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Cy
Jung. |
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Elle est née
albinos et très malvoyante, comme son frère Emmanuel. Tous deux ont
été éduqués en milieu ordinaire, à l'école traditionnelle. Leurs parents,
alors enseignants spécialisés dans un établissement pour handicapés
mentaux, ont voulu que leur progéniture évolue avec ses propres moyens
et méthodes dans un environnement social et urbain qui n'est pas pensé
pour les malvoyants. Ce rapport quotidien entre une amblyope et la société
au sens le plus large du terme est la substance du récit biographique
de Cy Jung "Tu vois ce que je veux dire", publié chez L'Harmattan.
"Je suis
physiquement lesbienne, albinos et malvoyante", ainsi se définit
Cy Jung. "Est- ce qu'on le dit ou pas ? J'ai plus de problèmes
à dire que je suis malvoyante, ce tabou est plus difficile à lever que
celui de l'homosexualité. La malvoyance est un tabou social. Je suis
handicapée, mon amblyopie est invalidante : comme dirait ma maman, 'je
vois pas clair". Cy Jung, pourtant très investie dans le mouvement associatif,
ne milite pas avec les personnes handicapées sur leurs problèmes même
si elle se dit prête à défiler avec les homosexuels handicapés lors
de la Marche des Fiertés lesbienne- gay- bi- transexuel (ex Gay Pride)
et reconnaît que l'homosexualité est particulièrement difficile à vivre
pour les personnes handicapées. Militante engagée, Cy Jung est ainsi
devenue l'une des figures du mouvement lesbien "valide".
Laurent
Lejard, janvier 2004 |