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Le projet Surdinet,
financé par le Fonds francophone des Inforoutes lors de son quatrième
appel à propositions, est une expérience pilote dans le domaine de l'utilisation
des nouvelles technologies comme vecteur de formation pour des élèves
sourds. Son objectif est d'utiliser Internet pour créer des modules
d'apprentissage sur un mode essentiellement visuel et adapté aux jeunes
sourds. Il vise aussi à sensibiliser les écoles à l'intégration de cet
outil technologique au sein de leur enseignement comme source pédagogique.
Réunissant trois pays et région francophones (Québec - France - Île
Maurice), Surdinet a débuté en septembre 2000 à l'école Lucien Pagé
de Montréal et s'est poursuivi à l'école de Beau- Bassin, située sur
l'île Maurice.
L'enseignement
spécialisé au Québec relève d'une longue tradition et propose de nombreuses
structures fonctionnelles supportées par l'utilisation de la Langue
des Signes Québécoise (LSQ). Cette pratique permet aux enseignants de
pouvoir communiquer facilement avec les élèves et de travailler de manière
suivie dans le cadre de classe privilégiée. L'île Maurice, en revanche,
ne possède pas de Langue des Signes et le travail s'effectue sur la
base de gestes "naturels", ce qui a accentué les difficultés tant au
niveau de la transmission du savoir que de l'évolution effective de
l'apprentissage. Les enfants de Maurice communiquent entre eux à l'aide
de signes "simples" (gestes naturels) et souvent redondants. Ce langage
n'étant pas alimenté par des apports extérieurs, notamment de personnes
adultes, il reste limité mais permet aux enfants de pouvoir échanger
dans leur vie de tous les jours à l'école.
Les résultats
obtenus ont permis de démontrer que les nouvelles technologies constituaient
sans aucun doute un support adapté pour des élèves en difficulté. L'interactivité,
couplée au mode visuel de transmission de l'information a en effet permis
à ces jeunes sourds de pouvoir apprendre en images tout en se familiarisant
avec les modes de navigation propres au réseau Internet. Les élèves
participant au projet, ont également pu, dans un deuxième temps, produire
leurs pages et développer des contenus de leurs choix. Ce constat est
surtout valable pour les élèves de Montréal, plus âgés ; ceux de Maurice
ont en fait travaillé sur la base de dessins, mais ont tous inséré les
contenus dans le logiciel d'édition html. Parallèlement à ce travail
en classe avec les professeurs et les élèves, les équipes ont travaillé
sur la conception de modules pédagogiques, techniquement plus avancés
dans leur réalisation. |