Handicap auditif
Accueil Mél News Espaces Vie pratique Tribus Emploi Archives de cette rubrique RSS
  Surdinet, au service de l'éducation adaptée.
  Comment faire communiquer des enfants et des adolescents sourds lorsque les uns ont une langue des signes et pas les autres ? C'est le défi relevé par Surdinet...

Lecture de cette page par la synthèse vocale de ReadSpeaker.

Le projet Surdinet, financé par le Fonds francophone des Inforoutes lors de son quatrième appel à propositions, est une expérience pilote dans le domaine de l'utilisation des nouvelles technologies comme vecteur de formation pour des élèves sourds. Son objectif est d'utiliser Internet pour créer des modules d'apprentissage sur un mode essentiellement visuel et adapté aux jeunes sourds. Il vise aussi à sensibiliser les écoles à l'intégration de cet outil technologique au sein de leur enseignement comme source pédagogique. Réunissant trois pays et région francophones (Québec - France - Île Maurice), Surdinet a débuté en septembre 2000 à l'école Lucien Pagé de Montréal et s'est poursuivi à l'école de Beau- Bassin, située sur l'île Maurice.

Afin d'assurer la réussite du projet, les écoles pilotes ont accepté le détachement de deux enseignantes ainsi que d'un groupe d'élèves. Les élèves de Montréal étaient âgés de 15 à 17 ans, ceux de Maurice étant plus jeunes, âgés de 10 à 12 ans. Les méthodes d'enseignement étant très différentes entre ces deux pays, le projet a pu ainsi couvrir un large éventail de pratiques pour la transmission du savoir.

  Image : les élèves de Montréal

L'enseignement spécialisé au Québec relève d'une longue tradition et propose de nombreuses structures fonctionnelles supportées par l'utilisation de la Langue des Signes Québécoise (LSQ). Cette pratique permet aux enseignants de pouvoir communiquer facilement avec les élèves et de travailler de manière suivie dans le cadre de classe privilégiée. L'île Maurice, en revanche, ne possède pas de Langue des Signes et le travail s'effectue sur la base de gestes "naturels", ce qui a accentué les difficultés tant au niveau de la transmission du savoir que de l'évolution effective de l'apprentissage. Les enfants de Maurice communiquent entre eux à l'aide de signes "simples" (gestes naturels) et souvent redondants. Ce langage n'étant pas alimenté par des apports extérieurs, notamment de personnes adultes, il reste limité mais permet aux enfants de pouvoir échanger dans leur vie de tous les jours à l'école.

L'axe retenu pour Maurice a été de mettre en place une animation interactive avec un personnage "guide" qui puisse être immédiatement compréhensible pour les enfants. Après avoir étudié le langage utilisé par ces derniers, l'équipe locale et la responsable de projet ont décidé d'utiliser des signes sous la forme d'un dessin animé. Son élaboration a pris du temps car cela demandait beaucoup de travail de conception graphique. Les tests fréquents avec les enfants ont permis d'ajuster les signes et de corriger les erreurs. Au cours de ces tests, le problème majeur fut d'expliquer aux enfants qu'il leur fallait regarder le "produit" afin de donner ensuite leur avis, et ce sans langue précise pour communiquer.

Ces enfants sont par nature vifs, et habitués à comprendre les choses avec peu d'éléments informatifs, et les processus de validation demandés ont pu être assez vite obtenus. Dans les deux écoles, les équipes enseignantes en place ont reçu une formation à la conception et au développement de pages web, le tout dans une perspective pédagogique. Les professeurs ont ainsi réalisé, de manière autonome, un site sur un sujet défini, site testé en cours avec les élèves.

  Image : les élèves Mauriciens.

Les résultats obtenus ont permis de démontrer que les nouvelles technologies constituaient sans aucun doute un support adapté pour des élèves en difficulté. L'interactivité, couplée au mode visuel de transmission de l'information a en effet permis à ces jeunes sourds de pouvoir apprendre en images tout en se familiarisant avec les modes de navigation propres au réseau Internet. Les élèves participant au projet, ont également pu, dans un deuxième temps, produire leurs pages et développer des contenus de leurs choix. Ce constat est surtout valable pour les élèves de Montréal, plus âgés ; ceux de Maurice ont en fait travaillé sur la base de dessins, mais ont tous inséré les contenus dans le logiciel d'édition html. Parallèlement à ce travail en classe avec les professeurs et les élèves, les équipes ont travaillé sur la conception de modules pédagogiques, techniquement plus avancés dans leur réalisation.

Ces modules sont le résultat d'un grand travail de conception et de réflexion sur l'utilisation de la technologie et de son adaptation. La méthode retenue a été de traiter le sujet en images le plus souvent possible, en proposant des contenus textuels soutenus, soit par la Langue des signes, pour une meilleure compréhension des concepts abordés, soit par de nombreuses aides visuelles dans le cadre de Maurice.

Afin de valider la pertinence des applications et dans le but d'optimiser les réalisations, les sites et modules ont été testés auprès des élèves qui ont pu ainsi diriger l'équipe pédagogique et recentrer les contenus. Le module réalisé au Québec, a, par ailleurs, permis aux élèves suivant ce cours d'obtenir de meilleurs résultats lors de l'examen de fin de session. Le site portail du projet est en ligne à l'adresse surdinet.org, vous y trouverez les réalisations des enseignantes et des élèves ainsi que les modules.


Virginie Torrens, novembre 2001




| ACCUEIL | MÉL | NEWS | ESPACES | VIE PRATIQUE | TRIBUS | NEWSLETTER | EMPLOI | ARCHIVES |


| ISSN 1777-5191 | Informations légales | Plan du site |

© Yanous! 2001. Reproduction et diffusion interdites sans autorisation.


Fin de page