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Les élus locaux sont
placés au coeur des problèmes liés à l'accessibilité, à la
citoyenneté, à l'aide sociale et à la gestion des allocations
compensatrices. Nous avons demandé aux six grandes formations
politiques représentées par un groupe à l'Assemblée Nationale
d'exposer leur programme sur ces thèmes, à quelques jours
des élections locales. Ont répondu à nos questions, de gauche
à droite :
Pour le Parti Communiste Français (PC),
Liliane Ganille, responsable de la commission handicaps. Pour
le Parti Socialiste (PS),
Vincent Assante, membre du bureau national. Pour les Verts,
Guy Marimot et Emmanuel Moreau, président et secrétaire de
la commission handicaps. Pour l'Union pour la Démocratie
Française (UDF), Jean-
François Chossy, député de la Loire, responsable de la commission
handicaps. Pour le Rassemblement Pour la République
(RPR), Philippe Langénieux-
Villard, délégué national aux personnes handicapées et dépendance.


Question : La loi de 1991 définit notamment
l'accessibilité des services publics, des installations
de loisirs ou sportives et des lieux culturels : est- elle
bien appliquée sur le terrain ? Quel rôle les municipalités
et départements peuvent- ils jouer pour une meilleure prise
en compte des besoins ?
PC : La loi n'est
pas bien appliquée. Les collectivités territoriales et les
services publics ne la respectent pas car on raisonne en
terme de coût et non de prospective. En effet, lorsqu'on
rend accessibles les lieux publics et les transports aux
personnes handicapées, on pense bien souvent que cela ne
concerne qu'une minorité de personnes alors que cela concerne
en fait toute la population : une pente pour l'accessibilité
des fauteuils roulants, par exemple, aide aussi les personnes
âgées, les poussettes, et bien d'autres personnes. Lorsqu'on
adapte les transports en commun, cela s'adresse aussi à
toute une catégorie de personnes qui ne sont pas forcément
déclarées handicapées. Les municipalités, les collectivités
territoriales ont un rôle important à jouer dans ce domaine.
PS : La loi est bonne
à ceci près que les établissements de cinquième catégorie,
tels les commerces, n'y sont pas prévus et cela doit être
modifié. Une récente enquête du Ministère du Logement montre
que 40% des contrôles effectués sur 7 à 8% des constructions
relèvent des problèmes relatifs à l'accessibilité. Cette
question est perçue comme ne touchant qu'une minorité de
personnes. Il faut repenser le problème sous un autre angle,
celui de la qualité de la vie pour tous, pour des personnes
valides qui peuvent devenir handicapées à un moment donné,
qui peuvent être chargées telles les mères avec leurs landaus,
des personnes qui vont nécessairement, au fur et à mesure
qu'elles avancent en âge, devenir dépendantes, et la prise
en charge de cette dépendance nécessitera un soutien à domicile.
Si l'on veut avoir une cohérence il faudra donc que la ville
soit parfaitement accessible parce qu'on imagine mal un
soutien à domicile si les immeubles, les appartements dans
lesquels vivent ces personnes valides mais qui vont devenir
dépendantes ne sont pas accessibles.
Les Verts : Les commissions
d'accessibilité fonctionnent assez bien en amont mais le
problème est en aval, au niveau des contrôles et des autorisations
d'ouverture des lieux recevant du public. Il y a trop de
laxisme. Si de temps en temps les commissions tapaient du
poing sur la table et refusaient l'ouverture de certains
établissements, il n'y aurait pas besoin de faire beaucoup
d'exemples, les autres établissements comprendraient vite
! Il faut plus de rigueur au niveau du contrôle de l'achèvement
des travaux. Les élus ont bien sûr un rôle à jouer en pilotant
ces commissions et en leur demandant une plus grande rigueur.
On parle ici des commissions municipales; les commissions
départementales échappent au contrôle des élus locaux, ce
qui n'empêche pas le préfet de donner des instructions.
Concernant la législation qui s'applique aux personnes handicapées,
il nous semble que les textes ne sont pas trop mauvais et
que c'est surtout leur application qui pèche.
