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Les
élections régionales des 21 et 28 mars 2004 ont fait très
peu de place à des candidats handicapés. Seul le parti écologiste
Les Verts semble avoir présenté dans deux régions des candidats
en position éligible, et qui ont été élus : Emmanuel
Moreau en Ile de France et Patrick Larible en Poitou-
Charentes.
L'engagement politique de Patrick Larible remonte à ses années
lycéennes. A l'époque du baccalauréat, en 1975, il militait
dans un syndicat assez politisé, proche des Jeunesses Communistes,
l'UNCAL. A la fac, il choisit l'UNEF Renouveau, scission pro-
communiste du syndicat étudiant. "J'avais beaucoup d'amis
communistes, on m'a maintes fois proposé d'adhérer au P.C.F
et au P.S.U [Parti Socialiste Unifié, dont Michel Rocard fut
l'un des dirigeants N.D.L.R]. Mais je suis proche de la nature,
je ne pouvais rejoindre un parti qui prône le productivisme".
S'il a suivi la création des mouvements écologistes en France,
Patrick Larible a longtemps hésité à rejoindre Les Verts,
attendant que cette formation soit devenue crédible et stable;
c'est en 1993 qu'il entre dans ce parti, à Pantin (Seine-
Saint- Denis) où il réside et travaille : "Ils correspondaient
le mieux à ce que je ressentais à l'époque. Et les difficultés
professionnelles liées à ma santé ont trouvé une résonance
dans les propositions relatives au partage du travail, pour
une société ouverte et équitable". Reconnu travailleur handicapé
depuis 1991, il exercait alors dans un foyer de personnes
handicapées, en tant que directeur adjoint.
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Ces
fonctions étaient très éloignées de sa vocation professionnelle:
titulaire d'un diplôme d'études supérieures en développement
rural, il souhaitait travailler dans des pays en voie
de développement au titre de la coopération. Les séquelles
de son handicap l'ont empêché de pouvoir la réaliser:
"On pensait à l'époque que j'avais une sclérose en plaques,
ce n'est qu'en 1995 que le syndrome oculo dento digital
a été clairement identifié". Cette maladie rare se traduit,
entre autres séquelles, par une dentition particulière
et des difficultés visuelles: "Je dois être vigilant
et gérer ma forme physique".
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Dès
son entrée dans le parti écologiste, Patrick Larible participe
à la fondation de la Commission handicap dont il fut l'un
des trois dirigeants : "Le handicap nécessite une politique
transversale, qui concerne de nombreux domaines, c'est très
intéressant pour un écologiste. A La Rochelle, où je vis avec
mon épouse depuis 1997, je peux faire passer des idées nouvelles
comme l'accessibilité sociale". Né à Compiègne, étudiant à
Amiens puis Aix- en- Provence, cadre administratif à Pantin,
c'est finalement dans la cité charentaise qu'il s'est le mieux
retrouvé avec ses convictions : "Notre installation a été
choisie". Quatre ans plus, on lui propose de rejoindre l'équipe
municipale où il prend la délégation Santé- Handicap
: "Je voulais faire changer le regard et la situation créée
par ce regard". Durant ses premières années de mandat, il
a constaté les limites d'une action municipale, ce qui l'a
amené à vouloir travailler à un autre niveau, celui de la
Région : "J'ai remarqué lors de l'Année Européenne des Personnes
Handicapées que certains choix dépassaient l'action locale.
Par exemple, un nouveau Train Express Régional n'est pas accessible.
Je siège au Comité consultatif départemental des personnes
handicapées pour constater que cet organe n'intéresse personne
!".
Patrick Larible estime que son handicap n'a pas d'impact sur
son activité militante, et que son parti ne l'a pas mis en
avant parce qu'il est handicapé : "Les gens sentent bien qu'il
y a 'quelque chose' quand ils me serrent la main, je n'ai
pas une belle dentition, mais on ne pose pas de question".
Il estime pourtant, à la lumière de l'expérience de deux candidatures
aux élections cantonales en 1994 (Pantin) et 2001 (La Rochelle),
que son élection lors d'un scrutin uninominal n'est pas envisageable
compte- tenu de la place actuelle des personnes handicapées
dans notre pays. Des personnes handicapées qu'il veut continuer
de défendre.
Laurent
Lejard, avril 2004
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