|
Soixante ans. C'est
l'âge à partir duquel toute personne handicapée - reconnue
comme telle par les organismes compétents - peut faire valoir
ses droits à la retraite et percevoir une pension au moins
égale à la moitié de ses salaires. Et ce, quel que soit
le nombre de trimestres cotisés, que le titulaire perçoive
une pension d'invalidité, une allocation aux adultes handicapés
(AAH) ou s'il été reconnu inapte au travail. Sur le papier,
le principe est clair. Pas besoin - en théorie - de se tracasser,
d'autant que ce droit ne devrait pas être mis sur la sellette
lors des multiples renégociations concernant la durée des
périodes de cotisation qui auront lieu dans les mois à venir.
Néanmoins, un certain nombre de points sont à "valider"
pour intégrer le club des pensionnés ! Cette mise à la retraite
est- elle automatique ? Quel est le droit commun en la matière
? Peut- on attendre soixante-cinq ans pour en bénéficier
? Comment se positionnent les organismes de retraites complémentaires
?
Différents cas de figure. Première
possibilité : la demande de mise à la retraite est faite
au titre de l'inaptitude au travail. Celle- ci peut être
effectuée entre soixante et soixante- cinq ans. L'inaptitude
doit être médicalement constatée, car il faut prouver
auprès de la caisse d'assurance vieillesse que le salarié
ne peut poursuivre l'exercice de son emploi sans nuire
gravement à sa santé. Si l'incapacité de travail atteint
au moins 50 %, et ce de manière définitive, il est alors
possible d'obtenir la retraite de base à taux plein (50
% du salaire de référence), même si le salarié ne justifie
pas de 150 trimestres de cotisation, tous régimes de retraite
de base confondus. Trois cas particuliers sont à prendre
en compte. Lorsque l'intéressé n'a pas travaillé au cours
des cinq années précédant la demande, il peut être reconnu
inapte du moment qu'une incapacité physique ou mentale,
pour un travail quelconque, d'au moins 50 % est constatée.
D'autre part, depuis le 1er janvier 1999, toutes les personnes
ayant droit à l'AAH sont présumées inaptes au travail
dès l'âge de soixante ans. L'allocation est alors automatiquement
transformée en pension ou en avantage vieillesse. De même,
les titulaires de la carte d'invalidité, et dont l'infirmité
entraîne au moins 80 % d'incapacité permanente, sont déclarés
inaptes d'office. Tous bénéficient de la retraite à taux
plein dès soixante ans.
Second cas de figure : les titulaires d'une pension d'invalidité.
Schématiquement, le processus de passage à la retraite
est le même que ceux exposés précédemment. Dès soixante
ans, elle est automatiquement remplacée par une pension
de retraite. Là encore, inutile de comptabiliser les trimestres.
De plein droit, le taux maximal est applicable. Toutefois,
les salariés souhaitant continuer à exercer une activité
professionnelle peuvent demander le report du versement
de la retraite jusqu'au moment de l'arrêt définitif de
leur travail.
Une retraite, oui ; mais combien ? Une fois toutes
les démarches effectuées, reste une question essentielle
: à combien va se monter la pension ? Là encore, le droit
commun s'applique, avec toutefois un plancher minimum.
Le salaire de base pris en compte pour le calcul de la
retraite correspond au salaire des vingt- cinq meilleures
années travaillées. En tout état de cause, le montant
versé ne saurait néanmoins être inférieur au minimum vieillesse.
Depuis le 1er janvier 2001, son montant annuel s'élève
à 43.854FF pour une personne seule, et 78.670FF pour un
couple. Les caisses de retraites complémentaires, qu'elles
dépendent du régime non- cadre (ARRCO) ou du régime cadre
(AGIRC), ont une politique qui s'aligne totalement sur
le régime général. Pas de mauvaise surprise à attendre
de ce côté là. Pour une fois, tout le monde est d'accord
: les personnes handicapées bénéficient - sans abattement
- de leur retraite complémentaire dès soixante ans. Il
suffit de produire la notification d'inaptitude au travail
pour que les paiements démarrent. Presque trop simple
pour être vrai!
Jean-Claude Roeland, février 2001.
|