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Depuis vingt-cinq
ans, sous la pression des uns, grâce à la mobilisation des autres, l'obligation
d'accessibilité rentre dans les faits. C'est désormais la loi. Quand
elle est respectée, il est indéniable que l'indépendance des personnes
à mobilité réduite est améliorée. Celles-ci ne sont plus d'emblée exclues
dans leurs relations sociales par une porte infranchissable ou un guichet
placé trop haut.
Prenons
un exemple. Faire son marché quand on se déplace en fauteuil roulant
est une expérience enrichissante. Sous une halle, sur une place ou le
long d'un boulevard, l'espace est accessible. Pourtant, on se rend compte
qu'on n'est pas un client ordinaire. Certains commerçants vous ignorent
tant que vous ne manifestez pas bruyamment votre présence. Mais surtout,
parmi les clients qui piétinent devant les étalages, nombreux sont ceux
qui, aimablement, veulent vous faire de la place pour que vous circuliez,
ne vous laissant jamais l'opportunité de comparer prix et qualité, de
choisir et d'acheter. Le marché, lieu de vie, semble vous exclure. Il
vous faut insister, parfois véhémentement, pour participer aux échanges. |