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| Avec
le temps... Accepter la singularité des personnes victimes d'incapacités motrices, c'est aider à rendre leur environnement accessible, mais c'est aussi respecter des rythmes de vie différents. |
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On retrouve
dans l'ensemble de la population les mêmes événements qui scandent traditionnellement
le déroulement du temps des familles. Les périodes de travail alternent
avec les occasions de loisir, les rentrées des classes des enfants se
succèdent, les sorties des adolescents marquent les désirs d'autonomie,
etc. Mais personne ne songe à quel point ce limpide enchaînement des
choses de la vie peut être bouleversé par un accident. Un virus, une
maladie génétique, un chauffard ou un instant d'inattention et on plonge
dans la catastrophe.
Yves a douze
ans. Il est atteint d'une maladie neuromusculaire qui le rend particulièrement
dépendant pour accomplir les actes de la vie courante. Il vit au domicile
de ses parents. Lever à sept heures. Les soins de nursing sont assurés
par la maman. Précision et efficacité. On ne traîne pas pour le petit
déjeuner car à huit heures et demie arrive le taxi pour aller au collège.
Yves est toujours à l'heure... il y a tellement de gens qui courent
pour lui. En fin de journée, après la kiné, ce sont les travaux
scolaires. Et un peu de jeux vidéo, et le dîner, le coucher, et demain
on recommence. Toute la famille vit au rythme d'Yves. Des horaires de
repas aux sorties, pour ne pas entraver la rééducation. Cependant, malgré
l'amour qu'il sent autour de lui, Yves est parfois très fatigué. Et
il lui arrive de regretter ces deux semaines passées à l'hôpital pour
un problème sans gravité. Pendant quinze jours, il n'avait plus été
le centre du monde. Il s'était ennuyé et laissé aller à faire des caprices
quand ses parents venaient le voir. Il avait alors eu l'impression d'avoir
le temps de vivre, d'être en vacances. |