UDF : Une enquête nationale,
"La prise en compte du handicap", réalisée en 2000 par le
groupe UDF à l'Assemblée Nationale révèle que 57 % des répondants
sont mécontents du manque d'équipements adaptés. L'accès
aux loisirs, aux sports et à la culture reste assez difficile
pour les personnes handicapées. Le nombre de places est
insuffisant, des problèmes d'accessibilité et un manque
d'ouverture d'esprit représentent des freins à cette forme
d'intégration. Comme de nombreuses familles, associations
et accompagnants, nous attendons avec intérêt la loi d'orientation
sur l'intégration annoncée par Dominique Gillot pour le
printemps prochain. Cette loi doit permettre de mieux prendre
en compte les difficultés réelles des personnes handicapées
dans leur vie quotidienne. Difficultés liées à l'accessibilité,
à l'adaptation du logement, à l'intégration scolaire et
à tout ce qui ne figure pas dans la loi de modernisation
sociale et médico- sociale qui a été votée début février
2001. Le groupe UDF compte user largement de son droit d'amendement
pour rendre utile, concret et réaliste le texte du gouvernement.
RPR : Notre parti préconise
en premier lieu la mise en place de commissions locales
d'évaluation, permettant enfin aux élus de disposer d'informations
fiables sur la nature des handicaps que rencontrent et vivent
les populations. Il est en effet surprenant qu'un maire
ait à sa disposition des éléments d'information réguliers
au sujet du handicap social (statistiques ANPE, RMI...)
et aucun moyen officiel sérieux de connaître la situation
réelle et les besoins potentiels des personnes handicapées.
En outre nous préconisons la généralisation des équipements
accessibles, grâce à laquelle disparaîtront progressivement
les équipements spécifiques pour personnes handicapées.
A titre d'exemple, nous suggérons que les cabines téléphoniques
soient toues conçues pour être utilisées quel que soit (ou
non) le handicap, et que les rampes d'accès aux bâtiments
soient systématiquement considérées comme principales, l'escalier
devenant un moyen d'accès secondaire.
Question : Pensez-vous nécessaire de rendre accessible
les transports en commun urbains et interurbains et d'améliorer
la prise en charge du coût des transports adaptés?
PC : En ce qui concerne
la prise en compte du coût des transports adaptés, il faut
qu'il y ait une harmonisation des prises en charge entre
les collectivités territoriales. Il n'est pas normal que
l'on soit obligé de changer de véhicule aux frontières des
départements, des municipalités, tout cela parce que les
collectivités territoriales n'ont pas toutes la même prise
en charge. Cela doit cesser, nous sommes dans un pays de
droit et d'égalité.
PS : Les transports
sont un élément fort des régions, lesquelles viennent souvent
en appui financier aux collectivités. Nous sommes intervenus
pour que la question de l'accessibilité soit intégrée dans
les contrats État- Région mais certaines régions l'avaient
fait depuis longtemps, tels le Nord, le Centre ou l'Aquitaine.
Les personnes handicapées, étant des citoyens, ne doivent
pas payer plus cher. Il est souhaitable que tous les transports
soient accessibles. Mais si les personnes handicapées disposaient
de davantage de fauteuils roulants électriques lorsqu'elles
ne peuvent pas véritablement se mouvoir et si ces fauteuils
étaient plus abordables d'un point de vue financier et mieux
pris en compte, une personne pourrait sortir de chez elle
et aller prendre le transport en commun comme tout un chacun.
C'est par rapport à la grande masse des usagers qu'il faut
rendre les transports en commun accessibles. L'idée selon
laquelle il faut que tout soit accessible n'est pas encore
complètement prise en compte; c'est tout le combat que mène
le PS, y compris parmi ses propres candidats.
Les Verts : Les transports
spécifiques sont souvent organisés par le GIHP ou par les
commissions communales d'action sociale. Pour nous, les
tarifs qui sont pratiqués aujourd'hui devraient être alignés
sur ceux des transports en commun normaux. Nous pensons
que ces transports devraient être gérés par des sociétés
d'économie mixte. En ce qui concerne l'accessibilité des
transports, je crois qu'il ne faut pas voir le problème
en fonction de la rentabilité concernant les personnes handicapées.
Une ligne de bus rendue accessible à tous les handicaps
et prioritaire aux feux - donc plus rapide commercialement
- attire une clientèle de personnes valides. Le problème
ne se pose donc pas uniquement en terme d'investissement
pour les personnes handicapées. Le bus peut ainsi aider
à réduire la circulation de la voiture en ville.
