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Le Salon
Européen de la recherche et de l'Innovation s'est déroulé
du 7 au 9 juin derniers à Paris. Il a réuni les principaux
acteurs français et européens du monde scientifique, entrepreneurial
et institutionnel, rassemblés pour présenter leurs dernières
recherches et innovations aux nombreux et différents visiteurs du salon
: professionnels, chercheurs, investisseurs, mais aussi grand public.
Le secteur handicap n'était pas oublié.
Ainsi, l'Espagne a présenté un système de sous-titrage individuel au
moyen de lunettes équipées d'un écran amovible et miniaturisé de télévision
(procédé par ailleurs expérimenté au Japon sous forme de télévision
"nomade"); il est développé pour le Centro Español de Subtitulado y
Audiodescripciòn (CESyA,
créé il y a un an) par des étudiants chercheurs de l'Université Carlos
III de Madrid. Le texte est envoyé par un émetteur radio et relayé vers
les lunettes par un boitier de réception. Actuellement, les sous-titres
sont encore peu lisibles (caractères blancs sur écran gris). Les chercheurs
vont s'orienter vers un écran couleur pour améliorer la lisibilité et
satisfaire à la norme en matière de sous-titrage. Les jeunes scientifiques
veulent également mettre à contribution d'autres universités pour travailler
sur la taille des lettres, trouver une solution en terme de distance
focale pour que l'oeil accommode sans fatigue l'écran cinéma éloigné
et le sous-titre à quelques centimètres, élaborer un système binoculaire.
Ce système est aisément adaptable à d'autres langues. Les étudiants
travaillent également sur une autre application de leur système, la
retransmission en direct de conférences ou cours universitaires, la
parole de l'orateur étant traitée par une dictée vocale; les auditeurs
sourds disposeraient d'un clavier pour poser une question. Enfin, on
remarque que l'Espagne, qui a récemment adopté une loi sur la dépendance
comportant des dispositions en faveur de l'accessibilité audiovisuelle,
s'est dotée d'une norme réglementaire en matière d'audiodescription.
Les plus de 23.000 films sous-titrés et les 26 audiodécrits sont recensés
dans une base de données disponible en
ligne.
Faux humain. Le robot humanoïde pouvant remplacer les aides à
domicile ne sera vraisemblablement pas opérationnel avant une vingtaine
d'années. Tel est le constat que l'on peut tirer de la présentation
de celui qu'élabore actuellement le laboratoire d'informatique, de robotique
et de micro électronique de Montpellier (LIRMM).
Il configure un Robot Fujitsu Automation HOAP3
(vendu 75.000€) fourni nu, sans programme informatique ni fonctionnalités
opérationnelles : "La forme humanoïde est privilégiée pour que l'utilisateur
établisse avec lui un rapport d'identification, précise l'un des chercheurs.
On développe l'équilibre, les démarches et l'intelligence. Cela nous
sert pour valider nos modèles théoriques. Une des applications possibles
réside dans l'aide la personne". Reste que les robots humanoïdes sont
encore des machines aux mouvements très réduits. Et sur le plan strictement
financier, rien ne permet de penser qu'un tel outil sera plus économique
que l'emploi d'un véritable être humain.
Télécoms. Rien de neuf chez Orange
: l'avatar en langue des signes française, qui avait été présenté en
juin
2006 lors du salon Autonomic, n'est pas opérationnel, son développement
a pris du retard. Chargé de son suivi, Josefina Zambrano n'a pas souhaité
apporter de précisions quant au devenir du projet... Précisons qu'Orange
a intégré dans Orange Labs le département Recherche et Développement
de France Télécom.
Trains. Alstom présentait
un nouveau moteur électrique devant équiper la prochaine génération
de trains à grande vitesse. Le constructeur ferroviaire a atteint l'étape
1 du processus qui conduira, dans un délai qu'il lui est difficile de
préciser, à la conception d'un comble lacune horizontal et vertical
équipant les nouveaux trains et pouvant s'adapter à des modèles anciens;
ce "SAS VH" est encore une affaire de recherche et de patience...
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Marcher.
Move Up est le prototype d'un
déambulateur verticalisateur destiné à des personnes en rééducation
où qui marchent avec de très grandes difficultés. L'engin permet,
selon son concepteur Yvon Laurent, "de marcher en étant délesté
de son poids grâce au palan portique ajustable". L'utilisateur
place son fauteuil roulant sous la potence afin d'y être suspendu
au moyen d'un harnais; il peut alors, en fonction du réglage de
longueur du cordage de suspension, soit se déplacer debout en
se tenant éventuellement à la barre avant de l'appareil, soit
s'asseoir sur un siège rétractable intégré au dossier de la machine
et se mouvoir en poussant sur ses jambes. Move Up a été élaboré
par un agriculteur tourangeau pour son père devenu handicapé;
sa structure résiste à 350 kg. Volumineux, ce déambulateur va
être testé durant l'été par l'hôpital Raymond Poincaré de Garches
(Hauts de Seine): un essai grandeur nature qui devrait décider
de l'avenir de cette invention.
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Santé. De
nombreuses personnes souffrant d'une affection chronique pourraient
trouver un meilleur confort de vie au moyen d'un monitoring médical
permanent. Tel est le credo des textiles intelligents, bourrés de capteurs
et dont la forme vestimentaire comporte un émetteur qui envoie les paramètres
recueillis vers un système informatique de traitement. L'analyse de
ces données permet à un médecin d'intervenir immédiatement auprès du
patient et de proposer à distance une thérapeutique conservatoire. "Parmi
les applications possibles aux personnes handicapées, commente Jean
Luprano, coordinateur Biotex au Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique
(C.S.E.M), on peut citer l'exemple
de la rééducation de personnes ayant subi une attaque cérébrale, et
qui sont devenues hémiplégiques à des degrés divers. Nous sommes en
train d'effectuer des tests à Pavie (Italie) sur ce type de patients,
pour leur offrir de meilleurs chances de réhabilitation". Le tissu intelligent
pourrait également être employé pour la prévention des escarres. Actuellement,
il est utilisé pour contrôler le rythme cardiaque et respiratoire chez
les sportifs, pour optimiser leurs performances, ou les insuffisants
pour prévenir attaques ou asphyxie. "Pour ce qui est du médical en Europe,
poursuit Jean Luprano , il faut attendre que des essais cliniques soient
effectués à plus grande échelle, afin d'obtenir le label pour matériel
médical. Pour les biocapteurs, il faudra attendre encore plus longtemps
: nous commençons tout juste les essais sur des volontaires".
Encore un peu de patience, donc, avant que ces innovations prenent leur
place dans notre vie quotidienne...
Jacques Vernes, juin 2007.
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