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L'accessibilité
des lieux et des constructions aux personnes à mobilité réduite fait
intervenir des notions variées et complémentaires : réglementation,
principes de dimensionnement, caractéristiques techniques des locaux
et de certains équipements.
Le point sur la réglementation. L'accès aux voies publiques est
réglementé par la loi du 31 juillet 1991, complétée principalement par
deux décrets d'application en date du 31 août 1999: le 99- 756 (principes
généraux) et le 99- 757 (mise en application progressive). Les principales
dimensions à respecter figurent dans l'arrêté du 31 août 1999. Une réglementation
plus ancienne prévoyait des délais de réalisation de l'accessibilité
(décret 78- 1167 du 9 décembre 1978), ainsi que la démarche d'analyse,
en fonction de la taille des communes et du montant prévisionnel des
travaux nécessaires. Mais aucune pénalisation n'a été prévue pour les
contrevenants et rien ne vient remédier au manque de motivation de la
majorité des communes. Il en résulte une situation très inégale et une
prise en compte sporadique. Les exemples de dérive ne manquent pas entre
la réglementation et l'application, ou entre la volonté de faire et
la mise en oeuvre réelle.
Le stationnement réservé. Une place pour 50 aménagées sur le
domaine routier doit être réservée aux personnes handicapées titulaire
d'un macaron Grand Invalide Civil, d'une plaque Grand Invalide de Guerre
ou du Permis Européen de Stationnement qui les remplacent depuis le
1er janvier 2000. L'arrêté du 31 août 1999 rappelle les dimensions des
places et des dégagements nécessaires. Le nombre de places imposé par
la réglementation est moins élevé que pour les logements et les établissements
recevant du public. Heureusement, bon nombre de collectivités locales
vont au- delà de ce quota insuffisant. La question du respect de ces
places se pose toutefois, plutôt que de leur existence proprement dite.
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Constat :
ce parking, d'une gare RER d'une ville nouvelle de région parisienne,
est récent. Il comporte un nombre de places pour handicapés suffisant
et ces places sont correctement placées, à proximité de la gare. A défaut
d'être conforme à la normalisation actuelle, la signalétique a pris
en compte l'affectation de places: un symbole international de grande
taille est peint au sol. Toutes les voitures stationnées sur ces places
sont en infraction !
Remèdes : l'incivisme fréquent de nos concitoyens est de notoriété
publique; le propos n'est pas d'en faire le procès mais d'imaginer un
renforcement de la signalisation sur poteaux et au sol: peinture de
sol de couleur vive sur l'emplacement voiture, zébrures noires pour
matérialiser le couloir latéral de circulation, parc fermé muni d'un
interphone dont l'accès est télécommandé par un agent de la S.N.C.F ou
de la R.A.T.P (solution mise en place par des hypermarchés, des aéroports,
etc.). L'amélioration de la visibilité et de la protection des places
doit s'accompagner d'une action de contrôle et de répression : surveillance
renforcée et verbalisation systématique des contrevenants avec mise
en fourrière de leurs véhicules ou immobilisation par sabot de Denver,
vérification que l'utilisateur du GIC- GIG est une personne handicapée
ou est au service d'une personne handicapée.

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Les
bornes de service et autres distributeurs doivent être conçus
pour être utilisés par des personnes circulant en fauteuil roulant.
Constat : la borne d'achat de billets de chemin de fer,
comme tous ceux qui figurent dans cette gare, est équipée d'un
écran tactile qui est plus convivial à utiliser qu'un clavier
traditionnel. Le distributeur de confiserie dispose quant à
lui d'un clavier numérique pour sélectionner un produit. L'écran
de la borne est situé à une hauteur excessive, de même que le
monnayeur du distributeur. L'angle que fait l'écran de la borne
par rapport à la lumière venant de la verrière en couverture en
interdit la lecture pour un usager en fauteuil!
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Remèdes :
il n'est pas forcément aisé de concevoir un matériel polyvalent.
Dans le cas de la borne d'achat de billets, il semble indispensable
de réaliser un appareil spécifique : hauteur d'écran correcte et traitement
complet antireflet (traitement de la surface de l'écran, pare- soleil).
Le distributeur de confiserie peut être modifié en abaissant le monnayeur.
A la campagne
aussi... L'accessibilité ne se réduit pas au cadre urbain : promenades
campagnardes et villages sont aussi concernés. Il est encore fréquent
d'y rencontrer l'indifférence la plus profonde.
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Constat
: les deux trottoirs de la seule voie d'accès à un circuit de promenade
des bords de l'Oise sont trop étroits, leur surface est hors normes,
des saignées recoupent le revêtement qui subsiste encore. Les poteaux
des concessionnaires (électricité et téléphone) encombrent le peu d'espace
disponible. La circulation des voitures sur cette voie est en sens unique.
Remèdes : la largeur totale de la rue permet, quitte à réduire
l'un des trottoirs à un simple chasse- roues, d'élargir l'autre à la
cote minimum de 1,40m. Une concertation avec les concessionnaires doit
permettre (en attendant leur enfouissement) de supprimer l'une des deux
files de poteaux et laisser libre le passage sur trottoir. Un traitement
par caniveau et grille à maille carrée permettrait à peu de frais de
laisser s'écouler les eaux pluviales vers le caniveau prévu à cet effet.
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Constat
: ici encore la circulation des voitures est à sens unique. Des
bacs en béton ont été posés pour inciter les voitures à réduire leur
vitesse par un effet de chicanes plus dangereux qu'efficace. Il n'est
prévu d'aménagement de circulation ni pour les cycles ni pour les piétons!
Remèdes : tout est à faire ! La largeur totale est limitée par
la berge elle- même mais dans un cadre d'aménagement volontairement
piétonnier il serait possible de réduire, par le dimensionnement de
la chaussée et les types de revêtements employés, l'importance donnée
aux voitures, ce qui aurait pour effet immédiat d'en réduire la vitesse.
On pourrait également dédier la majeure utilisation de la rive
aux piétons, aux vélos et aux personnes circulant en fauteuil.
Les exemples comme ceux-ci jalonnent notre quotidien. Ils résultent
souvent d'un manque de sensibilisation. Ils peuvent venir également
d'un manque de compétences...
Pierre Le Garlantézec,
architecte DPLG, juin 2001
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