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La
France a signé la Convention des Nations Unies relative aux
droits des personnes handicapées le 30 mars 2007 et son Protocole
facultatif le 23 septembre 2008. Une ratification imposerait
à l'État français l'obligation juridique de l'appliquer sans
préjudice des réserves, interprétations et déclarations qu'il
a pu faire.
Aux yeux des associations regroupées au sein du Conseil Français
des Personnes Handicapées pour les questions Européennes (CFHE),
cette Convention adoptée par l'assemblée générale des Nations
Unies le 13 décembre 2006 doit représenter un instrument juridique
efficace qui compléterait l'arsenal juridique international
en matière de droits de l'Homme. Elle vise à protéger et à promouvoir
les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux.
La ratification du Protocole se rapportant à la Convention serait
également essentielle dans la mesure où elle offrirait aux personnes
handicapées la possibilité de soumettre à un Comité International
de suivi des plaintes sur le non-respect supposé de certaines
dispositions de la Convention. Ce Protocole introduit deux procédures
qui ont pour objectif de renforcer l'application de la Convention
et d'ouvrir des voies de recours aux particuliers et/ou aux
associations.
Ratifier cette Convention et son Protocole facultatif ne serait
pas seulement un acte symbolique, même si celle-ci n'a pas pour
objet de créer de nouveaux droits spécifiques et si ses dispositions
confortent les orientations inscrites dans la loi française
du 11 février 2005 sur le handicap. Une ratification devrait
permettre de faire un pas de plus dans la garantie des droits
fondamentaux et tout particulièrement à partir de plusieurs
dispositions susceptibles d'interroger notre législation actuelle,
voire sa mise en pratique. Elle réaffirme des droits encore
trop peu respectés et précise ce que ces droits impliquent pour
les personnes handicapées.
Ceci concerne tout particulièrement certains articles, tel l'article
12 sur la "reconnaissance de la personnalité juridique dans
des conditions d'égalité" qui réaffirme qu'une personne ne peut
pas perdre sa capacité juridique d'agir simplement parce qu'elle
est handicapée et qui préconise le développement d'un système
de prise de décision assistée pour les personnes ayant besoin
d'une assistance pour exercer cette capacité.
L'article 22 sur le "respect de la vie privée" et l'article
23 sur le "respect du domicile et de la famille" sont autant
de préconisations de mesures visant à éliminer la discrimination
à l'égard des personnes. L'article 24 sur "l'éducation" précise
les contours d'une éducation inclusive. Par ailleurs, la Convention
étend les obligations des Etats parties qui doivent prendre
"toutes les mesures appropriées pour faire en sorte que des
aménagements raisonnables soient apportés" (Art.5-3) dans des
domaines aussi variés que la justice, l'accès à l'information,
l'éducation ou encore la santé. La convention stipule ainsi
que le fait de refuser à une personne un "aménagement raisonnable"
équivaut à une discrimination sur la base de handicap.
Le Protocole facultatif introduit quant à lui deux procédures
en vue de renforcer l'application de la Convention : une procédure
de communications individuelles qui ouvre des possibilités de
recours des particuliers ou des groupes devant le Comité des
droits des personnes handicapées et une procédure d'enquête
qui permet à ce même Comité d'intervenir auprès des États.
Tous ces principes, obligations et préconisations sont autant
de moyens qui ne peuvent que renforcer l'exercice des droits
des personnes. Les promesses faites par le gouvernement français
de ratifier la Convention et le Protocole le plus rapidement
possible n'ont pas été tenues. Il semble même que la "lenteur
administrative" soit en grande partie la cause de ce retard
plus qu'une réserve liée aux engagements de ces Textes. Une
seule déclaration interprétative n'a pas été levée, celle concernant
l'article 15 sur la question du libre consentement lors d'expérience
médicale ou scientifique.
Le dossier de ratification est actuellement examiné par le Conseil
d'État et le rôle des associations et des parlementaires sera
primordial pour qu'un projet de loi autorisant la ratification
soit soumis au Parlement avant l'été, sinon la France démontrera
encore une nouvelle fois sa difficulté à mettre en oeuvre ce
qu'elle considère comme des principes fondamentaux.
Philippe Miet, pour la délégation permanente du CFHE,
mars 2009.
La Convention et le Protocole sont consultables sur ce site
Onusien dédié.
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