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La rampe,
explicitement sous-titré Rouge à lèvres et maladie de Charcot,
édité chez Michalon, est sorti cet été en librairie. L'auteure, Diana
Carter, vit depuis 15 ans avec une forme particulière de sclérose latérale
amyotrophique. Elle raconte sa vie d'avant, puis l'apparition de la
maladie, ses efforts pour continuer à travailler, plaire et séduire,
être sexy et aimée au-delà du handicap...
"Mon récit est d'abord une histoire de femmes. Ok, une femme malade,
mais avant tout vivante, animée, aimée, aimante... La première raison
pour laquelle j'ai écrit 'La rampe' était de continuer à exister aux
yeux du monde. Et la dernière raison pour laquelle je continue d'écrire,
un roman cette fois-ci, est de continuer à exister aux yeux du monde
! Parfois je me dis que désormais 'La rampe' est quelque part mon assurance-vie.
J'ai fait ce que j'avais à faire. C'est bon. C'est fait. J'ai d'autres
choses à dire et à vivre. En même temps 'La rampe' fait partie intégrante
de moi-même, de mon âme et de mon empreinte. Il est évident que tout
ce que j'ai pu déverser était en moi, mais ce n'était juste qu'un mauvais
puzzle mal boutiqué. A présent tout est remis à sa place. J'ai appris".
"Mon attente initiale par rapport à mes futurs lecteurs était de
partager. Donc, nommer. Au vu des nombreux retours (courriers, témoignages...),
je peux dire que j'ai été énormément touchée par l'affection, la bonté
et l'amour qu'ils contenaient : certaines personnes, malades ou non,
m'ont dit qu'elles avaient changé après mon livre, et beaucoup de manière
conséquente. Je ne m'attendais pas à ça. 'La rampe' serait-elle une
baguette magique ? Non, je n'ai pas pris mes désirs pour une réalité
(quoique j'aurais rêvé être la fée bleue dans Pinocchio !). Un jour
on m'a dit : 'La rampe, c'est ta mission'. J'ai fait ce que j'avais
à faire : 'La rampe' est là, 'La rampe' existe et, bordel, que c'est
bon ! Je continue"...
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"Entre
le professeur Vincent Meininger (il traite depuis vingt ans des
personnes touchées par la S.L.A
au centre référent de l'hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière)
et moi, c'est une histoire tendre. Je l'ai évoquée dans mon livre.
Ce que je peux en dire actuellement, c'est que, évidemment, c'est
un mec formidable, rempli d'humilité et proche, tellement proche
du drame des malades. Si j'osais, je dirais de lui qu'il a inventé
la pensée positive ! Depuis 12 ans, à chaque visite, il me disait
systématiquement 'Je vous trouve mieux que la dernière
fois'. D'habitude je ne répondais rien mais lors de ma dernière
visite j'ai ri en lui soulignant la répétition.
Il a ri aussi et a répondu 'C'est peut-être que je veux vous dire
un jour : vous êtes guérie'. C'est trop mignon, ne trouvez-vous
pas ?"
"La partie du récit concernant mon mari est plus anecdotique.
Les femmes qui se font larguer, c'est monnaie courante. J'ai juste
voulu appuyer d'une manière un peu salace sur la fille pour laquelle
il est parti, et sur le parti politique qu'elle représentait.
Quant à mon fils Camille, 17 ans, il m'a toujours connue comme
je suis maintenant ou presque. A un an, je ne pouvais plus le
porter; mais il m'a connue aussi travaillant et m'occupant de
lui d'une certaine manière. Je suis tout simplement une maman
comme les autres, et ne pas en dire plus n'est pas synonyme de
pudeur, mais c'est que je ne voulais surtout pas tomber dans une
sorte de misérabilisme que je déteste. Nous nous aimons à notre
manière et Camille, croyez-moi, est aussi effronté que n'importe
quel adolescent !"
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"Des voyages,
oui, je continue à en faire; moins souvent mais c'est toujours à l'ordre
du jour : 2001 Canada, 2004 Corse... Pas facile ! Il faut juste être
très organisé et partir avec des gens de confiance. De manière générale,
les aéroports et les hôtels font de plus en plus d'efforts. C'est pas
parfait, il y a encore à faire; on avance, doucement... J'oubliais mes
journées : vous allez rire mais je suis débordée ! Gérer ma maison,
mon fils, mes émotions et mes écritures... Je rogne sur mes soirées
et j'en profite pour lire et faire des recherches. La plupart du temps,
je n'arrive pas à éteindre la lumière avant 1h du matin"...
Diana Carter, septembre 2005
La rampe, de Diana Carter, Editions
Michalon. 15€, en librairies.
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