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"J'ai
toujours aimé écrire, s'exclame Claude
Pinault, c'est un rêve de jeunesse !". Son premier roman, il l'a
rédigé à l'âge de ses 15 ans, piqué d'érotisme torride
fantasmant sur ce qui se pouvait bien se cacher dans la culotte des
filles... Et avant d'entamer une vie de père de famille, vers ses 25
ans, il a côtoyé quelque temps François
Cavanna et l'équipe de Charlie
Hebdo. Ce goût de l'écriture, du romanesque, de l'auto-ironie, il
le puise à la source d'un grand-père "intellectuel paysan", issu d'une
famille de banquiers ruinée, reconverti comme pépiniériste mais davantage
attaché à ses livres qu'aux plantes. Les plantes, Claude Pinault les
a quotidiennement fréquentées chez ses parents maraîchers,
qui voulaient faire de lui un ingénieur agronome.
Une renaissance
émergeant de cet enfer qu'est un syndrome de Guillain-Barré, réversible
dans la plupart des cas mais parfois mortel : les défenses immunitaires
de l'organisme détruisent la gaine de protection des nerfs (myéline)
livrant les membres paralysés, le corps entier à d'incessantes morsures
électriques que les médicaments ne peuvent calmer. Claude Pinault décrit
ces phases cliniques, en les replaçant dans leur contexte mental et
émotionnel : un homme robuste, sportif, ayant vaincu un cancer de la
thyroïde, qui se pense invulnérable et se retrouve alité inerte, foudroyé
en quelques heures et en pleine vie par un mal mystérieux. Mais
un mal qu'il faut soigner, en laissant un corps immobile aux mains (et
au mental) des autres, les soignants, professionnels attentionnés ou
employés désinvoltes, médecins concernés ou pressés d'en finir avec
un cas trop lourd. Se battre contre un corps qui ne répond plus et semble
vouloir vous détruire, contre les bonnes intentions de circonstance
des amis qui vous regardent pitoyablement, contre une institution médicale
dépersonnalisante capable du meilleur et du pire, se battre enfin pour
revivre dignement.
Sa nouvelle
vie d'écrivain conduit Claude Pinault à travailler d'ores et déjà
sur un deuxième ouvrage, qui sera le récit romancé d'un lourd secret
de famille... Une chorégraphe s'intéresse par ailleurs au Syndrome du
bocal, une adaptation théâtrale ou cinématographique s'esquissent. À
l'aube de la soixantaine, la vie de notre auteur s'ouvre donc sur une
richesse humaine inimaginable quelques années auparavant : merci
Guillain-Barré ? |