UDF : On constate une
forte demande pour ce qui est de l'accessibilité aux transports
en commun et dans les transports aériens. Beaucoup se plaignent
du retard pris par la France dans ce domaine sur ses voisins
européens, notamment la Grande- Bretagne. L'absence totale
de civisme, et en particulier le non- respect des places
de stationnement réservées, est un phénomène aggravant.
La politique de transport en direction des personnes handicapées,
et notamment la prise en charge du financement de l'adaptation
des véhicules, incombe aux conseils régionaux. Les contrats
de plan État- Région doivent prévoir un financement pour
l'amélioration de l'accessibilité des réseaux de transport.
La programmation des investissements en la matière doit
absolument prendre davantage en compte une adaptation progressive
des transports qui doit conduire à une amélioration de l'accessibilité
et par là à une meilleure intégration des personnes handicapées
dans notre société.
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Question
: Comment stimuler la participation des personnes
handicapées à l'activité politique de terrain, faciliter
l'exercice de leur devoir électoral, les amener à
prendre leur place dans les instances locales ? Quel
regard portez- vous sur la tentative de constitution
d'un parti politique des personnes handicapées?
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PC :
Lorsque la société ne prend pas en compte leurs besoins
et les rejette, comment dans ces conditions voulez- vous
que les personnes handicapées aient envie de remplir leur
rôle de citoyen ? Nous pensons qu'il est important que les
personnes handicapées soient présentes dans les collectivités
territoriales en tant qu'élus. Il y a des avancées, mais
il reste encore beaucoup de travail. Il y a aussi la méconnaissance
des problèmes des personnes handicapées par les élus, les
personnes valides. C'est pour cela que nous avons travaillé
à la commission Handicaps du PCF sur une charte pour l'intégration
des personnes handicapées, dans le cadre des futures élections.
A ce jour, nous avons des retours intéressant puisque beaucoup
de nos candidats ont pris en compte cette charte dans leur
projet politique.
PS : Cette question
a été posée lors de notre Congrès de Grenoble. Le premier
secrétaire François Hollande a souhaité que les listes intègrent
des personnes handicapées compétentes, reconnues dans leur
ville. Il faut faire de la place aux jeunes issus de l'immigration,
penser aux retraités, aux femmes, mais aussi aux personnes
handicapées. Personnellement je suis assez ennemi des quotas
: les personnes handicapées veulent être considérées avant
tout comme des personnes même si c'est souvent le handicap
qui est perçu en premier par les personnes valides. A Bordeaux,
la liste comprend en 7e position - éligible - une personne
handicapée physique, militante associative de longue date.
Je comprends bien l'impatience de beaucoup de personnes
handicapées qui se disent : "j'entends le même discours
depuis 25 ans, il y a des gens bien partout, donc on va
créer un mouvement d'opinion, on va dire quelque chose".
Je suis moins d'accord quand elles disent "peu importe ceux
qui nous accueillent" parce que je ne crois pas que l'on
puisse faire abstraction des visions générales des différents
partis politiques. C'est en ce sens que, même personnellement
handicapé, je suis d'abord un militant socialiste avant
d'être un militant de la cause du handicap.
Les Verts : La présence
d'un fauteuil roulant à un conseil municipal est quelque
chose d'extrêmement positif qui interpelle des conseillers
qui, en général, n'appréhendent pas du tout le problème,
quelle que soit leur orientation politique. Il est donc
souhaitable qu'il y ait dans chaque conseil municipal une
personne en situation de handicap, ne serait- ce que pour
interpeller et faire prendre conscience des problèmes aux
autres conseillers. En matière d'accessibilité des bureaux
de vote, je ne suis pas du tout satisfait de l'absence de
prise de conscience du Gouvernement. J'ai d'ailleurs écrit
sur ce point au Ministre de l'Intérieur qui m'a répondu
d'une manière un peu mécanique en disant que les personnes
handicapées ont la possibilité de se faire représenter par
procuration. Encore faut- il que les commissariats - habilités
à délivrer ces procurations - soient eux- mêmes accessibles...
La tentative de créer un parti des personnes handicapées
est intéressante si elle vise à placer des personnes handicapées
sur les différentes listes. Par contre je ne crois pas du
tout, que ce soit pour les personnes handicapées, les Pieds
Noirs, etc., à des partis politiques représentant une catégorie
sociale bien déterminée. Mais d'accord pour un groupe de
pression.
