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Tous trois sont
actuellement affectés aux services de l'administration centrale du Ministère
de l'agriculture, à Paris, près de la gare Montparnasse. Jean Olivier
Serra, dont le handicap moteur altère et réduit la marche, travaille
depuis quelques années dans le secteur protection sociale du ministère
: "J'étais davantage confronté au public lorsque j'étais en début de
carrière, explique-t-il. Je suis issu de l'enseignement agricole, puis
j'ai travaillé comme conseiller technique à l'élevage dans une Chambre
d'Agriculture, au contact des exploitants. Ma recherche d'emploi n'a
été ni longue ni difficile. Mais lorsque j'étais jeune diplômé et que
je cherchais mon premier emploi, j'ai eu un entretien avec le président
d'une Chambre d'Agriculture du sud-ouest : j'avais à peine passé la
porte de son bureau que mon interlocuteur s'interrogeait sur ma capacité
à travailler ! J'ai abrégé l'entretien. Cela se passait à la fin des
années 80, les mentalités évoluent lentement. Ce sont mes grands-parents
agriculteurs qui ont contribué à déterminer mon orientation professionnelle,
confirmée pendant les années de collège durant lesquelles j'avais l'impression
de n'être qu'un numéro. Cela m'a conduit à m'orienter vers l'enseignement
agricole, un milieu plus ouvert, pas seulement du fait de la nature
et des grands espaces, mais aussi par la plus grande ouverture d'esprit
des professionnels. Le directeur du lycée agricole qui m'a accueilli
s'est simplement inquiété de mon devenir professionnel, parce qu'il
y a des matériels potentiellement dangereux, des animaux à manipuler.
Je n'ai jamais ressenti une quelconque réserve de qui que ce soit vis-à-vis
de mon handicap, simplement parfois de l'étonnement. Mais quand on répond
aux attentes, le handicap est oublié. Le milieu agricole n'est pas moins
réceptif que les autres. Il faut faire preuve d'adaptation". |