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  Damien Abad.
  A 28 ans, ce conseiller municipal expert en finances publiques deviendra peut-être en juin prochain le premier député handicapé français au Parlement européen. Portrait d'un jeune professionnel de la politique.

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          Damien Abad aurait-il la politique dans le sang ? "Je m'y intéresse depuis mon plus jeune âge, je regardais les débats télévisés, celui entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen m'a profondément marqué". Il a donc logiquement suivi des études en Sciences Politiques, à Bordeaux, durant lesquelles une rencontre avec Christian Blanc a été décisive, peu après les attentats du 11 septembre 2001 : Damien Abad s'est rapproché de Démocratie Libérale, mais c'est finalement l'UDF qu'il rejoint en mars 2006, comme chargé d'études sur les questions budgétaires et fiscales auprès du groupe parlementaire de l'Assemblée nationale. Actuellement, il enseigne les Finances publiques à Sciences Po Paris, un domaine dans lequel ses compétences ont été employées par François Bayrou lors de la campagne pour les élections présidentielles 2007 : "Avec le député Charles de Courson, on a évalué et chiffré chacune des mesures du programme électoral, en liaison avec un think-tank, l'Institut de l'Entreprise. On répondait aux associations, on s'est retrouvé sous les feux de l'actualité durant une dizaine de jours". Pour mener la vie active d'un professionnel de la politique, il s'est forgé une endurance de sportif, capable de marcher 8 à 10 kilomètres alors qu'une maladie invalidante non évolutive a presque paralysé ses articulations des genoux et des coudes. "Je fais du ski de fond, du tennis de table, l'important c'est d'être en mouvement".

Image : Damien Abad.  

Après les présidentielles, Damien Abad a choisi de rejoindre le Nouveau Centre plutôt que le Modem créé par François Bayrou pour remplacer une UDF moribonde. "Je me sentais bien à l'UDF, dans ce parti de centre-droit. Mais j'ai été déçu par la stratégie de François Bayrou qui recherchait une alliance à gauche au lieu de négocier avec la droite, alors que les élus l'avaient été avec des voix de droite. Il n'est pas normal qu'avec 18% des suffrages au premier tour des Présidentielles, le centre soit absent de l'Assemblée Nationale. François Bayrou a été le premier critique de Nicolas Sarkozy".

Et c'est à ce Président de la République que revient maintenant la tâche d'arbitrer le litige concernant la candidature de Damien Abad au Parlement Européen pour les élections de juin prochain : le parti présidentiel, l'UMP, conteste au jeune candidat une troisième place éligible sur la liste de la grande région sud-ouest...

"Le Nouveau Centre doit avoir trois candidats en position d'être élus. Si ma place n'est pas assurée dans le sud-ouest, je serai sur la liste du sud-est". La volonté de Damien Abad d'agir pour que le Nouveau Centre devienne le deuxième pilier de la majorité se heurte visiblement aux velléités hégémoniques de l'UMP...

Damien Abad ne juge toutefois pas son handicap déterminant dans sa mise en avant par son parti, tout en espérant une meilleure participation des personnes handicapées à la vie politique. "Mon engagement n'est pas lié au handicap. Le choix de ma candidature s'est fait parce que je préside le mouvement des Jeunes du Nouveau Centre. Mais le handicap peut attirer l'attention des électeurs, je m'efforce d'en faire une force. Il n'est pas un obstacle dans la vie politique, j'ai l'impression que les citoyens apprécient la démarche". Il estime néanmoins que la France a encore des efforts à faire : "On a le droit de faire campagne, d'agir sur le terrain. Ça me semble normal, et même indispensable. Les personnes handicapées ont besoin d'exister, d'être représentées, et d'être décomplexées, même s'il y a plus de barrières à franchir pour elles".

Au-delà de son éventuelle élection au Parlement européen, c'est localement que Damien Abad entrevoit son avenir politique. "Je veux oeuvrer pour ma ville, Vauvert, qui connaît des tensions sociales fortes, avec des violences entre communautés, un taux de chômage double et de Rmistes triple de la moyenne nationale. C'est une ville à reconstruire". Et un tremplin vers le Conseil Régional Languedoc-Roussillon l'an prochain ou le Conseil Général du Gard en 2011. Mais s'il ne l'avoue pas encore, sans doute verra-t-on, dans les années qui viennent, le nom de Damien Abad parmi les hommes politiques d'envergure nationale. On peut, en attendant, suivre sa crarrière sur son blog...


Laurent Lejard, avril 2009.




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