UDF : Je pense que toute
personne handicapée, étant un citoyen à part entière, a
le droit de faire valoir ses opinions et se présenter devant
les suffrages de ses concitoyens si elle le souhaite. J'approuve
la démarche du Collectif des Démocrates Handicapés qui présente
des candidats aux élections dans de nombreuses villes. Si
ça permet de faire bouger les choses et contribue à faire
changer le regard que l'on porte sur les personnes handicapées
dans notre société ce sera déjà une chose positive. Enfin,
et surtout, cette démarche doit pouvoir faire bouger les
consciences et permettre de prendre en compte tous les obstacles
à l'intégration des personnes handicapées. Le monde associatif,
avec lequel nous avons beaucoup travaillé sur la réforme
de la loi de 1975, est un formidable moyen d'expression
pour les familles et les personnes handicapées : en se substituant
à l'État et en tentant de combler ses carences, il contribue
à faire avancer les choses. Par sa force de conviction,
de proposition et sa capacité de mobilisation, il peut aussi
contribuer à faire une place aux handicapés dans les instances
locales.
RPR : La Commune offre
un potentiel d'emplois de proximité qui peuvent parfaitement
être adaptés dans une proportion convenable à des personnes
handicapées. Il faut proposer à des personnes handicapées
de s'investir dans la vie municipale, en y prenant si possible
des responsabilités non limitées au seul secteur... des
personnes handicapées. Le RPR estime que la meilleure manière
d'estomper les différences vécues consiste à ne pas limiter
l'action élective des personnes handicapées à leur insertion
dans la cité. Elles peuvent et doivent jouer un rôle plus
important encore, comme n'importe quel autre élu. La création
d'un parti des personnes handicapées est une fausse bonne
idée. Si nous estimons nécessaire et souhaitable que les
personnes handicapées prennent parti dans la vie publique,
nous pensons que la bataille légitime pour l'intégration
ne peut réussir pleinement à travers une démarche qui les
distinguerait dans un parti politique spécifique.
Question : Faut-il relever le plafond de ressources pour
que les personnes handicapées bénéficient de l'Aide Sociale
c'est- à- dire du portage de repas, de l'aide ménagère et
autres prestations à taux minorés ?
PC : Nous ne sommes
pas favorables à l'assistanat à outrance. Pour autant, il
faut augmenter les minima sociaux et développer les prestations
à des taux minorés. Mais nous voulons que toutes les entreprises
recrutent des personnes handicapées. Avoir un salaire décent
est synonyme d'autonomie. Les personnes handicapées sont,
avant tout, des citoyens à part entière. Néanmoins, il y
a surcoût financier et humain lié à cette intégration et
elle doit être prise en compte. Aujourd'hui, où rien de
cela n'est vraiment respecté ni appliqué, il est normal
que la société prenne en charge tous ces coûts liés à la
situation du handicap. Et les personnes handicapées sont
obligées de se justifier en permanence auprès de la COTOREP
où elles ne sont considérées que comme des numéros de dossiers.
PS : Nous pensons que
le système allocatif mis en place par la loi de 1975 doit
complètement être revu. Aussi bien pour l'AAH que pour l'allocation
compensatrice. Il est assez fou que dès lors que l'on prend
un emploi on perde au franc le franc ce qu'on gagne par
le travail. C'est contre- incitatif.
Les Verts : Les députés
Verts ont proposé, lors d'un débat parlementaire concernant
le maintien temporaire du RMI aux bénéficiaires ayant retrouvé
un emploi, d'étendre ce principe aux allocataires adultes
handicapés. Cet amendement n'a pas été retenu.
UDF : Après 60 ans,
la personne handicapée reste handicapée, mais elle doit
aussi gérer sa retraite et ses ressources. L'adaptation
du système des retraites aux personnes handicapées pourrait
passer par le rétablissement de l'AAH après 60 ans, accompagné
d'une prise en charge médicale plus importante.
RPR : Le RPR estime
indispensable de soulager les personnes handicapées et leurs
familles, notamment lorsque ces personnes vivent en milieu
ordinaire. Le plafond d'accès à l'aide sociale mérite incontestablement
des aménagements à la hausse.
Question : On constate des disparités significatives
dans le traitement des demandes d'Allocations Compensatrices
Tierce Personne d'un département à l'autre. La récupération
de cette prestation en cas de "retour à meilleure fortune"
doit- elle être poursuivie, aménagée, supprimée ?
