![]() |
![]() |
![]() |
|||||||||||
![]() |
|||||||||||||
| Dur
d'être agriculteur ! L'histoire d'Yves Gaillot montre à quel point il est difficile pour un exploitant agricole de poursuivre son activité après la survenue d'un handicap. Récit... |
|||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||
|
Une imprudence
peut avoir de très graves conséquences, l'éleveur Yves Gaillot l'a appris
à ses dépens : il venait tout juste de fêter ses 30 ans lorsqu'un accident
de tracteur a entraîné la perte de sa jambe gauche. Un acte, confie-t-il,
qu'il a payé dans sa chair et qui a failli le conduire à la faillite.
Comme la quasi- totalité des agriculteurs, Yves Gaillot était endetté
auprès des banques. Il pensait pouvoir demander une mise en invalidité
qui lui aurait assuré une pension décente et aurait éteint ses dettes.
Hélas, il n'était pas assez handicapé : les contrats d'assurance couvrant
le remboursement des emprunts agricoles ne prenaient pas en compte une
amputation, mais seulement la paralysie complète empêchant totalement
de travailler et obligeant à l'emploi d'une tierce- personne pour les
actes quotidiens de la vie. Durant les deux années de sa convalescence,
de son appareillage et de sa rééducation, Yves Gaillot s'est retrouvé
sans revenu; les échéances des emprunts n'étaient plus remboursées,
lui et ses parents, qui s'étaient portés caution, étaient menacés de
saisie et de vente judiciaire de leurs biens.
Alors cet ancien
syndicaliste, maintenant âgé de 56 ans, tempête contre les organismes
agricoles et ceux qui les gèrent localement, les accusant de se servir
au lieu d'être au service des agriculteurs. Yves Gaillot souhaiterait
que des aides spécifiques soient attribuées aux agriculteurs handicapés.
Actuellement, seule l'Agefiph finance le matériel adapté à l'exploitation
agricole. Yves Gaillot a réussi à stabiliser son exploitation, et vit
de son revenu qu'il cumule avec une pension d'invalidité. Celle-ci est
équivalente au SMIC, et Yves Gaillot reconnaît être chanceux : lorrain,
il bénéficie d'un régime spécial découlant des lois allemandes instaurées
lors de l'occupation de l'Alsace et de la Lorraine entre 1870 et 1918.
Dans une autre région, il n'aurait perçu que 250 euros mensuels. Vraiment
dur d'être agriculteur et handicapé... |