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  Philippe Denaison.
  Maire adjoint d'un village du Cambrèsis, ce quinquagénaire paraplégique est entré dans la vie publique du fait de son intense activité professionnelle.

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Philippe Denaison, comptable de formation, est adjoint aux finances au sein du Conseil Municipal de Walincourt- Selvigny, un village d'environ 2.000 habitants situé à une quinzaine de kilomètres au sud de Cambrai (Nord). Deux ans après l'accident qui l'a rendu paraplégique, en 1978, il avait repris l'entreprise textile des parents de son épouse. Il l'a dirigée avec elle et cette activité très prenante l'a fait connaître des habitants de sa commune d'adoption; Philippe Denaison est en fait natif de Cambrai. Son entrée dans la vie publique est un "concours de circonstances", précise- t-il: 'Début 1995, j'ai reçu chez moi quelques personnes qui m'ont demandé de rejoindre la liste du Maire sortant lors des élections municipales qui se préparaient. Les candidats manquaient". Le premier mandat de Philippe Denaison n'a pas été intéressant : "J'étais très pris par la gestion de l'entreprise textile, et j'ai manqué plusieurs conseils municipaux; mon manque d'investissement dans mon mandat m'a incité à renoncer". Ce n'est pas le choix qu'il a fait à l'aube des élections de 1991 : le candidat à la succession du Maire sortant lui a proposé de prendre une fonction intéressante, celle d'adjoint aux finances.

Les élections municipales ne sont pas politisées à Walincourt- Selvigny et Philippe Denaison ne s'est pas posé la question de l'engagement dans un parti : "La liste était sans étiquette, apolitique. Tout juste y a-t-il encore quelques membres du Parti Socialiste. Le mode de scrutin, dans un village, permet le panachage : l'électeur est libre de rayer un ou plusieurs noms sur une liste. On vote pour des hommes plus que pour des idées". Le nouveau Maire a fait appel à Philippe Denaison pour sa capacité à établir facilement un contact direct, franc. Les années passées sur un fauteuil roulant ont contribué à lui forger cette qualité de communiquant : "Les gens sont toujours timides pour aborder une personne qui est en fauteuil roulant, ils ne savent que dire. C'est à nous, les assis, à faire le premier pas. Avec le temps et la présence, ils ne prêtent plus attention au fauteuil, ils ne voient que la personne".

Image : Philippe Denaison et les pompiers de son village !

Dans une région industriellement sinistrée (le village a perdu 13 de ses 14 entreprises de confection et toutes les bijouteries artisanales qui faisaient sa réputation) Philippe Denaison a vécu l'évolution de son village qui est devenu au fil des ans un lieu résidentiel. Il dispose toutefois encore d'écoles et d'un collège, de services publics comme la perception ou un bureau de poste, de commerces alimentaires, de deux médecins et d'un dentiste. "Les habitants veulent un village calme et tranquille, pour se reposer en fin de semaine. La vie associative concerne le quart des résidants au sein de 17 organisations".

Philippe Denaison n'a pas eu de "parcours d'handicapé". "Après mes deux années d'hospitalisation, j'ai dirigé une entreprise avec mon épouse. Notre couple a résisté au handicap, même si nous n'avons pas pu avoir d'enfant. Je me suis investi dans le travail et les relations humaines, en dirigeant une association du genre Kiwanis, recevant chaque semaine chez nous. Après la liquidation de l'entreprise textile en 1998, victime comme bien d'autres de la délocalisation de cette activité industrielle, j'ai exploité un restaurant à Cambrai durant quelques années. Je vis au milieu de tout le monde".

Pour autant, Philippe Denaison ne se voile pas la face : "Le handicap oblige à montrer sa compétence et conduit à se prouver continuellement à soi- même que l'on est capable de faire quelque chose. Mon engagement dans la vie publique est un élément détonateur pour éviter de me plaindre ou de pleurnicher sur mon sort". Ce refus et son besoin d'être utile lui font préférer le travail dans sa commune à d'autres mandats électoraux. Une commune pour laquelle il oeuvre à la modernisation de la voirie et des équipements publics : "En fait, c'est le travail qui compte"...


Laurent Lejard, janvier 2004




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