Chronique citoyenne
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  David Lega, des bassins à la politique.
  Champion paralympique de natation, ce Suédois quadragénaire est adjoint au maire de Göteborg, ville dans laquelle il agit pour une accessibilité déjà bien diffusée, et une intégration professionnelle à améliorer. Interview.

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             David Lega est un miraculé : né en 1973 avec une paralysie des deux bras et une atrophie musculaire des membres inférieurs, c'est la rééducation et le sport qui lui ont donné une autonomie lui assurant de vivre pleinement en société. Célèbre en Suède pour ses performances handisportives, très populaire à Göteborg où il est élu muinicipal, il a créé une société de vente en ligne de vêtements adaptés, Lega Wear.

Question : Vous êtes à la fois un élu municipal et un handisportif; quel a été votre parcours personnel ?

David Lega : Je suis adjoint au maire de Göteborg depuis janvier 2011. Avant cela, je travaillais comme entrepreneur et conférencier : j'ai donné des conférences dans le monde entier sur le leadership et le développement personnel. Dans les années 90, j'ai également participé comme nageur handisport à des championnats d'Europe et du Monde, ainsi qu'aux Jeux Paralympiques : j'ai battu 14 records du monde dans ma carrière sportive !

Question : Qu'est-ce qui vous a donné la volonté de vous engager en politique ?

 
 

David Lega : Je me suis impliqué socialement dès l'enfance, d'abord dans mon club de natation, puis au niveau confédéral plusieurs années plus tard. J'ai également travaillé sur la thématique handicap ainsi que sur l'aide internationale, notamment auprès de l'Unicef. Mes valeurs ont toujours été proches du parti chrétien-démocrate [classé à droite NDLR], auquel j'ai offert mon soutien en 2009. Le parti voulait que je me présente aux élections locales mais cela m'a pris un long temps de réflexion avant d'accepter: j'avais beaucoup travaillé avec des individus, notamment sur ces questions de leadership et de développement personnel, mais pour faire évoluer la société il faut travailler avec le système et ses structures. Le soutien de ma famille, de mes amis et du parti lui-même a beaucoup compté dans cet engagement, et cela n'a pas changé.

Question : Justement, quelles ont été leurs réactions et celles des électeurs?

David Lega :
Les réactions ont évidemment été contrastées... Mais ma famille et mes amis ont été d'un grand soutien, et le public en général plutôt positif. L'université de Göteborg conduit des recherches biennales sur l'image, positive ou négative, des politiciens locaux auprès des citoyens: elles ont montré que j'étais le plus populaire! J'en suis bien sûr très heureux et très fier, mais cela montre que les attentes des citoyens envers moi sont très élevées, et donc que je dois encore plus travailler. Inutile de préciser que, dans la mesure où les gens ont des opinions politiques bien différentes, certains sont très sceptiques à mon encontre.

Question : Travaillez-vous avec des aides adaptées à votre handicap?

David Lega : J'ai besoin d'aide humaine dans ma vie de tous les jours, notamment pour m'habiller le matin. Au travail, en revanche, j'utilise les mêmes outils que tout le monde, à ma manière : par exemple, dans la mesure où je ne peux écrire qu'avec les pieds, j'ai disposé le clavier et la souris de mon ordinateur sur le sol. Les smartphones et autres iPads m'aident également beaucoup dans le travail quotidien car ils sont faciles d'utilisation.

  Image : David Lega.
 

Question : Comment jugez-vous l'intégration des personnes handicapées à Göteborg et plus généralement en Suède, y a-t-il des choses à améliorer, et comment ?

David Lega : Beaucoup de choses sont bonnes mais il en reste à améliorer. La ville de Göteborg évalue ainsi tous les bâtiments publics afin d'en améliorer l'accessibilité. Ce travail est important et il reste beaucoup à faire mais il va dans la bonne direction. Un autre domaine dans lequel l'accessibilité a des progrès à faire, c'est le marché du travail : le taux de chômage des personnes handicapées est très élevé, et autant les collectivités locales que l'État doivent oeuvrer dans ce secteur. La ville pourrait employer davantage de travailleurs handicapés : nombre de chômeurs handicapés ont une bonne formation et d'excellentes qualifications. Je voudrais mettre en place un service municipal qui identifierait ces demandeurs d'emploi afin de les mettre en rapport avec les besoins de la ville. Göteborg emploie actuellement environ 50.000 personnes, du balayeur à l'économiste en passant par le professeur : dès qu'un poste se libérerait, ce service trouverait éventuellement la bonne personne et la guiderait dans le processus. Je ne crois pas aux quotas, on ne doit pas obligatoirement donner un emploi, mais il se trouve que beaucoup de chômeurs handicapés peuvent postuler, pour cela il suffit qu'on les aide à le faire. Tout le monde peut exceller dans un domaine : il suffit de trouver lequel !


Propos recueillis par Laurent Lejard, septembre 2015.

 



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