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Hadda Guerchouche
est devenue une vedette à Rennes, ville bretonne dans laquelle elle
vit, depuis la multi- diffusion sur une chaîne de télévision locale
d'un documentaire réalisé en 2001 pour France 3, Planète
Zanzan. On la suivait dans ses activités d'éducatrice sportive,
pour rapprocher deux mondes qui s'ignorent encore trop, celui des valides
et des "zanzans". Avec comme premier outil son sourire, son entrain,
sa joie de vivre. Des armes qu'elle a acquises au fil d'une vie mouvementée,
marquée par un rapport difficile avec la tradition familiale : "Dans
la culture maghrébine, le handicap c'est dommage. Ce n'est pas méchant,
mais l'utilité de la femme handicapée par rapport aux tâches ménagères..."
C'est très récemment qu'Hadda a pu établir une vraie relation
avec ses parents en trouvant auprès d'eux une place particulière. "Petite,
je croyais que je deviendrais valide en grandissant. Je vivais le handicap
comme une punition, un châtiment. Au Centre, l'éducation religieuse
était très présente, catéchisme pour les catholiques, pas de porc pour
moi. Elle renforçait cette impression de châtiment, un ressenti sur
lequel je peux maintenant mettre des mots". Le documentaire Planète
Zanzan a permis à Hadda d'évoluer : "Avant, j'étais plutôt du genre
'je mords d'abord'. M'exprimer dans ce film m'a fait me poser des questions
sur ce que je dis et ne dis pas. Depuis, je me sens femme".
La pratique
en compétition de la natation a participé à l'émancipation d'Hadda :
"J'ai beaucoup d'amis, c'est une chance formidable. Les bretons sont
méfiants au début, il m'a fallu deux ans pour nouer des relations avec
mes copains de piscine. Mais après, ils sont fiables et fidèles en amitié.
Quand je suis partie trois ans à Grenoble, ils m'appelaient toutes les
semaines. Je peux compter sur eux comme ils peuvent compter sur moi.
Dans la galère, à Grenoble, j'ai appris plein de choses auprès de personnes
qui souffraient. Lorsqu'elles ont su que je faisais de la nation en
compétition, elles m'ont pris pour un héros. Mon handicap n'est plus
un adversaire mais un partenaire". Hadda se veut pédagogique
: "Je ne souhaite pas donner aux autres l'image acariâtre et agressive
qui colle aux handicapés moteurs quand ils protestent lorsqu'on leur
pique une place de parking. Je préfère expliquer pourquoi on a besoin
de ces places, les gens comprennent et je suis sure qu'après ils en
tiennent compte". |