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| Djamel
Hamache. Après une éducation en milieu spécialisé, il a dû apprendre seul à vivre en milieu ordinaire pour devenir sportif accompli et père de famille. Rencontre. |
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Djamel Hamache
vit à Paris depuis quelques années; 36 ans, marié, il est père de deux
jeunes enfants. Il a croisé la poliomyélite à l'âge de 18 mois, alors
qu'il vivait en Kabylie dans sa famille. Comme d'autres enfants du Maghreb
ou d'Afrique noire, ses parents ont obtenu qu'il puisse recevoir des
soins en France, à partir de l'âge de quatre ans. Sa scolarité, suivie
à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts de Seine), puis à Hendaye
(Pyrénées Atlantiques) où il a passé 11 années à l'hôpital
Héliomarin, de 1974 à 1985, a été réduite à sa plus simple expression
: "La primauté était donnée aux soins. J'ai subi beaucoup d'interventions
chirurgicales pour tenter de redresser mes jambes, ça empiétait sur
l'école". Il avait un petit niveau d'instruction lorsqu'on lui a demandé
de choisir une orientation, sans connaître l'éventail des choix possibles.
"À l'hôpital Héliomarin, l'assistanat régnait, je ne côtoyais que des
enfants handicapés".
Djamel Hamache
travaille actuellement comme opérateur sur titres pour une filiale commune
du Crédit Agricole et de la Caisse d'Epargne; il est cadre. Précédemment,
il avait travaillé cinq ans en salle de marché comme chargé de clientèle,
jusqu'en 2005, pour une société de bourse en ligne : "Ce travail a nécessité
un investissement personnel important pour apprendre et me mettre à
niveau, j'ai réussi à vendre mes compétence en informatique et mes contacts
clients, constitués lorsque je travaillais pour la compagnie d'assurances."
Son employeur ayant connu des difficultés financières, Djamel Hamache
a quitté cette société à l'occasion d'un plan social
et du déménagement de l'entreprise vers le quartier d'affaires de la
Défense. Il a récemment entamé une reconversion sportive vers le tennis,
qu'il pratique déjà en loisirs : en partie par lassitude de se retrouver
au sein d'un groupe de sportifs dont la "vivacité" ne correspond plus
à l'adulte réfléchi qu'il est devenu, également parce qu'il a
atteint le plus haut niveau possible dans un club sportif qui a gagné
toutes les compétitions nationales et internationales. Mais surtout
pour consacrer à sa famille, à ses deux enfants, davantage de temps..
Laurent Lejard, novembre 2006. |