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Une
BD pédagogique pour les sourds... Avec les aventures d'Ambre et Arno, le dessinateur Domas propose plus qu'une bande dessinée : ses albums servent également à informer et communiquer sur la surdité : découverte... |
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Ambre et Arno
évoluent depuis trois albums. Depuis quatre ans, cette jeune femme et
son pêcheur marseillais de compagnon apprennent à communiquer et à se
connaître. Elle est sourde de naissance, sa surdité est transmise génétiquement
depuis quatre générations, elle a une culture exclusivement sourde,
n'a aucune idée pratique de la notion d'entendant et va apprendre à
accepter le monde des entendants. Il est entendant, n'a jamais été confronté
au monde des sourds et suite à sa rencontre avec Ambre, il va découvrir
ce monde et la Langue des signes française. Au fil des épisodes, ils
sont devenus intimes et leurs aventures mettent en avant les lacunes
de la société à l'égard des sourds...
Dans une classe
d'intégration de CM1- CM2, avec huit élèves sourds, l'arrivée d'un adulte
sourd dans la classe étonne les enfants, et surtout ceux de parents
entendants qui sont persuadés qu'ils guériront de leur surdité à l'âge
adulte : "Toi aussi tu es sourd ? Alors quand je serai grand, je ne
deviendrai pas entendant ?". Faute d'ouvrages adaptés, l'institutrice
travaille souvent sur des petits livrets en langue des signes qu'elle
réalise elle-même pour sa classe. Elle connaissait et avait fait découvrir
à ses élèves les deux premiers épisodes de la BD.
La visite de
l'équipe du Verseau dans un institut spécialisé de Marseille, auprès
d'élèves de la 6e à la 3e, était très attendue. Les élèves sourds rencontrent
au sein de leur établissement très peu d'adultes sourds. La plupart
pratiquant la Langue des Signes Française, l'intervention s'est davantage
orientée vers un cours de LSF. Les élèves ont profité de cet échange
pour poser des questions sur la syntaxe : dans cet établissement, en
effet, les cours de LSF sont rares. Les élèves développent leur propre
gestuelle et système de codification qui, la plupart du temps, se rapporte
au français signé (un signe pour un mot, traduction au mot à mot). Ils
ont très peu de notion de la Langue des signes académique avec sa grammaire,
sa richesse de vocabulaire, etc. Ravis, les enfants n'ont pu s'empêcher
de dire à l'animateur : "Tu reviens quand ?", "Ah bon, c'est une fois
pour toutes ?" Ça donne à réfléchir...
Dans une classe
d'intégration de 5e d'un collège de Marseille, un sourd intégré et sept
autres sourds ont exceptionnellement rejoint la classe d'entendants.
Habituellement, ils sont au sein d'une classe spécialisée pour les cours
et côtoient les autres élèves entendants seulement à la recréation.
Aucun élève, ni sourd, ni entendant, ne connaît la BD. Dans la classe,
ce jour- là, les sourds se regroupent entre eux, aux premiers rangs,
et les entendants au fond de la classe. Il a fallu travailler sur l'échange
et la communication. Progressivement, les questions des entendants sur
le quotidien des sourds sont nombreuses : "Comment le sourd fait- il
pour téléphoner ? Et pour se réveiller le matin ? Comment on fait pour
appeler un sourd, puisqu'il ne nous entend pas ?" etc. Et tout
naturellement, ce sont les élèves sourds qui se lèvent, passent au tableau
et répondent en langue des signes aux entendants... grâce à la présence
de l'interprète. Les enfants sourds sont heureux, on s'intéresse à eux,
ils sont un peu honteux de montrer leurs signes au début mais très vite
leur gêne se dissipe face à leurs camarades entendants et la communication
passe. La BD est distribuée à la fin de l'intervention, histoire de
repenser à tout ça, calmement, chez soi. |