juge aux affaires familiales dispose
de plusieurs solutions :
- la garde conjointe avec la résidence alternée, ce qui permet aux
enfants de conserver un lien quotidien avec chacun de ses parents;
- la garde unilatérale avec un droit de visite et d'hébergement pour
le parent handicapé.
Le droit de visite ne peut être refusé que dans l'intérêt de l'enfant.
En outre, une personne ne peut être déchue de son droit de visite
et d'hébergement que pour motif grave (fragilité mentale). Le droit
de visite peut se dérouler chez un tiers ou dans un milieu protégé
si l'état physique ou psychologique de la personne l'impose. Cette
formule permet à l'enfant de conserver des relations avec son autre
parent. Pour statuer, le juge prendra en compte :
- les aptitudes physiques et psychologiques de chacun des deux parents;
- les qualités éducatives de chacun des deux parents;
- l'intérêt de l'enfant.
Il est important de noter qu'aucune décision concernant l'autorité
parentale n'est irrévocable. En justifiant de circonstances nouvelles,
les parents peuvent demander au Juge aux Affaires Familiales la restitution
de tout ou partie de l'autorité parentale.
Maître Jean Charles
Scotti, SCP Carlini et Associés, octobre 2001
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