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Après
6 années passées à accompagner les enfants handicapés à l'école,
1.300 Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) voyaient leur contrat
arriver à leur terme au cours de l'été 2009. Le gouvernement
ne prévoyait pas leur pérennisation au sein de l'Education Nationale.
A la veille de la rentrée 2009/2010, le ministre de l'Education
Nationale, Luc Chatel, a mis en place un dispositif d'urgence
permettant au tissu associatif de reprendre ces AVS dans leur
effectif tout en assurant leur financement. Compte tenu de l'urgence,
l'Unapei a accepté d'envisager les modalités de la gestion à
titre provisoire des auxiliaires de vie scolaire et a donc signé
la convention cadre avec l'Education Nationale. Conscients que
cette réponse n'apportait qu'une solution immédiate à un problème
urgent à la veille de la rentrée scolaire, Luc Chatel, ainsi
que Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Famille et
de la Solidarité, se sont engagés à approfondir la réflexion
rapidement afin d'aboutir à une solution pérenne pour les prochaines
rentrées scolaires, et a évoqué la perspective d'un métier pour
l'accompagnement des élèves handicapés répondant ainsi à une
demande des familles mais également des AVS.
Le groupe de travail sur la création d'un métier d'AVS est donc
né en septembre 2009. Les travaux ont abouti le 9 janvier 2010
à la réalisation de plusieurs scénarii possibles, à un référentiel
de compétences et des propositions de cadre d'emploi. Restaient
à prendre des décisions politiques. 3 mois après, le 25 mars
2010, aucune des propositions élaborées n'a été retenue. La
seule proposition faite par les deux directeurs de cabinet des
ministères concernés est l'ouverture du dispositif actuel aux
services à la personne. Ceci est inacceptable car cela ne garantit
en rien la qualité de l'accompagnement. L'engagement de la création
d'un métier n'étant pas respecté, l'Unapei se voit contrainte
de dénoncer la convention de reprise des AVS conclue avec l'Education
nationale.
C'est d'abord une grande déception pour l'Unapei et l'ensemble
des associations signataires de cette convention. L'Unapei se
réjouit du nombre des enfants handicapés scolarisés à l'école
qui ne cesse d'augmenter, mais déplore les conditions dans lesquelles
ils y sont accompagnés. L'espoir était grand de voir enfin nos
enfants entourés de personnels qualifiés et ayant une réelle
perspective d'évolution dans leur emploi. Cet espoir est aujourd'hui
encore déçu par le pouvoir en place qui ne tient absolument
pas compte de la parole des associations. Il s'agit là pour
l'Education Nationale d'externaliser la gestion des AVS sans
imposer les bases des compétences et des qualifications requises.
Pire, sans moyen financier autre que la reprise à temps partiel
au SMIC horaire pour des AVS ayant 6 années d'expérience. La
qualité de l'accompagnement n'est donc pas garantie.
L'Unapei fera en sorte que ses associations membres ayant repris
des AVS les maintiennent en poste jusqu'à la fin de l'année
scolaire. Mais elles ne pourront les reconduire dans ces conditions
à la rentrée prochaine. En plus de la précarité et du caractère
éphémère de ces contrats d'AVS, il n'y en a pas suffisamment
pour couvrir tous les besoins. Aujourd'hui, 56.723 enfants et
adolescents handicapés ont fait l'objet d'une prescription d'accompagnement.
Parmi eux, 52.510 bénéficient de l'accompagnement d'un AVS,
d'un contrat aidé ou de tout autre personnel exerçant la fonction
d'AVS, et 4.213 sont en attente de ce service.
Nous rencontrons très prochainement Nadine Morano à ce sujet,
nous espérons vivement que le dossier sera remis sur la table,
car il nous est impossible d'abandonner le combat et de renoncer
à la création d'un véritable métier d'accompagnant qui assurerait
la qualité de l'accompagnement indispensable à nos enfants.
Régis Devoldère, Président de l'Unapei,
avril 2010.
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