PC : Nous sommes au
pays des droits de l'homme. Il est tout à fait intolérable
et inadmissible de constater que les personnes handicapées
ne sont pas prises en charge de la même façon sur tout le
territoire. La récupération de la prestation doit être annulée
car ces prises en charge sont du devoir national.
PS : Le seuil actuel
de l'allocation compensatrice, qui est faite pour aider
une personne handicapée à satisfaire un certain nombre d'actes
de la vie, est ridicule et les reprises par les départements
- toutes tendances politiques confondues - pour cause de
"retour à une meilleure fortune" [en cas d'héritage notamment
NDLR], inadmissibles. La loi d'orientation, qui est une
loi cadre à partir de laquelle se détermine complètement
la politique à l'égard des personnes handicapées, doit être
réformée de fond en comble. J'étais personnellement contre
cette loi et je le demeure. On a enfermé les personnes dans
le handicap, les ressources ont été considérées comme des
minima. C'est dans ce cadre que nous pouvons reprendre complètement
la question de l'allocation compensatrice, des minima sociaux,
des aides, etc.
Les Verts : Une étude
du Centre Technique National d'Études et de Recherche sur
les Handicaps et les Inadaptations a mis en évidence des
disparités dans l'octroi de l'ACTP. Ce phénomène est assez
largement reconnu, que ce soit sur la question de la qualité
et de la qualification de la tierce- personne ou en ce qui
concerne l'interprétation du taux d'invalidité. Les Verts
n'ayant que très peu d'élus dans les Conseils généraux,
ne se sont pas mobilisés sur cette question. Nous sommes
néanmoins attentifs à ce que vient d'annoncer la ministre
Élisabeth Guigou pour ce qui est de la réforme de la prestation
spécifique dépendance : un barème national sera défini pour
la nouvelle prestation à l'image de ce qu'il devrait être
pour l'ACTP. Le montant maximum de cette allocation demeure
insuffisant par rapport aux besoins d'une personne handicapée
souhaitant vivre de manière autonome. Nous avons examiné
la question de la récupération de l'ACTP : les candidats
Verts défendront l'idée que l'allocation ne doit pas être
récupérée par le Département après le décès du bénéficiaire
handicapé - ou de son vivant s'il bénéficie d'un "retour
à meilleure fortune" - lorsque les héritiers de la personne
handicapée sont son conjoint, ses enfants ou la personne
qui a assumé, de façon effective et constante, la charge
du handicapé. Dans tous les cas, l'ACTP ne devrait pas être
récupérée en dessous de 500.000FF en cas d'héritage ou de
transmission de patrimoine.
UDF : C'est le rôle
de l'État de garantir l'équité de traitement entre les départements,
ce qui est loin d'être le cas. Les Conseils Généraux attribuent
des enveloppes au gré de leurs envies. Il faut que les familles
soient traitées de la même façon quel que soit leur lieu
de résidence. On rencontre parfois des situations incroyables
où des familles sont obligées de déménager pour pouvoir
bénéficier d'une solidarité départementale qui n'existe
pas dans leur département d'origine. Il faut donc une égalité
de traitement par le haut entre les départements. C'est
à l'État de prendre ses responsabilités et il doit intervenir
pour corriger les disparités de prise en charge, notamment
en matière d'ACTP, entre les départements.
RPR : Des disparités
choquantes existent en matière d'allocations compensatrices.
Elles sont contraires à L'esprit de la loi qui les a instituées
et viole le principe d'égalité des citoyens. Les futures
lois de décentralisation devront veiller à ne pas créer
des solidarités sociales variables, qui risqueraient de
provoquer des déménagements non souhaités, et remettraient
en cause les fondements de la République. La récupération
de cette prestation "en cas de meilleure fortune" ne doit
pas être supprimée, mais aménagée de telle sorte qu'elle
ne demeure pas une forme d'impôt rétroactif sur la santé.
Propos recueillis par Laurent
Lejard, mars 2001.
Les Verts ont publié une plaquette sur l'accessibilité
des bus: "Pour une ville plus respirable, plus confortable,
plus citoyenne: des bus accessibles à tous". Elle est en
vente au prix de 10 FF et disponible au secrétariat national
des Verts - 107 avenue Parmentier - 75011 Paris. L'enquête
de l'UDF "La prise en compte du handicap" est disponible
auprès du groupe UDF à l'Assemblée Nationale: 126 rue de
l'Université - 75355 Paris Cedex 07 SP
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