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  Jurisprudence Perruche.
 

Vos réactions à l'éditorial du 11 janvier 2002.

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Michel Jaccard, 39 ans, spina-bifida : Personnellement, je considère que l'arrêt Perruche était une aberration, de la folie furieuse pure et simple ! En effet c'est la porte ouverte à l'eugénisme, qu'un certain moustachu a déjà essayé de mettre en oeuvre heureusement sans succès, dans la 1ère moitié du 20e siècle. Un enfant, handicapé ou non, est d'abord un enfant . De quel droit peut on décider si une vie vaut ou non la peine d'être vécue ? Si de futurs parents ne sont pas près à assumer le risque d'un enfant handicapé, alors ils ne sont tout simplement pas dignes d'être parents ! Quant à l'interruption médicale de grossesse pratiqué par des Herr Doktor, émules du tristement célèbre Mengele, lorsqu'un problème est détecté au examens pré- natals, il s'agit ni plus ni moins d'un infanticide ! Il faut développer l'information aux futurs parents, leur expliquer qu'il existe des solutions pour pallier au handicap du futur enfant et qu'ils ne sont pas seuls. Des traitements et méthodes chirurgicale prénatales existent, cela est mille fois préférable au fait de tuer une vie! Ce n'est pas le handicap qui est un problème, mais la façon dont il est perçu et traité par une Société égoïste et ou règne la loi du plus fort. Alors battons nous tous ensemble pour la rendre meilleure ! Rendons la Société accessible à tous, plus solidaire, car les personnes handicapées ont énormément de choses à apporter dans ce contexte, elles sont une chance pour la Société.

Jean-Marc Bardeau, Infirme Moteur Cérébral :
Comme vous, je me suis opposé à ceux pour qui toute vie devrait être vécue. Ce n'est pas mon point de vue. Je pense plutôt qu'il appartient aux parents de prendre la responsabilité de donner ou non la vie à un enfant handicapé en considérant d'une part la gravité du handicap annoncé, d'autre part leurs propres capacités à assumer l'éducation de cet enfant. Toutefois, les procès intentés aux échographistes mettent en lumière l'exigence d'enfants parfaits posée à la médecine par une majorité de parents. Une telle exigence relève de l'eugénisme, c'est- à- dire de la sélection des enfants à naître. Exigence que la médecine prénatale ne peut satisfaire en l'état actuel des connaissances et de l'avancée des techniques de diagnostic. C'est dire qu'une telle exigence relève d'un fantasme (du rêve de toute puissance). Mais un tel rêve pourrait bien entraîner une régression dans l'accueil des personnes handicapées par la société. En considérant ce rêve, les personnes handicapées ne risquent- elles pas d'être bientôt considérées comme des "ratés" de la science ou des survivants d'un groupe humain "heureusement" en voie de disparition ? Vous auriez souhaité que les enfants soient indemnisés, plutôt que leurs parents. Je pense comme vous, que l'enfant doit être reconnu en tant que sujet de droit. En fait, il apparaît que la loi abrogeant l'Arrêt Perruche indemnise les parents lorsqu'il s'agit d'une erreur de diagnostic prénatal. Et ce afin de distinguer le préjudice déterminé par le handicap d'un prétendu préjudice d'être né qui ne peut plus être revendiqué. Mais si l'on considère le premier alinéa de la loi abrogeant l'Arrêt Perruche, l'enfant peut recourir dés lors "que son handicap résulte de blessures causées volontairement ou involontairement pendant la grossesse ou la naissance". Ainsi, est- il reconnu en tant que sujet de droit.


L'éditorial du 11 janvier 2002 est consultable en suivant ce lien. Le compte-rendu intégral du débat du 10 janvier 2002 à l'Assemblée Nationale est disponible en ligne.




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