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Damien
Abad aurait-il la politique dans le sang ? "Je m'y intéresse
depuis mon plus jeune âge, je regardais les débats télévisés,
celui entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen m'a profondément
marqué". Il a donc logiquement suivi des études en Sciences
Politiques, à Bordeaux, durant lesquelles une rencontre avec
Christian Blanc a été décisive, peu après les attentats du 11
septembre 2001 : Damien Abad s'est rapproché de Démocratie Libérale,
mais c'est finalement l'UDF qu'il rejoint en mars 2006, comme
chargé d'études sur les questions budgétaires et fiscales auprès
du groupe parlementaire de l'Assemblée nationale. Actuellement,
il enseigne les Finances publiques à Sciences Po Paris, un domaine
dans lequel ses compétences ont été employées
par François Bayrou lors de la campagne pour les élections présidentielles
2007 : "Avec le député Charles de Courson, on a évalué et chiffré
chacune des mesures du programme électoral, en liaison avec
un think-tank, l'Institut de l'Entreprise. On répondait
aux associations, on s'est retrouvé sous les feux de l'actualité
durant une dizaine de jours". Pour mener la vie active d'un
professionnel de la politique, il s'est forgé une endurance
de sportif, capable de marcher 8 à 10 kilomètres alors qu'une
maladie invalidante non évolutive a presque paralysé ses articulations
des genoux et des coudes. "Je fais du ski de fond, du tennis
de table, l'important c'est d'être en mouvement".
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Après les présidentielles, Damien Abad a choisi de rejoindre
le Nouveau Centre plutôt que le Modem créé par François
Bayrou pour remplacer une UDF moribonde. "Je me sentais
bien à l'UDF, dans ce parti de centre-droit. Mais j'ai
été déçu par la stratégie de François Bayrou qui recherchait
une alliance à gauche au lieu de négocier avec la droite,
alors que les élus l'avaient été avec des voix de droite.
Il n'est pas normal qu'avec 18% des suffrages au premier
tour des Présidentielles, le centre soit absent de l'Assemblée
Nationale. François Bayrou a été le premier critique de
Nicolas Sarkozy".
Et c'est à ce Président de la République que revient maintenant
la tâche d'arbitrer le litige concernant la candidature
de Damien Abad au Parlement Européen pour les élections
de juin prochain : le parti présidentiel, l'UMP, conteste
au jeune candidat une troisième place éligible sur la
liste de la grande région sud-ouest...
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"Le
Nouveau Centre doit avoir trois candidats en position d'être
élus. Si ma place n'est pas assurée dans le sud-ouest, je serai
sur la liste du sud-est". La volonté de Damien Abad d'agir pour
que le Nouveau Centre devienne le deuxième pilier de la majorité
se heurte visiblement aux velléités hégémoniques de l'UMP...
Damien Abad ne juge toutefois pas son handicap déterminant dans
sa mise en avant par son parti, tout en espérant une meilleure
participation des personnes handicapées à la vie politique.
"Mon engagement n'est pas lié au handicap. Le choix de ma candidature
s'est fait parce que je préside le mouvement des Jeunes du Nouveau
Centre. Mais le handicap peut attirer l'attention des électeurs,
je m'efforce d'en faire une force. Il n'est pas un obstacle
dans la vie politique, j'ai l'impression que les citoyens apprécient
la démarche". Il estime néanmoins que la France a encore
des efforts à faire : "On a le droit de faire campagne, d'agir
sur le terrain. Ça me semble normal, et même indispensable.
Les personnes handicapées ont besoin d'exister, d'être représentées,
et d'être décomplexées, même s'il y a plus de barrières à franchir
pour elles".
Au-delà de son éventuelle élection au Parlement européen, c'est
localement que Damien Abad entrevoit son avenir politique. "Je
veux oeuvrer pour ma ville, Vauvert, qui connaît des tensions
sociales fortes, avec des violences entre communautés, un taux
de chômage double et de Rmistes triple de la moyenne nationale.
C'est une ville à reconstruire". Et un tremplin vers le Conseil
Régional Languedoc-Roussillon l'an prochain ou le Conseil Général
du Gard en 2011. Mais s'il ne l'avoue pas encore, sans doute
verra-t-on, dans les années qui viennent, le nom de Damien Abad
parmi les hommes politiques d'envergure nationale. On peut,
en attendant, suivre sa crarrière sur
son blog...
Laurent
Lejard, avril 2009.
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